‹ Chansons de P.J. de BérangerChapitre 111 sur 145 · COUPLETS POUR UN DINER · texte numérisé non relu

COUPLETS POUR UN DINER

Air : Du ballet des Pierrots.

Mes arnis, j'accours au plus vite, Car vous ne pardonneriez pas, A moins, dit- on, de mort subite, De manquer à ce gai repas.

En vain l'amour qui me lutine Pour m'arrêter tente un effort; Avec vous il faut que je dîne:

Mes amis, je ne suis pas mort.

Mais bien souvent, quoiqu'heureux d'être,

On meurt sans s'en apercevoir.

Ah! mon dieu! je suis mort peut-être,

C'est ce qu'il est urgent de voir.

Je me tâte comme Sosie;

Je ris, je mange, et je bois fort.

Ah! je me connais à la vie:

Mes amis, je ne suis pas mort.

Si j'allais, couronné de lierre, Ici fermer les yeux soudain; En chantant, remplissez mon verre, Et de vos mains pressez ma main.

wb—> 327 -«—«s

Si Bacchus, dont je suis l'apôtre, Ne m'inspire un joyeux transport, Si ma main ne serre la vôtre , Adieu, mes amis, je suis mort!

Page 1