‹ Chansons épiquesChapitre 12 sur 16 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Une poussière en tombe encore aux champs ;

Tous sont enfuis du côté d'Aliscamps.

Guibour s'écrie (elle a fini sa veille,

Et fait sonner le cor, et tout s'éveille,

Une rumeur joyeuse court le lieu,)

— « Levez-vous, tous et toutes 1 Louons Dieu 1

Plus un tambour, plus un char dans la plaine !

Tous sont partis, retenant leur haleine

Pendant la nuit, comme font les voleurs !

Voici la fin de vos longues douleurs.

Car s'ils ont fui, c'est que Dieu se révèle.

Et de Guillaume ils auront eu nouvelle !

En Aliscamps Guillaume est revenu,

Sous son écu, là Vivien dort tout nu,

Et ses neveux, ferrés dans un navire.

Attendent là délivrance et martyre.

Il lèvera le corps saint de l'enfant

Que des oiseaux et des vers Dieu défend,

Et ses neveux, les tirera de cname.

Mais la bataille en Aliscamps prochaine

Ah ! qu'elle va peser lourd et longtemps !

Allez sur l'heure au baron que j'attends,

Bon messager, vous êtes clerc habile, Et lui portant nouvelles de sa ville Et le salut de la part de Guibour, Vous reviendrez me dire son retour ! »

Le messager prend congé sans demeure ; Guibour se signe au nom du Christ, et pleure ; Mais de l'attendre elle n'a le loisir Et, veuille ou non, doit en son lit gésir; Car la blessure au flanc se rouvre et saigne Qu'elle a reçue aux créneaux sous l'enseigne.. L'ange au chevet croise ses mains de lis.

Garde, grand Dieu, Guibour au franc marquis!

Page 1