CXXXV. — ^ Solécisme amené par la rime (subjonctif pour
indicatif).
CXXXVI. — * Nous avons ici une vraie chanson enfantine, encore en partie conservée dans celle des Marionnettes.
— iSg —
Je perdy assoir'^ ycy, Je perdy assoir icy Le bonnet de mon amy, 8 Le bonnet de mon amy.
« Et vous l'avez. »
« Et vous mentez. »
« Et qui l'a donc ? »
12 « Nous ne savon. »
Delà la rivière sont Les troys gentes damoiselles ; Delà la rivière sont, 1 6 Font ung sault et puis s'en vont.
CXXXVIP
Ay, ay, ay, ay ! que fuertes penas !
2 Ay, ay, ay, ay! que fuerte mal!
Hablando estaba la reina En su palacio real, Con la infanta de Castilla, Princesa de Portugal.
Ay, ay, ay, ay ! que fuertes penas!
8 Ay, ay, ay, ay ! que fuerte mal !
AUi vino un caballero Con grandes Uoros llorar :
' Assoir, hier soir, voy. cv, 4.
CXXX. — ' Celte pièce, que j'ai déjà publiée dans la Romania, t. I, p. 363, se rapporte à la mort du jeune prince Affonso de Portugal, arrivée le 12 juillet 1491. Sur le rapport de notre chanson avec d'autres pièces composées sur le même sujet, voy., outre \zl RomayiiaA^ Bibliographia critica portiigue^a (t. I, art. 12), et le passage, cité aux Variantes, du livre de M. Milâ y Fontanals.
« Nucvas te traigo, senora, Dolorosas dccontar. »
Ay, ay, ay, ay I que fucrics penas î 14 Ay, ay, ay, ay ! que fucrlc mal !
« Ay ! no son de reino cxtrano
De aqui son, de Portugal.
Vuestro principe, senora ,
Vucstro principe real.... »
Ay, ay, ay, ay ! que fucrtcs penas î
20 Ay, ay, ay, ay! que fuerte mal !
« Es caido de un cavallo Y l'aima quiere a Dios dar; Si le queredes ver vivo.
Non querades dctardar. »
Ay, ay, ay, ay 1 que fuertes penas !
26 Ay, ay, ay, ay! que fuerte mal!
Allî esta cl rey su padre, Que quiere desesperar.
Lloran todas las mujeres, Casadas y por casar.
Ay, ay, ay, ay ! que fuertes penas !
32 Ay, ay, ay, ay! que fuerte mal !
cxxxviir
Reveillez vous, Piccars^ Piccarset Bourguignons, Et trouvez la manière d'avoir de bons bastons ', Car veez cy le printemps et aussy la saison 4 Pour aller a la guerre donner des horrions.
CXXXVIII. — ^ Cette chanson d'aventuriers, peu claire, a sans doute pour auteur un Picard au service de Maximilien. * Bastoth arme en général.
Tel parle de la guerre qui ne scet pas que c'est ; Je vous jure mon ame que c'est ung piteux fait^ Et que maint homme d'armes et gentil compaignon 8 Y ont perdu la vie et robbe et chaperon.
Ou est ce duc d'Aultriche ' ? il est ou Pais Bas ; Il est en basse Flandre avecques ses Piccars, Qui nuyt et jour le prient qu'il les vueille mener 12 En la haulte Bourgoingne pour la luyconquester.
Adieu, adieu Salins, Salins et Bezançon, Et la ville de Beaulne la ou les bons vins sont ; Les Piccarz les ont beuz, les Flamans les payeront 1 6 Quatre pastars* la pinte, ou bien bastuz seront.
La nuit, le jour je suis en painne
Et grant tourment ; J'ay pis que la fièvre cartainne
Ou mal de dent :
Voulez savoir qui me demaine ?
Helas ! ce sont amours certainne :
Quant Dieu plaira, Avec la plus belle qui vive 9 Mon cueur sera.
Entré je suys en grant pensée,
Et suys dolent Que ne puis parler a m'amye
Que j'ayme tant.
En son sain porte porte deux pommettes Qui me tiennent en amourettes^
Mais je ne sçay
3 Maximilien.
* Pastard, ou mieux patard, petite monnaie de cuivre.
Sy jamais en jour de ma vie i8 J'en jouyray.
Ma dame est belle et gracieuse,
Et le corps genl ; Kllc a la coulleur vcrmeillecte,
Regard rient ; De sa bouche sort une alaine Qui tient ma personne si sainne^
Mais bien je voy Que suis auprès de la fontainne 27 Et meurs de soy '.
Qu'as tu fait de tes amourettes,
Chetif dolent ?
Tu ressembles la tourterelle
Qui va voilent :
La tourterelle a telle guise, Quand elle pert sa compaignie,
Devers le soir Elle serche les branches seiches 36 Pour soy assoyr.
Roussignolet qui au boucaige
Chans ' doulcement, Va a m'amye faire ung messaige
En ton doulx chant, En disant : u Ung amant m'envoyc Par devers vous, et vous envoyé
Ce cuer dolent :
Secourez le de vostre amour
Présentement. »
CXXXIX. — ^ Pensée très-souvent reproduite k cette époque, et qui a fourni, notamment, le premier vers de toute une série de ballades laites par Charles d'Orléans et ses familiers, ainsi que le refrain d'une ballade signalée par M. P. Meyer, dans le Bulletin de la Société des anciens textes. I, 32.
- Chans. Cette forme, extrêmement singulière, ne pcut être changée à cause du rhythme.