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CXVIP.
Nous estions troys jeunes fillettes Qui toutes troys avions amy ; Dont j'en estoys la plus jeunette, 4 De mes amours ne peuz jouyr;
Dont j'en estois la plus jeunette, De mes amours ne peuz jouyr.
Je m'en allay au bois seullette 8 Et sv n'en savovs le chemin;
Je m'en allay au bois seullette Et sy n'en savoys le chemin.
Tant l'ay cherchée que l'ay trouvée 12 Dessoubz ung aubepin fleury;
Tant l'ay cherchée que l'ay trouvée Dessoubz ung aubepin fleury.
Et je la prins par sa main blanche ; i6 Elle m'a dit : « Mon bel amy. »
Et je la prins par sa main blanche; Elle m'a dit : « Mon bel amy.
Viendrez vous point a la journée 20 Que l'on me doit donner mary ?
a Viendrez vous pointa la journée Que l'on me doit donner mary ?
Il n'est pas beau, mais il est riche, 24 Et sy n'est pas a mon plaisir.
11 n'est pas beau, mais il est riche.
Et sy n'est pas a mon plaisir; J'aymeroye miculx celluy que j'aime.
28 N'cust il vaillant qu'ung parisis.
CXVII. — ' Cette chanson, d'un ton et d'une allure si populaires, offre des incohérences qui sont peut-être originales et qu'en tout cas il n'est pas possible d'écarter.
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« J'aymeroye mieulx celluy que j'aime^ N'eust il vaillant qu'ung parisis.
Roussignolet du bois ramaige% 32 Conseille moy et je t'en pry;
« Roussignolet du bois ramaige, Conseille moy et je t'en pry. »
« Ne te conseille ne déconseille :
36 Prens le conseil de tes amys.
« Ne te conseille ne déconseille :
Prens le conseil de tes amys ; Sy tu le prens et qu'il soit riche, 40 II le te conviendra servir;
a Sy tu le prens et qu'il soit riche, il le te conviendra servir^ Et te dira : Méchante femme, 44 Tu n'avoys rien quant je te pris;
« Et te dira : Méchante femme, Tu n''avoys rien quant je te pris.
Sy tu prens celluy que tu âmes, 48 Tu en jouyras a ton plaisir;
« Sy tu prens celluy que tu ames^ Tu en jouyras a ton plaisir, Et te dira : M'amye et dame, 52 II n'est que vivre a son désir.
« Et te dira : M'amye et dame, Il n'est que vivre a son désir :
On veoit le riche devenir povre, 56 Le povre riche devenir. »
' Ramaige, plein de rameaux. Le ramage des oiseaux est proprement le chant qui résonne dans les branches.
cxviin
Sy j'aymc mon amy Trop plus que mon maiy, Ce n'est pas de merveille :
Il n'est ouvrier que luy De ce mestier joly 6 Que l'on fait sans chandelle.
Mon amy est gaillard, Et mon mary fêtard ', Et je suys jeune dame :
Mon cueur seroit paillart ' D'aymer ung tel vieillart, 12 Veu qu'il est tant infâme.
Quant suys avecques luy Je n'ay que tout ennuy Ne chose qui me plaise :
Or feust ensevely Et en terre pourry î i8 Sv serois a mon aise.
Et quant j'ay mon amy Couché auprès de my, Il me tient embrassée; Aussi fais je moy luy :
D'avoir un tel deduict 2.J. Jamais n'en fuz lassée.
Sy je fais mon desduit Soit de jour ou de nuyt Et le villain se cource*,
CXVIIl. — * On retrouve cette chanson dans le recueil Lotrian.
'^ Fêtard, paresseux, fainéant.
' Paillard, terme de mépris assez vague ici. * Cource, forme contracte de courrouce^ on a dit d'abord
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Ne me chault s'on en bruyt :
Je feray mon plaisir 3o Aux despens de sa bource.