XLII
Quant je voy renouveler La gracieuse saison, Mon cueur est bien en prison, 4 Quant je n'ouse plus chanter.
Las ! je n'y chanteray plus :
Mon cueur est trop doloreulx, Quant le Vaudevire est jus 8 Qui souloit estre jouyeulx^
Et blanche livrée porter, Chascun ung blanc chapperon^ Tout par bonne intencion 1 2 Noblement sans mal penser.
A Dieu soit * esbatement Et le joly dieu d'amours :
Je le quitte entièrement, 1 6 Sy de luy je n'ay secours.
Vray dieu d'amours, sans tarder Oustez mon cueur de prison.
Et luy donnez garison, 20 Ou je suis au trespasser.
En desconfort je suis sy durement Et suis entré en nouvelle pensée,
XLIL — * Voy. la préface sur cette chanson et les autres qui se rattachent au Vaudevire. Celle-ci se retrouve dans Lms. de Baycux, dans celui de Vire, et dans le livret publié en 1543 par A. Lotrian.
' A Dieu soit y voy. vu, 3o.
Quant la belle ne fait a mon tallant, 4 De quoy mon cuer a si grant désirée.
Je cuidoye bien estre pourveu d'amye A moy tousjours tout le temps de ma vie, Mais ung aultre en est maistre et seigneur; Elle m'a fait bien peu de courtoisie Quant d'avec moy elle s'est départie : 10 Car j'en cuidoye estre le bien greigneur'.
De convenant de femme ce n'est rien : IP ont bien tost mys ailleurs leur pensée. Tousjours leur fault nouvel apointement ', 14 Et sy leur fault la manche bien fourrée \