ÉPILOGUE
Mais les barons ont assez chevauché.
Voici le bourg dans la plaine couché,
Voici les tours, l'enseigne s'y déploie;
La fière Geste en jette un cri de joie.
Par les prés verts s'épandent les barons,
Et le marquis fait sonner ses clairons.
11 rit, Guillaume, et pleure de tendresse :
— Voyez, dit-il, voyez ma tour maîtresse I
La flamme l'a noircie et les engins
En ont battu les vieux murs sarrasins ;
Mais là dedans était ma noble femme ;
Et rien ne fit, les engins ni la flamme ;
Elle a gardé la ville à son seigneur 1
Voyez comment j'avais placé mon cœur! » —
Il rit, Guillaume, et pour le reconnaître Croit voir Guibour monter à la fenêtre; Mais ni la guette en haut ne lui répond, Ni le portier ne fait tourner le pont; Point d'arbalète aux créneaux, point de lance; Toutes les tours font à la fois silence.
CHANSONS ÉIMQUES
Le franc marquis s'étonne : — « Ouvre, portier !
Je suis Guillaume, et, cette fois, entier!
Car en vainqueur j'ai fini ma journée ;
Et sépulture est à Vivien donnée !
Le Dieu de gloire a béni mon retour.
Ouvre, ami cher, ou fais venir Guibour ! »
Le portier vient, tourne en pleurant la face.
— C'est toi, dit-il; mais pour que je te fasse Venir Guibour, ainsi que tu le dis,
Me croirais-tu portier du paradis ? »
Guillaume entend, frémit. Le pont s'abaisse. Voici qu'à lui vient une dame abbesse, Et du perron son troupeau gémissant Par les degrés vers le marquis descend. Il saute à terre, entre elles il regarde ; Mais à parler comme l'abbesse tarde :
— Dames, dit-il, ne me le célez pas, Guibour, ma dame, est allée à trépas! —
— Comment, seigneur, vous le céler? dit-elle. Un trait lui fit plaie au côté, mortelle,