JANVIER
Ain. : Ermite, bon ermite.
A d'aimables compagnes Une jeune beauté, Disait : Dans nos campagnes Règne l'humanité.
Un étranger s'avance, Qui, parmi nous errant, Redemande la France Qu'il chante en soupirant.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.
Près d'un ruisseau rapide
Vers la France entraîné,
Il s'assied, l'oeil humide ,
Et le front incliné.
Dans les champs qu'il regrette
Il sait qu'en peu de jours ,
Ces flots que rien n'arrête
Vont promener leur cours.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.
Quand sa mère, peut-être Implorant son retour, Tombe aux genoux d'un maître Que touche son amour, Trahi par la victoire, Ce proscrit, dans nos bois, Inquiet de sa gloire, Fuit la haine des rois.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.
De rivage en rivage Que sert de le bannir?
Partout de son courage Il trouve un souvenir.
Sur nos bords, par la guerre Tant de fois envahis, Son sang même a naguère Coulé pour son pays.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.
Dans nos destins contraires , On dit qu'en ses foyers Il recueillit nos frères Vaincus et prisonniers.
De ces temps de conquêtes Rappelons -lui le cours; Qu'il trouve ici des fêtes, Et surtout des amours.
D'une terre chérie C'est un fils désolé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.
Si notre accueil le touche,
Si, par nous abrité,
Il s'endort sur la couche
De l'hospitalité ;
Que par nos voix légères
Ce Français réveillé,
Sous le toit de ses pères
Croie avoir sommeillé.
D'une terre chérie
C'est un fils désolé.
Rendons une patrie, Une patrie Au pauvre exilé.
LA