COUPLETS A BERANGER
après la Icrtuic de la Irltro où il daigne souscrire à mon polit rcciipil de chansons. Air d'Aristippe. — 6.
Je tiens l'écrit , ô chantre populaire ,
OCi tu traças des mots si doux pour moi.
De mes chansons tu veux un exemplaire :
Quoi ! mes refrains parviendront jusqu'à toi ! (bis.)
Roi des penseurs et roi de rharmonie,
A l'ouvrier tu prêtes ton secours :
Ton cœur est grand, grand comme ton génie,
Le pauvre peuple a toutes tes amours, (bis.)
Lorsqu'un couplet de ton àme s'élance.
Le monde entier l'entonne à l'unisson.
Ton beau talent, dans son essor immense. Sut jusqu'à l'ode élever la chanson !
Un vieux soldat, un gueux, un être infime. Suffit pourtant, noble ennemi des cours. Pour t'inspirer une page sublime :
Le pauvre peuple a toutes tes amours.
Un roi disait : " Ma main est assez forte : M Qu'une prison étouffe enfin ses vers ! - Mais le Français écoutait à la porte ; Tu le chantais encore dans les fers.
Sans lui parler de ta propre souffrance Tu regrettais l'éclat de ses beaux jours ; Tu ne songeais qu'aux malheurs d(^ la France : Le pauvre peuple a toutes tes amours.
Quand tu nous peins ces jours où la victoire Suivait partout l'Empereur radieux , Quand ta chanson montre l'aigle en sa gloire, •' Il semble encor dans le secret des dieux ! " Mais en chantant le héros 'de nos armes Ton cœur gémit et s'oppresse toujours : Ses lauriers d'or ont coûté tant de larmes ! Le pauvre peuple a toutes tes amours.
Pour espérer aux accords de ta lyre,
Le pauvre peuple en vain attend encor ;
Dois-tu cacher les hymnes qu'il t'inspire ?
Sublime avare , étale ton trésor !
Ah ! que demain ta parole féconde
Vibre imposante à l'oreille des sourds ;
" Plus près des deux tu peux placer le monde ! ■••
Le pauvre peuple a toutes tes amours.
Octobre 1845.
MONSIEUR DOUSSART.
Air : V'ià c que c'est qiC d'aller au bois u.
" Un jour que je m'étais glissé ('liez un seigneur très-haut placé , Je fus reçu : quel jour de fête !
Je pris un air bète,
Un homme de tète Porte ombrage à l'homme puissant.
— On s'élève en s'abaissant.
" Il dit : — Doussart , quels sont vos droits ?
— J'ai des droits à tous les emplois.
Si ma science est incomplète ,
En marionnette Je fais la courbette :
Jugez de mon talent naissant !
— On s'élève en s'abaissant.
« Je devins son premier commis , Et fus bientôt de ses amis.
J'immole, à cet homme sublime
Qui m'aime et m'estime,
Ma croyance intime ; Par lui seul mon cœur bat et sent.
— On s'élève en s'abaissant.
" Un mien commis, très-mal noté, Chantait tout bas la liberté :
Je le prouvai de telle sorte ,
Quil chante à la porte.
Pour ce fait je porte De l'honneur le signe imposant.
— On s'élève en s'abaissant.
•• En haut lieu je suis en faveur, Vingt grands m'ont fait leur receveur.
De leur or prodigue à l'extrême ,
Je suis un saint même ;
Le pauvre qui m'aime Me croit tendre et compatissant.
— On s'élève en s'abaissant.
" En silence et sans embarras, Sous mon habit à collet gras, Je marche droit à la richesse :
Mes dupes sans cesse
Versent dans ma caisse L'or qui m'enrichit en passant.
— On s'élève en s'abaissant.
« Garde longtemps tes bons emplois , Doussart, tu dicteras des lois. L'or mène à tout sur cette terre.
Même au ministère.
Chut ! vas-tu te taire ?
— Prends ton air prude et caressant.
— On s'élève en s'abaissant. •'