‹ Chansons de Thibault IVChapitre 23 sur 24 · BRETAGNE · texte numérisé non relu

BRETAGNE

Après ce que le Roy eust foulé , le conte Perron de Bretagne , tuit le barons de France furent si troublez envers le conte Thybaut de Champaingne que il orent conseil de envoier querre la Royne de Cypre, qui estoit fille de l'ainsné fils de Champaingne , pour déshériter le conte Tybaut , qui estoit fils du second fils de Champaingne. Aucun d'eulx s'entremistrent d'apaisier li conte Perron au dit conte Tybaut et fu la chose pourparlée en tele manière que le conte Tybaut promist que il prendroit à femme la fille an comte Perron de Bretaingne. La journée fu prise que le conte de Champaingne dut la damoiselle espouser. Et li dut en amener pour espouser à une abaie . de Prémonstré , qui est delez, Chastel-Thierry, que on en appelle . Val-sarré, si comme j'entent. Les barons de France, qui estoient auques tous parens du conte Peron , se penèrent de faire amener la damoiselle à Val-sacré pour espouser et mandèrent le conte de Champagne, qui estoit a, Chastel-Thierry. Et . endementiers que le conte de Champaigne venoit pour espouser, Mon Seigneur Geffroy de la Chapelle vint à li de par le Roy à tout une lettre de créance et dit ainsinc : — Sire conte dé Champaigne, le Roi a entendu que vous avez convenances au conte Perron de Bretaingne que vous penrez sa fille par mariage : si vous mande le Roi que, se vous ne voulez perdre quanque vous avez ou royaume de France , que vous ne le faites : car vous savez que le comte de Bretaingne a pis fait au Roy que nul home qui vive. » Le conte de Champaingne par le conseil, que il avoit avec li, s'en retourna à Chastel-Thierry.

Histoire de S* Louis par Joinville: édition de 1761, p. 18.

Cette communication a été rédigée en forme de lettre par

quelques historiens. Il est possible que Joinville ait mis en

conversation le contenu réel de répitre royale. Mais, dans aucun

cas , on n'en peut conclure que Blanche ait écrit à Thibault

'une "lettre d'amour.

MQRT DE PHILIPPE, COMTE DE BOULOGNE. 123fc

Li Quens Filipes i eôtoit (1) De Boulogne , et tous ses connus.

Mais tout estant li prest H niau», Dont il fii durement emflés.

Si qu'on dist qu'il fu enierbés.

Mort est. N'i a cil ne le plaigne.

.Mais sous le conte de Gampaigne.

Mettent sa mort tout li Baron, Et tout li pais environ ; Pour ce qu'il l'ot haï ançois. S'en furent dolans li François, Cavalier, bourgois et vilain, Et trestous le païs à plàin.

Mais la Roïne en fu blasmée :

Et la cose fu tant alée Que la pais demora ensi.

A Saint-Denis l'ont enseveli :

Mais ni fut par le quens . Thiébaus»

Qui de sa mort fu liés et baus.

Ph. Mouskes.

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