KN REPONSE A SES VERS
Air de la Colonne. — i2.
Mon bon ami, tu me parles de gloire, La gloire est loin de mon humble séjour ; Nul de mes vers ne garde la mémoire ; Ce sont des fleurs qui ne vivent qu'un jour. (bis. Tes chants si doux que tu feras connaître , Auront le sort des lauriers toujours verts. Ne m'adresse plus tes beaux vers.
Mon nom pourrait te compromettre, (bis.)
Des sots jaloux, que je voudrais combattre, Jettent l'insulte à mon talent naissant ; Faible, je lutte et ne puis les abattre : Un sot qui tombe en fait renaître cent. Hydre, à tes lois je vais donc me soumettre : Les sots partout régnent dans l'univers. Ne m'adresse plus, etc.
Je suis peu riche et , dans ce siècle intime , Qui cependant est fier de son essor, L'honneur n'est plus ce que le monde estime ; Non, le seul Dieu de ce monde, c'est l'or. Pauvres , passez ! Nul ne veut vous admettre. Aux vils Crésus tous les bras sont ouverts. Ne m'adresse plus, etc.
Ah ! n attends pas , ami , qu'on te décrie ; Rappelle-toi tout ce que j'ai chanté :
Si bien souvent j'ai chanté la patrie , J'ai bien souvent chanté l'humanité :
En rêve , hélas ! j'ose aussi me permettre De réunir tous Jes peuples divers.
Ne m'adresse plus, etc.
.l'ai ri tout haut de la science humaine, Caméléon, à la robe de feu, Qui toujours change et qui parfois amène L'homme à douter de la grandeur de Dieu. La loi du Christ, que je crois à la lettre. Est mon seul guide en ce monde pervers. Ne m'adresse plus, etc.
Si quelque jour une œuvre impérissable Allait partout répandre ton renom, Pour t'en punir quelque nain misérable Auprès du tien pourrait montrer mon nom. Et l'on dirait : — " Est-ce bien là le maître ? " A sa médaille il est donc un revers. •• Ne m'adresse plus tes beaux vers.
Mon nom pourrait te compromettre.
10 juin 1845.
TROP BIEN rORTANT.
Air ." Eh.' r/ai , gai, gai, mon officier. — ts.
Eh ! gai , gai , gai , gai , sur ma foi , Devant tout je m'arrête ;
Eh ! gai , gai , j'en perdrai la tète ! Tout tourne autour de moi.
Je n'ai phis de mémoire , Le croirait-on jamais ?
Non, je ne veux plus boire...
Aussi peu désormais.
Eh ! gai , gai , gai , gai , etc.
Je bénis ma folie, Car, selon nos élus, Un homme a du génie...
Dès qu'il ne pense plus !
Eh ! gai , gai , gai , gai , etc.
L'excès nuit, je l'atteste.
Sans comprendre pourtant Qu'il soit aussi funeste D'être trop bien portant.
Eh ! gai , gai , gai , gai , etc.
Auteur, cher à l'ivrogne, Par quelque gai rondeau, En chantant le bourgogne, Vous buviez donc de l'eau !
Eh ! gai , gai , gai , gai , etc.
Ivre, chacun renomme Sa valeur ; mais , sandis !
Si je battais un homme.
J'en croirais batti*b dix !
Eh ! gai , gai , gai , gai , etc.
Qu'il vienne Tami tendre Chez qui j'ai bien dhié. Je suis prêt à lui rendre Plus qu'il ne m'a donné.
Eh ! gai , gai , gai , gai , sur ma foi , Devant tout je m'arrête ;
Eh ! gai , gai , j'en perdrai la tête ! Tout tourne autour de moi.