FIN
que antiques lateun loi attribuent et qu'on doit lui reroser.
Ainsi le manuscrit du Vatican (n* 1490J donne au Roi de Navarre la chanson : — • Boine Dame me proie de chanter. — Elle nous a paru revenir à Gace-Brulé : nous l'avons publiée sous son nom dans notre volume des Chansonniers de Champagne aux xn* et xiii* siècles. V. p. 48. — Le manuscrit de Berne semble ( si l'on en croit une note mise sur sa copie ) attribuer à Thibault la chanson : — Ne plus que droit peut estre sans raison. Elle est, selon nous, la propriété d'Eustache de Reims, et nous la lui avons restituée. V. p. 65 de notre recueil.
La Ravallière avait publié dans son édition la chanson : — En mai la rosée que naist la flor. Cependant elle appartenait a Guillaume de Champagne sr de Champlitte , dit le Champenois. — Nous la lui avons rendue. V. dans notre recueil, page 22 de la préface et 23 du texte.
Il y a longtemps qu'on a dit qu'on ne prêtait qu'aux riches : on a dépouillé Gace-Brulé de plus d'une chanson pour en faire hommage à Thibault. Estienne Pasquier, dans une lettre à Ronsard ( édition de ses œuvres complètes, 1723, T. 2, p. 39) enlève au premier pour donner au second les chansons : — Cil qui d'amour me conseil. — - De bien amer grand joye attend. Les éloges qu'il en fait appartiennent à maître Gace. — Dans les recherches sur la France (in-fol. 1665, p. 668) ■ il fait don au roi de Navarre de la chanson : Fine amour et bonne espérance. Elle appartient au trouvère Pierre de Molins. V. M. 7182 , 7222 , 7615. — 65, 66, 67 Cangé. — 59 La Vallière. — 1989 fonds St-Germain
Favin , dans son histoire de Navarre ( liv. IV, page 300 ) , n'oublie pas les prétendus amours de Blanche et du comte de Champagne. A l'appui de sa légende il cite la chanson : — Hé I Blanche,clere et vermeille. — C'est encore à M e Gace qu'elle appartient; et on lui trouve des variantes, qui lui ôtent l'intérêt qu'elle pouvait avoir.
Qu'on ne se figure pas que les 81 chansons que l'on vient de lire sont la propriété incontestable du roi de Navarre. Quelques unes lui «ont sérieusement disputées. Nous avons eu soin d'indiquer les noms des prétendants , toutes les fois qu'ils se sont présentés. Si nous les avons repoussés , c'est que des textes dignes de Confiance accordaient gain de cause à Thibault.
La Ravallière, à la fin de son second volume, p. 186, imprime quatre vers d'une chanson incomplète contenue dans le manuscrit du Vatican, n° 1490, et qui paraît l'œuvre du Roi
de Navarre. Pas plus que lai nous n'avons pu nous procurer les premiers vers de cette pièce. Voici, du moins, ceux que contient la copie, qui se trouve à l'Arsenal. Une note, qui se ttouve en marge de ces couplets, indique que le feuillet, qui les précédait, a été déchiré.
merci trouver.
Mais quant je plus m'i dois fier , Lor i retruis maleveillance, Si que je n'ose à li parler :
Ainçois muir en itel souffrance.
Douce Dame, en qui j'ai fiance De ma grant joie recovrer, Membre vous qu'en longue atendance Me porroit Amours trop grever.
Je ne m'en puis réconforter ; Car en vous est ma délivrance.
Dame, si vous en doit membrer Selon vostre douce semblance.
Toute m'amour fine et entière Doins à ma Dame quittement :
Ja por ce, s'el n'ot ma proière, Ne l'amerai mains loiaument.
Car n'est pas amour autrement, Puis qu'on va avant et arrière:
Sa peine en trait légièrement, Qui aime drue nouvelière.
Icele gent fol, et loudière Nous abaissent joie et jouvent , Et fausse drue novelière , Qui cestui laisse et autre prent.
Si voit on avenir souvent Que la plus folle est la plus fière.
Pour oe va Amour à noient.
Poi treuve om : qu'à droit l'ait chière .
Cette chanson, comme on le voit , ne contient que des généralités. — A la suite des notes et variantes nous donnerons un certain nombre de pièces en vers et en prose latine et française établissant, par des témoignages contemporains que la vie du •Rot de Navarre ne cessa d'être incomprise ou calomniée.