‹ Chansons épiquesChapitre 14 sur 16 · ÉPILOGUE · texte numérisé non relu

ÉPILOGUE

Mais les barons ont assez chevauché.

Voici le bourg dans la plaine couché,

Voici les tours, l'enseigne s'y déploie;

La fière Geste en jette un cri de joie.

Par les prés verts s'épandent les barons,

Et le marquis fait sonner ses clairons.

11 rit, Guillaume, et pleure de tendresse :

— Voyez, dit-il, voyez ma tour maîtresse I

La flamme l'a noircie et les engins

En ont battu les vieux murs sarrasins ;

Mais là dedans était ma noble femme ;

Et rien ne fit, les engins ni la flamme ;

Elle a gardé la ville à son seigneur 1

Voyez comment j'avais placé mon cœur! » —

Il rit, Guillaume, et pour le reconnaître Croit voir Guibour monter à la fenêtre; Mais ni la guette en haut ne lui répond, Ni le portier ne fait tourner le pont; Point d'arbalète aux créneaux, point de lance; Toutes les tours font à la fois silence.

CHANSONS ÉIMQUES

Le franc marquis s'étonne : — « Ouvre, portier !

Je suis Guillaume, et, cette fois, entier!

Car en vainqueur j'ai fini ma journée ;

Et sépulture est à Vivien donnée !

Le Dieu de gloire a béni mon retour.

Ouvre, ami cher, ou fais venir Guibour ! »

Le portier vient, tourne en pleurant la face.

— C'est toi, dit-il; mais pour que je te fasse Venir Guibour, ainsi que tu le dis,

Me croirais-tu portier du paradis ? »

Guillaume entend, frémit. Le pont s'abaisse. Voici qu'à lui vient une dame abbesse, Et du perron son troupeau gémissant Par les degrés vers le marquis descend. Il saute à terre, entre elles il regarde ; Mais à parler comme l'abbesse tarde :

— Dames, dit-il, ne me le célez pas, Guibour, ma dame, est allée à trépas! —

— Comment, seigneur, vous le céler? dit-elle. Un trait lui fit plaie au côté, mortelle,

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