‹ Chansons épiquesChapitre 7 sur 16 · A ORANGE · texte numérisé non relu

A ORANGE

Le voilà donc qui s'en va — Dieu le garde ! — Ce fier GuiHaume, et le chemin lui tarde ! Sur l'auferan, sous l'habit d'un païen, Il laisse aux champs la bataille, et Vivien, Et fuit, baissant la tête ; et la contre'e Fume alentour à la torche livrée.

Il va, le cœur gros de rage et d'ennui, Et son chemin tremble derrière lui :

Mille de ceux d'Afrique lui font chasse ; Il les devance, et fuit ; et la nuit passe,

' Ce récit est tiré « Aliscans » (vers 1597-2066).

Voici le jour. Il gravit le rocher, Et reconnaît sa tour et son clocher :

— « Ah ! juste Dieu, terre de'shéritée, En quel orgueil hier je t'ai quittée ! Mon ost en marche au ciel jetait des feux : Au premier rang chevauchaient mes neveux ; La lance haute, ils emplissaient les plaines. Et l'on eût dit une forêt de frênes ! Et je reviens, seul de tous ces barons, Et jamais plus nous ne nous reverrons ! Dame Guibour, qui leur fûtes nourrice, Qu'allez-vous dire, ô cœur d'impératrice. Quand vous saurez qu'a péri cette fleur ! Vous en mourrez, car c'est trop de douleur ! » Le cœur lui manque, il laisse aller sa tête, Quand son cheval au pied des tours s'arrête.

Au pied des tours l'a conduit le sentier, Guillaume appelle :

— A moi, dit-il, portier !

LE RETOUR DE GUILLAUME

Baisse le pont, tire les barres, frère ; Ouvre, on me suit ! »

Le portier dit : « Arrière ! »

A la tourelle au cri l'homme est venu. En haut se penche, et ne Ta poinf connu ; L'enseigne au clou de l'épieu balancée N'est point du Compte à la fière pensée ; Heaume et haubert sont armes de païen :

— « Retourne-t'en, faux traître, — dit-il, — chien I Tourne, ou Dieu m'aide et le baron saint Pierre ! Je te veux mettre à bas de cette pierre.

Fuis : Guillaume est de retour de l'Archant Et la poussière en est levée au champ ! Tu nous as crus des bergers, à ce compte !

— « Ouvre. Je suis Guillaume, dit le Comte, Qui pour l'Archant l'autre hier suis parti Venger mon deuil ; mais Dieu m'en a menti ; Morts sont mes gens ; pas un n'a trouvé grâce, Et le martyre est fini de ma race ! »

L'homme l'écoute et se signe éperdu, Et vers Guibour est tremblant descendu :

— « Dame, dit-il, ah ! Comtesse honorée ! Un homme est là, qui demande l'entrée ; Il est d'aspect orgueilleux et puissant,

Et son cheval et lui, vêtus de sang ;

Et l'enseigne est sarrasine, et le heaume ;

Et cependant il dit qu'il est Guillaume. »

Guibour l'entend : elle perd la couleur. La dame sort du palais peint à fleur.

Aux portes court et monte à la tourelle :

— i< Vassal, vassal, que me veux-tu? » dit-elle.

— « Ouvrez, Madame ; et hâtez-vous, c'est moi. J'entends d'ici la poursuite et l'aboi ;

Ils me tueront : c'est la race exécrée. Tirez la barre et donnez-moi l'entrée : Je suis blessé, Madame, et je suis las. »

Guibour répond : « Vassal, on n'entre pas. Car je suis seule en ce logis. Point d'hommes, Hormis un prêtre et ce portier ; nous sommes

LE RETOUR DE GUILLAUME

Femmes ici qui gardons nos enfants, Et le premier n'a pas encor neuf ans ; En grand souci de leurs pères, peut-être, Aux Aliscamps partis avec leur maître, Le noble Comte, aimé de moi ; que Dieu Me l'ait en garde, et Vivien son neveu ! Ces païens font une cruelle guerre ; Et seule ici je veille, et tiens sa terre, El n'ouvrirai le guichet ni la tour Que quand Guillaume y sera de retour. »

Ainsi la dame ; et, regardant la terre, Guillaume sent la pitié qui le serre.

Et, fil à fil, les larmes lui courir:

— Par votre foi. Madame ! il faut ouvrir. Je suis Guillaume, en douter est étrange, Qui vous conquis dans votre tour d'Orange ; Dame, écoutez, reconnaissez ma voix !

Au dur assaut dont j'ai porté le poids

Pour échapper, j'ai dû vêtir ces armes... Ah ! vous aurez à verser trop de larmes ! Ouvrez, Madame, et ne me livrez pas ; Le chemin tremble, on me suit, c'est leur pas, Et la poussière au ciel en est levée ! »

Guibour s'écrie : « Ah ! fausseté prouvée !

Et qu'on voit bien, vassal, à ce parler,

Comme au baron tu dois mal ressembler î

Ce n'est pas lui pour homme né de mère

Qui tremblerait, ni pour une poussière !

Non, par ma foi, je ne t'ouvrirai pas.

En ma cité jamais tu n'entreras

A moins qu'ôtant la ventaille et le heaume.

Tu fasses voir la face de Guillaume !

Mieux qu'au parler mes yeux te connaîtront.

Quitte le heaume et laisse voir ton front. »

Elle le veut : il baisse la ventaille,

Et lève heaume et capuchon de maille ;

— c( Voyez, dit-il, ma dame, et vous hâtez!... »

Et lui fait voir ses traits ensanglantés.

LE RETOUR DE GUILLAUME

Avant qu'elle ait dévisagé le Comte Et sous le sang vu la face, — un cri monte, L'orage aux champs crève : dame Guibour Voit cent captifs défiler sous la tour, Cent chevaliers qui passent à la chaîne, Et que pour vendre en leur cité lointaine Chassent du pied et hâtent du bâton Cent noirs d'Afrique à gueule de Pluton ; Et derrière eux trente dames, plus blanches Que fleurs en mai, toutes comtesses franches, Que dépouilla Tengeance sans aveu, Et réclamant justice ou mort à Dieu.

Guibour les voit, elle crie et s'indigne ; Guibour s'écrie : — « En voilà bien le signe ! Non, tu n'es pas ce marquis redouté, Le bras hardi par les Chansons vanté ! Tu n'aurais pas laissé battre de verges Ces chevaliers, ni dépouiller ces vierges

GHAxNSONS ÉPIQUES

Tu n'aurais pas souffert, par cette croix ! L'outrage au Ciel et l'horreur que tu vois ! »

« Dieu ! dit Guillaume, est-il plus noble dame?

Gomme Guibour veut éprouver mon âme !

Mais, par ce Dieu qui nous jugera tous,

Quand j'y perdrais le chef, et par ces loups

Serais tout vif démembré pièce à pièce,

Je jouterai devant cette comtesse !

Je suis Guillaume, et le lui dois montrer !

Car il est juste, ô Dieu, pour honorer

Ta sainte loi, qu'on souffre et qu'on découse,

Et rien ne doit coûter pour cette épouse ! »

Le Comte alors, faisant appel à Dieu, Coiffe le heaume et ressaisit l'épieu.

Pousse, et brochant le bon cheval de guerre, Sur les païens va choir comme un tonnerre !

Quelques vers manquent.

LE RETOUR DE GUILLAUME

Une huée en part : « Mahom! à l'aide !

« Holà ! quel est ce diable à qui tout cède ? *

A sa vêture ils l'ont pris pour leur roi

Qui les châtie, ils ne savent de quoi,

Et, plus tremblants que chiens, l'ont laissé faire ;

Le Comte pousse aux captifs, les déferre,

Et les envoie à l'ombre de la tour ;

La maie engeance en hurle tout autour ;

Il leur court sus, les chasse et les égorge.

Et l'on dirait un ferron dans sa forge.

Guibour l'a vu : « C'est lui. Père des cieux,

Dit la comtesse, il n'en peut être deux !

Hâtez- vous, sire ! Entrez, miséricorde !

Car de païens plaine et monts, tout déborde ;

Marquis, vos noms, vous les avez prouvés ;

0 mon seigneur, entrez, vous le pouvez! »

Guillaume entend la dame et sa prière.

Tourne la tête et regarde en arrière ; Il voit le pont qui s'abaisse, et, plaintifs. Passer dessous captives et captifs ;

Il voit GuiboLir qui l'attend sous la porte. Lors il revient solis sa muraille forte, Et, pas à pas, baissant de sombres yeux , Dans la Cité rentre silencieux.

LE RETOUR DE GUILLAUME

Voici le pont qui remonte, et la porte Close et barrée ; on tend la chaîne forte. Le fier marquis monte silencieux Et du pavé n'a pas levé les yeux ; Avant qu'il soit désarmé, plaine rase, Tertres boisés, fertés, bourgs, tout s'embrase ; Trente amirants, sous le ciel insulté, Posent le camp autour delà cité.

Ils ont juré de Teffacer de terre ; L'herbe y mourra ; dans ce lieu solitaire Pas un troupeau de cent ans ne viendra, Et pas un chien à Dieu ne hurlera.

Dame Guibour déceint la grande épée Encor brûlante ; et la broig^e, écharpée En quinze endroits ; et sous l'habit de fer. Plaie ou blessure, aussi baille la chair.

Guibour y verse et l'eau pure et le baume. Et cependant pleure et se tait Guillaume. •

Il pleure ; alors Guibour, le cœur saisi, Frappe des mains d'angoisse :

« Ah ! qu'est ceci ?

Je sens d'horreur mon âme déchirée !

Seigneur, je suis votre femme jurée ; J'ai cru par vous le Dieu que nous servons ; Et vous m'avez baptisée aux saints fonts ; Gomme à chrétienne et comme à vous égale, Vous me devez la vérité loyale.

<r N'ai-je pas fait que folle en vous ouvrant ?

Si vous étiez ce Guillaume au cœur franc,

Vous n'eussiez pas regagné seul le gîte ;

Mille barons viendraient à votre suite,

Vos sept neveux, que vous menez aux coups,

Et ce Vivien, qui m'est plus cher que tous ;

On entendrait maints jongleurs dans vos salles, ^

Et mainte vielle ; et sur les tours vassales

LE RETOUR DE GUILLAUME

Maints feux de joie enceindraient le pays ; Vous n'êtes pas Guillaume, et j'en frémis !

— « Fils de Marie, ô Dieu !... Dieu, dit le Comte,

Ce qu'elle dit est trop vrai pour ma honte !

Ma vie en pleurs à jamais va couler.

Il n'est pas droit, dame, de le céler ;

J'ai tout perdu, bataille et baronnage ;

En Aliscamps s'en est fait le carnage ;

Pas un n'a pu s'échapper ; seul j'ai fui ;

Et jusqu'ici, tant que le jour a lui.

Ces païens m'ont devant eux donné chasse. »

Guibour entend, Guibour pâme sur place ; Puis, jetant pleurs et cris :

— « Malheur à moi, Par qui mourut cette jeunesse 1 Hé quoi î Tous ont péri ? Terre, ouvre-toi ! Qu'on creuse Aussi ma fosse ! A jamais douloureuse.

Il tardera trop souvent à mes os Que je sois morte et couchée en repos ! »

Et l'on entend pleurer la noble dame ; Et dans Orange aussitôt monte et clame Vers le Seigneur la rumeur et le cri : « En Aliscans les barons ont péri ! »

Guibour se lève et s'écrie, elle tire

Ses cheveux d'or: « Sire! écoutez-moi, sire!...

— Qu'avez-vous fait, dites, de ces enfants ? Rendez-les-moi, sains et saufs, et vivants!... Où sont restés les enfants de vos frères, Bertrand, Guichard, hélas ! si téméraires. Si beaux hier sur leurs chevaux de sang ? Et ce Vivien, comme un lion croissant,

Que j'ai nourri, plein de grâces précoces. Car je n'ai pas eu d'enfant de vos noces ?

— Morts, ils sont morts, dit le duc rugissant ; Et chaque plaie en a jeté du sang. »

LE RETOUR DE GUILLAUME

« J'ai rencontré les païens dans la plaine

Entre le Rhône et la marine, pleine

Des noirs dromons qui les avaient vomis.

Dieu n'a jamais compté tant d'ennemis !

Ceux de Sicile, et de Thune, et d'Espagne,

Aussi serrés qu'épis dans la campagne,

Et ceux d'Afrique, où sont les monstres ... Dieu !

Nous les avons attaqués de Tépieu.

Leur chef était ce géant Abdérame.

Quatorze enfanls lui font cortège. Dame,

Vos sept neveux ont fait comme barons,

Bertrand, Gaudin, Guichard, tous aussi prompts,

Tous aussi fiers, et Vivien sur tout autre.

Tous champions du Christ, et lui, le vôtre !

Jamais Vivien d'un pas ne recula !

Mais la marine avait amené là

Tant de vaisseaux, dromons, galère ou barge ,

Qu'on aurait dit une forêt au large !

* Barque, nacelle. (L. G.)

Nous étions un pour trente ! Et sur le soir Je restai seul, et vous me pouvez voir, Las, et ma broigne en trente endroits faussée, D'un pan d'écu couvrant ma chair blessée, Et sur le dos mon heaume, au cercle ardent,

Dépouillé d'or et par les nœuds pendant

Si j'ai fui lors, excusez-m'en, madame.

— Vous n'avez point, sire, encouru de blâme, Répond Guibour ; les saints en sont témoins ! Dieu soit loué qu'on vous revoie au moins !

Elle l'accole et le couvre de larmes.

— Ahi î Bertrand, si joyeux sous les armes, Gaudin, Guichard, qui n'aviez pas vingt ans. Foulques, Gauthier, Gérard, fleurs de printemps ! Vous n'êtes plus ! — « Ceux-là sont de ce monde, Dit-il ; ferrés en une nef profonde

Ils vivent, dame, attendant guérison ; Mais ce Vivien, l'orgueil de ma maison I Je l'ai trouvé sous une olive antique.

Il a de moi reçu le viatique

LE RETOUR DE GUILLAUME

Et saintement rendu son gant à Dieu.

En ce baiser je vous rend son adieu ! »

— « Qu'en saintes fleurs Jésus mette son âme ! Il fut martyr » — dit mains jointes la dame.

Et tous les deux se taisent, et de pleurs Ils ont longtemps abreuvé leurs douleurs. A l'entour d'eux, deuils et clameurs augmentent Et l'on n'entend que voix qui se lamentent : « Las ! mon enfant ! mon père ! mon mari ! » Et jusqu'au ciel s'en est levé le cri.

MaisGuibour fut comtesse fîère et sage, Et fièrement relève le visage, Au comte parle :

— « Ah! qu'est ceci, seigneur?

Perdez-vous sens, dites, perdez-vous cœur? C'est trop pleurer ceux que Dieu veut qu'on venge ! Sire, écoutez. Votre terre est Orange.

Elle n'est pas. votre cité de prix,

Entre Orléans, bourg de France, et Paris ;

Elle est assise en terre sarrasine,

Et de Sicile et d'Espagne voisine. ^

Tibaut l'Arabe a juré par Mahom

Que vous n'auriez paix avec lui, sinon

La ville prise et sous ses dieux gisante.

Vous aurez guerre ainsi, rude et pesante,

Jusqu'à ce jour où Dieu nous jugera.

Chrétienne et vôtre Orange restera

Car vous comptez encore, en ce royaume,

Amis sans nombre, et vous êtes Guillaume !

Mande secours au puissant roi Louis.

11 te le doit ; c'est ton seigneur marquis,

Mande ton père ; en dépit de son âge

Il lèvera son immense lignage ;

Tous y viendront, ducs ou rois ; marche alors ;

Sauve les vifs, comte ; venge les morts !

Que ces païens n'emportent en leurs terres.

Nus et captifs, les six fils de tes frères î

Ni cet honneur — à moins de le payer, —

D'avoir tué Vivien le chevalier ! »

LE RETOUR DE GUILLAUME

/Guillaume écoute ; il pense : « Ah ! fût-il dame Jamais si sage, et tant de fierté d'âme?... »

Mais il se tait.

— « Seigneur, c'est trop songer.

Faites partir, dit-elle, un messager.

Qu'il aille en France, à votre sœur, l'épouse De l'empereur, certe, et des siens jalouse ;

A votre mère Ah ! quand elle saura

Tant de douleurs, comme elle hâtera Son droit seigneur à la barbe fleurie.

Et sa lignée, et sa chevalerie !

En doutez-vous, qu'ainsi vous demeurez Silencieux ! Sire, vous les verrez, Quand ils sauront la détresse où vous êtes, I Et quel orage a fauché tant de tètes, Et jusqu'ici fuyant chassé vos pas...

— « Dame, dit-il, ils ne le croiront pas.

Si je n'en fais le récit en personne,

Qui le croirait? D'ailleurs, Dieu me pardonne,

CîIANSONS ÉPIQUES

J'ai tant de fois aux champs conduit le Roi ! Ceux-là de France ont peiné tant pour moi ! lis ne voudront, quoique l'affront les touche, Entendre au cri, que s'il sort de ma bouche î... Moi seul parlant pourrai les émouvoir... Or c'est ici, dame, qu'est mon devoir.

11 ne sera pas dit ce mot étrange Que le marquis vous laissa dans Orange, Seule, affolée, et ces démons d'enfer, Battant vos murs, comme une nef en mer !... Toute ma Geste en resterait honnie!...

Nous nous devons pour mourir compagnie.

— « Allez, seigneur ! lui dit la Dame. Allez, Car il le faut. Vous même allez. Parlez Vous-même, afin qu'ils en croient leurs oreilles, Quand vous direz ces sanglantes merveilles !... Faites en France à votre cri lever Qui croit au Christ, afin de nous sauver. Je reste, moi, gardienne de la porte Et de la tour. Sire, la ville est forte :

LE RJITOUR DE GUILLAUME

Cent chevaliers ce soir y sont entrés,

Que vous avez de vos mains déferrés.

S'il ne suffit, nous y ferons nos preuves.

Il est ici des vierges et des veuves

Que vêtiront le haubert et ceindront

L'épée au flanc, pour se garer d'aff'ront.

Sire, aux créneaux je serai la première,

Etant déjà d'y veiller coutumière.

Pierres ni traits aux engins ne faudront

Et nuit et jour les fourneaux brûleront.

La Vierge m'aide, et saint Michel Archange î

Nous garderons votre cité d'Orange ;

Allez en France, au pays désiré,

Mon cher seigneur, et chez vous j'attendrai. ^

Elle se tait. Sur son cœur il la presse, Et l'un pour l'autre a frémi de tendresse. Lors s'inclinant :

« Soit fait à votre gré.

Dame Guibour, — dit le Comte — . J'irai. »

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