‹ Chansons épiquesChapitre 10 sur 16 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Noire est la nuit sur la cité d'Orange, Et sur la plaine, où l'ost sombre se range, Que trente rois conduisent aux assauts.

Voici les tours ; les murs sont noirs et hauts ; Gomme une étoile y brille un fer de lance ; La dame veille, elle écoute en silence : Sous le haubert Guibour veille aux créneaux ; L'huile et le plomb sifflent sur les fourneaux, La guette appelle à haute voix de femme. Et tout autour la contrée est en flamme.

* Ce récit est tout entier imaginé.

Noire est la nuit sur la franche cité.

A cent assauts les tours ont résisté.

Sous le haubert c'est là qu'ont fait leurs preuves

Comme barons, les vierges et les veuves !

Fatigue ou peur, aucune n'a trahi.

Pierre ni traits aux engins n'ont failli,

Et par ruisseaux, des noires embrasures

Le plomb et l'huile ont plu sur les blessures !

Mal en a pris aux païens d'approcher.

Et la lionne était sous le rocher !

Mais tous ont fait ce serment, de la prendre

Et brûler vive, ou vive de la rendre

A la poussière, et jeter dans un trou

Ou la noyer en mer, la meule au cou !

Et des fossés, lui croyant troubler l'âme.

Ils ont crié leur serment à la dame.

Dame Guibour a gardé la Cité.

Un trait aigu Ta blessée au côté.

Lasse, elle veille à ses créneaux d'Orange,

Lasse, elle veille, et derrière elle, un ange

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