‹ Chansons. Éd. complète, avec les airs notés et le portrait de l'auteurChapitre 32 sur 218 · COUPLETS A BERANGER · texte numérisé non relu

COUPLETS A BERANGER

après la Icrtuic de la Irltro où il daigne souscrire à mon polit rcciipil de chansons. Air d'Aristippe. — 6.

Je tiens l'écrit , ô chantre populaire ,

OCi tu traças des mots si doux pour moi.

De mes chansons tu veux un exemplaire :

Quoi ! mes refrains parviendront jusqu'à toi ! (bis.)

Roi des penseurs et roi de rharmonie,

A l'ouvrier tu prêtes ton secours :

Ton cœur est grand, grand comme ton génie,

Le pauvre peuple a toutes tes amours, (bis.)

Lorsqu'un couplet de ton àme s'élance.

Le monde entier l'entonne à l'unisson.

Ton beau talent, dans son essor immense. Sut jusqu'à l'ode élever la chanson !

Un vieux soldat, un gueux, un être infime. Suffit pourtant, noble ennemi des cours. Pour t'inspirer une page sublime :

Le pauvre peuple a toutes tes amours.

Un roi disait : " Ma main est assez forte : M Qu'une prison étouffe enfin ses vers ! - Mais le Français écoutait à la porte ; Tu le chantais encore dans les fers.

Sans lui parler de ta propre souffrance Tu regrettais l'éclat de ses beaux jours ; Tu ne songeais qu'aux malheurs d(^ la France : Le pauvre peuple a toutes tes amours.

Quand tu nous peins ces jours où la victoire Suivait partout l'Empereur radieux , Quand ta chanson montre l'aigle en sa gloire, •' Il semble encor dans le secret des dieux ! " Mais en chantant le héros 'de nos armes Ton cœur gémit et s'oppresse toujours : Ses lauriers d'or ont coûté tant de larmes ! Le pauvre peuple a toutes tes amours.

Pour espérer aux accords de ta lyre,

Le pauvre peuple en vain attend encor ;

Dois-tu cacher les hymnes qu'il t'inspire ?

Sublime avare , étale ton trésor !

Ah ! que demain ta parole féconde

Vibre imposante à l'oreille des sourds ;

" Plus près des deux tu peux placer le monde ! ■••

Le pauvre peuple a toutes tes amours.

Octobre 1845.

MONSIEUR DOUSSART.

Air : V'ià c que c'est qiC d'aller au bois u.

" Un jour que je m'étais glissé ('liez un seigneur très-haut placé , Je fus reçu : quel jour de fête !

Je pris un air bète,

Un homme de tète Porte ombrage à l'homme puissant.

— On s'élève en s'abaissant.

" Il dit : — Doussart , quels sont vos droits ?

— J'ai des droits à tous les emplois.

Si ma science est incomplète ,

En marionnette Je fais la courbette :

Jugez de mon talent naissant !

— On s'élève en s'abaissant.

« Je devins son premier commis , Et fus bientôt de ses amis.

J'immole, à cet homme sublime

Qui m'aime et m'estime,

Ma croyance intime ; Par lui seul mon cœur bat et sent.

— On s'élève en s'abaissant.

" Un mien commis, très-mal noté, Chantait tout bas la liberté :

Je le prouvai de telle sorte ,

Quil chante à la porte.

Pour ce fait je porte De l'honneur le signe imposant.

— On s'élève en s'abaissant.

•• En haut lieu je suis en faveur, Vingt grands m'ont fait leur receveur.

De leur or prodigue à l'extrême ,

Je suis un saint même ;

Le pauvre qui m'aime Me croit tendre et compatissant.

— On s'élève en s'abaissant.

" En silence et sans embarras, Sous mon habit à collet gras, Je marche droit à la richesse :

Mes dupes sans cesse

Versent dans ma caisse L'or qui m'enrichit en passant.

— On s'élève en s'abaissant.

« Garde longtemps tes bons emplois , Doussart, tu dicteras des lois. L'or mène à tout sur cette terre.

Même au ministère.

Chut ! vas-tu te taire ?

— Prends ton air prude et caressant.

— On s'élève en s'abaissant. •'

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