HIPPOLYTE DEMANET
Hippolyte Demanet est un des chansonniers parisiens les plus féconds. Il est connu de tous les goguettiers. Pendant quelques années, il fut membre actif de la « Lice chansonnière ».
Parmi ses productions lyriques, nous citerons : Le Chemin de la Vie, Aimons-nous, Chacun s'amuse à sa manière, Trop tôt venue et La Royauté mise sur le tapis.
Il sera représenté parmi nos rimeurs politiques par : la Nouvelle Carmagnole.
Espoir, bourgeois et travailleurs, Nous revoirons des jours meilleurs.
L'arbi'e d' la Liberté Parmi nous est planté.
Dansons la Carmagnole, vive le son Du canon.
Par un roi, le peuple enchaîné Vers l'abîme était entraîné.
Chacun était réduit.
Vainqueurs tous aujourd'hui, Dansons la Carmagnole, vive le son Du canon.
Enfants, vieillards se sont levés ; Le trône, assailli de pavés.
Croule en quelques moments :
Sur ses débris fumants, Dansons la Carmagnole, vive le son Du canon.
Plus de rivaux, plus de partis ; Le sort confond les appétits.
Tenant de l'Éternel Le bidon fraternel, Dansons la Carmagnole, vive le son Du canon.
Si l'étranger, plein de terreurs, Menace encor de ses fureurs.
Le pays combattant L'ira vaincre en chantant :
Dansons la Carmagnole, vive le son Du canon.
Chassant tyrans et potentats, Affranchissant tous les Etats,
Lombard, Slave et Germain,
En nous donnant la main.
Dansons la Carmagnole, vive le son Du canon.
Ne formant qu'un faisceau d'amis,
Du bonheur aux élus promis,
Le monde est héritier,
Sur tout le globe entier.
Dansons la Carmagnole, vive le son
Du canon.
Cette chanson fit les délices des carrefours populeux.
VICTOR DRAPPIER
Le chansonnier Drappier avait oublié les flonflons de sociétés chantantes, en 1848, pour faire honneur à la Révolution, par les chansons suivantes : Le Drapeau de la Démocralie, Gloire à la République, le Carnaval des Riches et Respect aux Monuments.
Le mercredi soir, 523 février 1848, il chantait à ses amis, sur les barricades, ces couplets du Drapeau de la Démocratie :
Air : Les /rois couleurs.
Le temps n'est plus où les peuples esclaves Courbaient le front devant les oppresseurs; La Liberté vient briser leurs entraves, La Liberté veut d'ardents défenseurs.
Allons, debout, France, plus d'inertie!
De tes tjrans brave enfin le courroux ! Sous les drapeaux do la démocralio, L'heure a sonné; cilojens, rangez-vous!
L'heure a sonné; l'abus, ce monslrc informe Qui si longtemps sut entraver nos pas, Dans les assauts de l'active réforme Va succomber, étouffé dans ses bras; Les cris vainqueurs de la foule grossie A l'ennemi portent les premiers coups.
Sous les drapeaux de la démocratie, L'heure a sonné; citoyens, rangez-vous!
Hangez-vous tous ; que pas un ne recule, Que pas un cœur ne reste indifférent.
Accomplissons cette lâche d'Hercule; Que le succès s'organise en courant.
Le cœur brûlant de la jt une Helvétie Bat de triomphe et fait des vœux pour nous. Sous les drapeaux de la démocratie.
L'heure a sonné; citoyens, rangez-vous!
Tournez les yeux vers le Sud qui se lève; Naple et Palerme, après un long sommeil, Pour nous montrer comment finit un rêve, En li'aits de sang impriment leur réveil. Leur atmosphère est enfin éclaircie ; Le pouvoir tombe et râle à leurs genoux. Sous les drapeaux de la démocratie, L'heure a sonné; citoyens, rangez-vous!
Peuple, debout! Paris, reprends les armes! Combats, triomphe, et montre à tes tyrans, Aux jours de lutte et de grandes alarmes. Ce que lu vaux et la part que tu prends : Frapper au cœur leur vaine autocratie, Peuple indompté, c'est le devoir de tous.
Sous les di'apeaux de la démocratie, L'heure a sonné; citoyens, rangez-vous î
Dans les autres chansons citées, ci-dessus, brille également le plus ardent patriotisme.