L'ATTAIGNANT
L'abbé L'Attaignant, était, ma foi ! un abbé qui n'engendrait pas la mélancolie. Il fréquentait la haute société et en partageait tous les plaisirs.
11 était surtout amateur de fins soupers ; que de fois il roula sous la table en psalmodiant un erotique couplet.
Nous citerons de ce chansonnier :
l'amant discret
Air : Dans ma cabane obscure.
J'aime plus que ma vie Un objet plein d'appas ; Est-ce Aminte ou Sylvie ?
Je ne la nomme pas.
Je consens qu^on devine A ma façon d'agir, (Juelle est mon héroïne; (ja fait toujours plaisir.
Je ne crains auprès d'elle Ni rivaux, ni jaloux, Ni le soin, ni le zèle D'un trop heureux époux.
Je vois sans jalousie Les baisers de Zéphir; Elle en est embellie :
(ja fait toujours plaisir.
Le matin, c'est l'Aurore Que je crois voir lever; Dans un jardin c'est Flore Que je crois y trouver. Tout, quand elle est absente.
Ou m'en fait souvenir, Ou me la représente ; <ja fait toujours plaisir.
Qu'une beauté nouvelle Se présente à mes yeux.
J'en fais le parallèle, Et nulle autre n'est mieux.
Je crois, quand je sommeille,
Dans mes bras la tenir; Et quand je me réveille, Ça fait toujours plaisir.
Nous cileioiis encore de ce bon abbé L'Altaignan l ce couplet si connu :
J'ai du bon tabac dans ma tabatière, J'ai du bon tabac, tu n'en auras Pas.
J'en ai du fin et du râpé, Ce n'est pas pour ton fichu nez.
J'ai du bon tabac dans ma tabatière, J'ai du bon tabac, tu n'en aui'as Pas.
L'abbé Gabriei-Ciiarles de L'Altaignantest mo: l en 1779, à Paris, où il était né, en 1697.