ÉPILOGUE
Noire est la nuit sur la cité d'Orange, Et sur la plaine, où l'ost sombre se range, Que trente rois conduisent aux assauts.
Voici les tours ; les murs sont noirs et hauts ; Gomme une étoile y brille un fer de lance ; La dame veille, elle écoute en silence : Sous le haubert Guibour veille aux créneaux ; L'huile et le plomb sifflent sur les fourneaux, La guette appelle à haute voix de femme. Et tout autour la contrée est en flamme.
* Ce récit est tout entier imaginé.
Noire est la nuit sur la franche cité.
A cent assauts les tours ont résisté.
Sous le haubert c'est là qu'ont fait leurs preuves
Comme barons, les vierges et les veuves !
Fatigue ou peur, aucune n'a trahi.
Pierre ni traits aux engins n'ont failli,
Et par ruisseaux, des noires embrasures
Le plomb et l'huile ont plu sur les blessures !
Mal en a pris aux païens d'approcher.
Et la lionne était sous le rocher !
Mais tous ont fait ce serment, de la prendre
Et brûler vive, ou vive de la rendre
A la poussière, et jeter dans un trou
Ou la noyer en mer, la meule au cou !
Et des fossés, lui croyant troubler l'âme.
Ils ont crié leur serment à la dame.
Dame Guibour a gardé la Cité.
Un trait aigu Ta blessée au côté.
Lasse, elle veille à ses créneaux d'Orange,
Lasse, elle veille, et derrière elle, un ange