‹ Chansons de Thibault IV (volume 2)Chapitre 7 sur 26 · JEUX PARTIS. — DIALOGUES · texte numérisé non relu

JEUX PARTIS. — DIALOGUES

No 52. — 184. — 66. — Dans le M. 184, cette pièce porte pour titre: Parture le Roi de Navarre. — Croit-on que si Thibault eût aimé Blanche , il eût pris part à un pareil débat ? — C'est probablement à ces couplets que deux poètes du Nord , Jean Bretel et Jean de Grieviller font allusion dans uq jeu parti dont voici quelques vers :

— Grieviller , vostre enscient Me dites'd'un jeu parti ?

Se vous !^^amez loiaument

Et on vous aime autressi,

Li quieus sera mieux vos grés

Ou cel , que vous amés

Sera bêle par raison

Et^sagei à très grant foison,

Ou sage resnablement

Et très bêle entièrement?...

— GrievillerJ, mauvaiseraent Respondez, je vous affi.

Li Rois , où Navarre apent

Le très grans] sens dsfendi ,

Qui aucun point est siennes.

Mais très grant fins biautés

Est tout adès en saison :

Pour très grant biauté aimon

Plus ferme et plus taillaument

Que poar grànt sens contre un cent.

— Sire, si sauvagement Ains parler ne vous vi, S'ans Rois parla follement, Volez vous faire autressi?

Bon sens n'ert ja refusés

Se ce n'ert de faOs dervés (fous).

Amours vous donc tel don

Qu'adès bêle amie a on,

Puis que on aime^relment :

Al grant sens pour cPm'assent

Baudouin, qui figure dans ce jeu parti, doit être le poète Picard Baudouin des Autels ou des Autcux , dont on a quelques chansons.

a — Si elle disoit grans richetés. 184.

b — Car cortoisie sa dame fait loer. L.

c — Mais au touchiers ue valent riens. 184.

d — Quanque me dira. L.

e — Qu'as vielles soie. 184

f — 66. — Ne se velt de celi, qui valeur la fait emprisonner. L.

N» 53. — Mouchet 8. — 66, 67: musique. — Comme Thibault reçoit ici le titre de Roi , cette pièce est postérieure à 1234.

a — 66, 67. — Rois Thiébaut Sire, en chantant. L. b — L. — Mais por avoir ma Dame à son talent. 66.

e — Et jamès se on espoir. L. — Et "ja mes cor espoir, 66.

No 54. - 184 — 66 , 67 : Musique. — L'interlocuteur de Thibault était-il un clerc d'église? On peut en douter quand on songe qu'au xiiie siècle plus d'un prêtre prit l'épée , et que plus d'un chevalier jouissait des revenus d'un prieuré,, d'un bénéfice dont il portait le titre. — Dans le 1er couplet, les manuscrits 66, 67, donnent le mot quens au lieu du mot clerc. — Cette pièce est aussi postérieure à a — Et bien est drois que clers ait abstinence. 66. —

Qu'en clers n'ait abstinence. 67.

b — 67 — De la grant dolour vient. L. c — 67 — Le mal et la joisse. L.

d — Ce fait les maus des rois, qui vos atise. 66. f — Tout quant que vos vaurez. 184.

NO 55^ Vatican 1S22. — Mouchet, 8. — 184. — 66 : musique. — Cette chanson est célèbre par le titre que lui a donné celui qui écrivit le M. du Vatican. A la tête il a placé les mots : — Le roi de Navarre à la roïne Blanche. ( V. p. 169. vo. j Le M. paraît écrit vers h fin du xive siècle, et aucun autre texte, que nous connaissions, ne donne cette ligne. Le scribe ne s'est-il pas ici permis de composer un titre à des vers, qui n'en avaient pas? — Ce jeu-parti ne peut avoir pour auteur Thibault seul. 11 ne se Mimerait pas en ridicule; il ne conviendrait pas qu'il a ti%npé sa dame. — Personne n'a jamais dit que Blanche ait fait des vers. D'ailleurs la légèreté de ceux-ci , les aveux assez tendres, qu'on y trouve, sont ineompatibles avec le caractère de la Reine. — Thibault était

gros déjà ; donc il n'était plus jeune. Blanche l'était encore

moins. — Du reste, ce dialogue ne manque ni d'esprit ni de

grâces.

a — 66. — Dites moi voir, se Diex vous béneie,

Quant vous morrez et je, mais iert avant. L. b — N'en morroie je mie. L.

c — Qu'après vous iert faillie. 66.

d — Vous m'alez guillant. 66, 184.

e — Que pour mon gré ne lais encore mie. Mouchet 8, f — Mouchet 8, — Valors d'amors emplie. L. — Compile : 66. g — 66. — De la joie vous aing plus et lieng chier. L. b — Et por ce ai je ma joie recovrée. Mouchet 8. i — 66. — Thibault laisiés, nus ne doit commencier. L. j — 184. — Dedans celé valours, où ele estoit. L.

I — 66. — "Carvostre sens. L. — Ne porroit nus effaindre.

Mouchet 8.

m — Si amer n'estoit. 484. — M'estoit. 66.

No 56. — 7613, — Mouchet 8, — Ce jeu parti est attribué par ce dernier manuscrit à Guillaume le Vinier, trouvère du Nord.

II peut être l'un des deux interlocuteurs. — Les poètes qui figuraient dans les luttes du Puy d'amour ne se donnaient-ils pas le titre de frère ? — On a peine à concevoir une pareille discussion entre deux frères : d'ailleurs, l'un ne donne-t-il pas à l'autre le titre de sire ? — Fauchet a cru que Frère était le nom d'un homme. Il s'agit plutôt d'un titre bienveillant.

a — Qui ne feist son désirier. Mouchet , 8. b — Et que celle l'ait tant chier Qu'elle li veuille otroier. Id. c — Le M. Mouchet , 8, commence ce couplet par le mot sire,

et le suivant par le moi frère.

d — Ne porrés mentir en haut pris. Mouchet, 8. e — Gardés se loyaus amis doit chose. 7615. f — De qui on le peust reprochier. Mouchet, 8. g — Que miex la vouroit alaussier. 7615. h — Miex vaut faire , ce m'est avis. — Mouchet, 8. i — Que face entendre le cuidier. Id j — Que del tout est à son devis. Id. k — Que miex veint le prestre taire. Id. ^ — 11 manque là un mot dont le sens serait analogue à

ceux de violer, honnir. Cotte fin de couplet est d'ailleurs

altérée.

m — Les mots absents ici doivent équivaloir à ceux de : — long retard faire.

No 67. — Mouchet 8. — Vatican 1522, fol. 151. — Le premier attribue cette pièce à Gace-Brulé, le second lui donne pour collaborateur le comte de Bretagne. — Le mot sire, dont se sert Gace, peut faire admettre qu'il répond au roi de Navarre. — Cette pièce n'est pas dans l'édition de 174.2. a — Cette fin n'est probablement pas telle que l'auteur l'écrivit.

No 58. — 7615. — Ce dialogue a été rejeté par La Ravallière de son édition, — Cependant le manuscrit 7613 lui donne pour titre celui que nous publions. — Gerart d'Amiens devait être fort jeune quand il répondait à Thibault : en effet, c'est bien longtemps après la mort de ce prince qu'on le voit publier son poème de Charlemagne , par ordre du comte de Valois , frère du roi de France. V. m. 7188 de^a bibliothèque nationale.

No 59. — 184 — 67 : musique. ~ 66 : musique , vignette. Un jeune cavalier aborde une Ipergère assise. — Les pastourelles de Thibault sont-elles plus sérieuses que ses chansons d'amour ? a — Sur mon palefroi ambiant. 67, b — Je ne vous puis esgarder. 66.

c — Non dites pas à la gent. L. — Vous faites paour à la

gent , 66. — Non faites peur la gent, 67. — Ne (faites

paor la gent , 181.

d — Assez fu plus bêle que ne di. L. Variante.

No 60. — 184. — 67 : musique. — 66 : vignette. Un trouvère est couché et paraît rêver.

a — Et en grant doutance. 67.

b — Ce te muet d'enfance. l84,

c — Dis li : Dame , si j'entent, 67, 184. — On a dû remarquer que Thibault , comme tous les poètes de son siècle, donne au mot amour le genre féminin, et par suite le titre de Dame : il en résultait des équivoques volontaires, des licences poétiques, dont profitaient les amants, et des allusions évidentes à leurs maîtresses. — V. no 65.

d — . N'aies si le cuer desvé. 66, — 184.

e — 67. — Plus poesté : 184. — Plus honestetc. L.

f — A estre en aïe. 67.

No 61. — 184. — Mouchet 8. — musique publiée par La Ravallière, t. 2, p. 513.

a — Tantost celé pars m'encors. Mouchet, 8. h — Que riche home gengleor. Id.

c — • Mouchet , 8. — Trop sont fol et mal pensant, L. d — Guenelon, le traître de Roncevaux, était le type de toutes

les perfidies.

d — Dou bois prennent à huper. Mouchet, 8.

No 62. — 184 — 66 : musique. — Ce dialogue avec Philippe de Nanteuil prouve que Thibault ne fit pas toutes ses chansons de suite et postérieurement à son avènement à la couronne, qui précéda sa dernière révolte. Il était encore simplement comte quand Ph. de Nanteuil lui reprochait de ne plus chanter. — Cette pièce établit encore que les poésies de Thibault n'étaient pas sérieuses. Philippe l'accuse de se jouer de l'amour et d'être infidèle. V, aussi n» S5.

a — 66. S'amor avés mal servie et gardée. L. b — l84. — Ne nus ne puet faire ses volontés. L. c — Tant la conois tricheresse provée, 184. d — 184. — Ne tendrois pas les partis abricons. L. e — 66, — A l'acointier nos iert de belle chière. L. f — 66. — Et maintenra ma pensée plenière. L, g — 66. — Ains qu'en aies jamais autre respons. L.

N° 63. — 184. — 7615, musique. —66 : musique. — Cette chanson, citée aussi par Pasquier dans ses Recherches sur la France (in-fol. i665, p. 668), doit comme les précédentes être antérieure à 1234. Thibault a encore pour interlocuteur son ami Ph. de Nanteuil.

a — Bacheler legier et gai. 7613.

b — Mieus venir avant. 66. — Miex aler avant. 7613. c — Et plus enprent. L. — Et plus en rent. 66. d — Cil qui conquisrt. D.

e — Que toutes biautés affiert à atteindre à si haut don. 7613, f — Qui en est asson. 66.

g — 7613. — Que n'en duel et sospeçon. L. h — 66. — Ne pense s'a voloir non. L. i — Trop fait cil mieus son pooir, qui a son amour accora'

plis. 7615. — 66.

j — 66. — S'en vaut mains pour miex valoir. L. k — 7615. — Vaut miex d'un léal ami. l..

1 — La Ravallière pense qu'Auberon est le poète Auboin, de Sézanne. Ce nom nous paraît plutôt un dimiautif d'Albert, Aubert, Aubery ; on disait de même Pieron pour Pierre. ~ V. vol. des Chansonniers, p. 14.

m — 66. — Rodriegue le Noir, — Rodrigue, — Rodreigne îe Voir : 184. — 7613. L. — Ce dernier peut sans doute désigner un gentilhomme ou un poète de Navarre. Mais j'ai cru devoir préférer la leçon du m. 66, Cangé. — Le nom ou le surnom de Rogues était commun en Picardie. On le trouve dans la maison de Moreuil-Soissons et surtout dans celle de Hangest, qui possédait aussi des fiefs en Champagne. Nous reconnaissons qu'aucun de ses membres contemporains de Thibault ne porta le nom de Rogues : mais il était peut-être alors un nom de guerre, qui devint plus tard prénom de famille. On remarquera d'un autre' côté que, dans une autre branche de la famille de Hangest, le nom de Aubert était commun. Du temps de Thibault, nous voyons Aubert, ii, m et IV de Hangest, seigneurs successifs de Genlis et braves chevaliers. Ils avaient pour alliés le poète Raoul de Soissons, seigneur de Cœuvres, et quelques membres de la famille à laquelle apparteaait le poète Baudouin des Autels.

No 64. — 184 — 7613. — 66 : musique publiée par La Ravallière, t. 2 , p. 314.

a — 66 - Qu'amours faut par amours. L. — • Que nus ne

fait par amors. L.

b — Sairement, joie et valors. L.

S'en remaint joie et valeurs. 184.

c — 184. — Si ont colpes ensement

Li mauvais, saichiez défi. L.

d — Es Dame qui n'aint. 184.

e — 7613 — Quant il l'ont jusqu'à la mort. L. f — 66 — Lors li mettent à choison. L. g — Sire, il s'en partent à tort

Et s'en plaignent volontiers. 184.

h — 184 — Plus lor plaist li laisier. L. — Plus leur plaist

li anniers, que Dames mainnent tant fort. 7615. i — Ains talent et font raisons. L.

j — 7615. — Dame doit atraire lent. L. k — Pour miex| faire à li béer. 7613. 1 — 7615. — Avoir joie; autrement. L.

m — Veulent lor amis mener. 184. n — Philippe ami , voir 66. — 11 s'agit encore de Philippe de Nauteuil.

N° 65. — Mouchet, 8. — Cette chanson est inédite. 11 faut convenir qu'on peut trouver à la fin du 4e couplet une allusion au nom de Blanche. — Mais on remarquera !<> que Thibault s'adresse à l'amour et noï pas à une dame, 2o que le nom de Blanche était commun avant que la mère de St- Louis l'ait immortalisé. La mère et la fille aînée de Thibault se nommaient Blanche. — Au surplus, si cette chanson fut faite en honneur de la reine , elle réduit les relations de Thibault à des hommages de poète, qu'elle aimait à recevoir, à des demandes de service qu'elle refusait. — Cette pièce est encore une de celles dont le mérite porte sur les équivoques, qui naissent du genre féminin donné au mot amour. Si c'est réellement au dieu de Cythère que Thibault s'adresse, ce jeu parti n'est plus qu'une pièce de poésie gracieuse, mais sans importance. V. chanson, 60.

No 66, — 184 — 66 : musique. — Dans ce jeu parti le Roi de Navarre a peut-être pour adversaire Guy de Pontieux { de Ponthieu) , aimable chansonnier contemporain. Comme il reçoit le titre de Quens, on peut croire que ces vers sont antérieurs à 1234.

a — 66 — Sire , à vous dis en chantant. L. b — 184. — N'ert ja par moi périe. L. c — 184 — Quens, je sai bien auquel vostre pensée. L. d — 184 — D'ome qui aime. — Dame, qui aime. L. e — 184 — Tuit Veo doutent mal avoir, 66. — Tuit li

doivent mal avoir. L.

f — Il s'agit peut-être ici de Gilles le Yinier , frère de Guillaume, dont nous parlons ailleurs, g — 184 — Sur Dom Perron. L. — La Ravallière pense qu'il s'agit ici de Perrot de Nesle, cité par Fauchet et poète du I3e siècle. Une chanson du manuscrit Cangé 66, p. 157, donnée à Moniot d'Arras, se termine ainsi :

A ma Dame , que qu'on die Envoi toute ma chançon, Je qu'on apele Pieron , Qui merci li quier et prie, etc.

Voyez la note suivante.

N« 67. — 7613 : musique. — 66 , 67 : musique. — Ce jeu parti est certainement l'un des plus curieux de ce recueil. — Si Thibault eut été l'amant de Blanche, eut-il composé et surtout publié de pareils vers ? On a peine à comprendre que ce prince, qui affectait tant de délicatesse en amour , tant de respect pour les dames , se laisse conseiller d'user du droit du seigneur. — On peut faire bien des conjectures pour expliquer "ces couplets et trouver les personnages, dont il s'agit ici, La Ravallière, après avoir cru qu'il s'agissait de la fille de Pierre de Villebreon, pensa que Thibault avait en vue la fille d'Alix de Nanteuil et de Pierre de Pacy en Brie, son époux. De fait ce dernier était surnommé Pieron. Mais on remarquera que nos chroniques et nos poètes nomment ainsi ceux, qui s'appellent Pierre. D'un autre côté, Alix de Nanleuil se maria probablement beaucoup trop tard pour que Thibault ait pu assister au mariage de ses filles et surtout avoir des prétentions galantes à leur endroit. L'une d'elles vivait encore 57 ans après la mort de Thibault. Leur père, Pierre de Pacy, ne mourut qu'en 1284, plus de 30 ans après le Roi de Navarre. — Voici ce que nous proposons: Thibault aurait, en 125 i, épousé Yolande de Bretagne sans la défense de Louis IX. Il ne céda qu'à regret: car cette princesse était jeune, aimable et jolie. Elle avait été amenée près de Château-Thierry. Il paraît qu'après la rupture des négociations , elle resta en Champagne sous la garde de Henri de Dreux son oncle , archevêque de Reims, Plus tard , en 1338 , elle épousa Hugues XI de Lusignan , comte de la Marche, et mourut en 1272. Sans doute sa main fut plusieurs fois demandée , et c'est peut-être à l'occasion de quelques négociations entamées à cet égard que Thibault aurait écrit ces vers, où son dépit et ses regrets se font jour. Dans cette hypothèse , Piéron serait Pierre Mauclèrc comte de Bretagne, que nos chroniqueurs nomment souvent Piéron ; et Robert serait Robert de France , comte de Dreux, l'aîné de la famille.

a Qu'à un si lointain bacon. 7615.

b — Véez dous vis de fuiron. 66 , 67. c — Or la vuet on emmener. 7615. — Or vos en veille mener. 67. — Or nos en veille mener. L. d — S'il ainsi l'en lest mener. 7613. e — S'il li veuoit à plaisir. 67, — 7615. f — QQ^ 7613. — Pour trestote ma comté. L. g — 166. — Maugré Dé. L.

lo9

No 68. — 7613. — Ce texte inédit est refusé à Thibault par La Ravallière sous prétexte qu'ils ne sont pas dignes de lui : cela se peut. Mais cette pièce n'est pîis plus leste que la précédente et que la suivante. De plus, le manuscrit 7613 la donne à Thibault positivement. Nous n'avons pu comparer sa leçon avec aucune autre: on s'en aperçoit surtout à la fin. Le roi a pour interlocuteur le même poète, qu'il nomme déjà frère dans une chanson précédente.

a — El tant avers ha s'amie desservi. 7613. b — Jeunéie est là pour : à jeun, c — On peut aussi lire : le fanté, le fauté ou le santé.

No 69. — 66, 67 : musique.

a — Raoul, vicomte de Soissons, seigneur de Cœuvres , poète célèbre, épousa la comtesse de Hangest. Il mourut avant 1276. Sa fille Yolande s'unit à Bernard, vicomte de Moreuil. — Voyez chanson n° 5.

b — Emprendre ce dont il morir. L

c — Mire Mellin, ne ses parents. 66. — Ici Thibault parait répondre à une chanson satyrique, que nous publions ci-après , où on lui reproche d'être d'une race dont le sang est à la fois arabe et espagnol. — Il repousse avec mépris les amours matériels du sérail. Le personnage qu'il désigne n'est autre que le célèbre émir Memmelin , roi de Maroc , nommé dans les chroniques de Saint-Denis, t. iv. p. 100, qui en 1211 faillit soumettre une seconde fois l'Espagne au joug musulman. Alphonse , roi de Castille , le défit près des montagnes de Tolosa las Navas et envoya à Rome l'éteudart et la tente du chef arabe. — C'est lui que d'Achery nomme Miramolin , et que les arabes appellent Mehemed el Nasir.

d — Si la potence peut faillier. L.

e — 67 — Raoul , j'aim miex vostre tencon. L.

f Qui font cuer gatoillier, 66, — tatouillier, 67.

No 70. — 184 — 66, 67 : musique.

a — Et en bras mais ne di mie. 184. b — Guillaume le Vinier, poète du nord, c — En vous n'a pas d'astenance, 67. d — 67. — Sire, pour riens ne vauroie. L. e — 66. — Pour voir en mi le vis. L.

f — 67. — Guillaume faux et pensis

1 remaindroit toute voie. L.

g — 11 s'agit de Gilles le Vinier , frère de Guillaume , V.

no 66. — Jean est le prénom de plusieurs poètes chamr-

penois , picards , ou artésiens.

No 71. — 66 — 184: dans ce M. ce Jeu-parti a pour titre : Demande le roi de Navarre. — Son interlocuteur doit être Baudouin des autels, poète Picard, allié à la famille de Hangest.

a — 66 — Quant de la bouce à sa Dame est baisiés. L. b — 66 — Et sans dont que grans humilités, L. c — Que il l'ait que tant aim et tient chier, 66. d — 66 — Mais Baisier voil ses pies en es le pas. L. e — 66, 184. — K à servir puest totes ses volontés. L.

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