A MM. HENRI CARION, BARROIS DE GRAMMONT ET A. MARULAZ
venus de Caml)rai pour me voir avec mon aini Auguste PIOT , qui leur avait dit mes chansons.
Air : Échos des bois errants dans ces vallons. — 20.
Écho puissant de mes timides sons ,
La voix d'Auguste est d'un prestige immense :
A des Français il a dit mes chansons,
Et pour me voir ils sont venus de France !
S'ils m'ont trouve pour me tendre la main,
C'est qu'un ami les guidait en chemin.
Pour me grandir, au plus faible couplet, Il aura mis un rayon de son âme.
L'artiste alors m'entourait d'un reflet Qu'on aura pris de loin pour une flamme. Vous qui veniez pour me tendre la main. Sa voix encor vous charmait en chemin.
On voit la mousse aux vins les plus brûlants ,
Mousse aux flots purs qu'avec peine on apaise ;
Ainsi le cœur a les plus chauds élans
Sous le léger de la gaîté française.
Un ami parle , et pour m'olFrir la main ,
De bons Français le suivent en chemin.
Sans hésiter j'accoi)tai tant d'honneur,
A mon orgueil au mohis n'allez pas croire 1
Vous m'apportiez la gloire et le bonheur : J étais heureux : je n'ai point vu la gloire ! Il me semblait rencontrer en chemin D'anciens amis qui me prenaient la main.
Non , ce n'est pas l'orgueil qui m'animait ! Vous arriviez de la France si chère.
Je sais combien mon vieux père l'aimait : Si vous saviez comlnen j'aimais mon père ! Du haut (les cieux, il guidait en chemin Ces l)(ius Français qui m'imt tendu la main.
A ces amis dans mon âme , avec l'eu , Je veux garder un souvenir suprême :
Point n'ai besoin qu'on m'admire, ô mon Dieu ! j\Iais , ô mon Dieu ! j'ai besoin que l'on m'aime S'ils m'ont trouvé pour me tendre la main , C'est que leur cœur les guidait en chemin.
Décembre 1849.
COUPLETS
clianics au lianqnel ofTort it l'auteur, à Mon^, le 20 mai \>i'M).
Air : En amoiir comme en amitié. — 44.
Je viens ra'asseoir ù ce banquet nouveau :
Il m'est offert dans ma cité chérie.
Ma mère vint y poser mon berceau :
Je nai jamais connu d'autre patrie.
Jugez pour moi combien ce jour est doux :
Vous m'appelez! — Mon cœur bat, mon œil brille
Car en ces lieux je me crois en famille :
Je suis heureux de chanter avec vous. (/^/.s\)
Nul parmi vous ne m'accueille à demi
A cette fête où ma joie est immense ,
OCi dans chacun je rencontre un ami,
Et dans plusieurs un compagnon d'enfance.
L'émotion ici plane sur nous ,
Car nous avons, nous fpie le sort rassemlde ,
Aimé, souffert, espéré tous ensemble :
Je suis heureux de chanter avec vous.
Un verre, anus, un verre à l'ouvrier : Chacun ici voudra vider son verre.
Couvrons d'honneur fhonnète tablier :
Moi, je suis fier de celui de mon pAre !
Les ouvriers par moi vous chantent tous : Ils ont au cœur un orgueil légitime Quand à l'un d'eux vous montrez tant d'estime Je suis heureux de chanter avec vous.
19 mai 1850.