‹ Chansons et chansonniersChapitre 31 sur 68 · GUSTAVE LEROY · texte numérisé non relu

GUSTAVE LEROY

Gustave Leroy est un chansonnier populaire dans la bonne acception du mot. II a, dans le peuple, une réputation faite. C'est à juste titre qu'on l'aime et qu'on l'applaudit. Sous l'Empire, il ne se gênait pas, dans les goguettes, pour décocher quelques flèches bien empoisonnées et bien aiguës contre Vaigle impériale; il avait le courage de dire ses pensées, sans se soucier plus que ça de Cayenne ou de Lambessa.

Gustave Leroy fut un des premiers à acclamer les journées de Février et le nouveau régime qu'elles apportaient à la France. Il fit, dans son enthousiasme, une chanson qui eut beaucoup de vogue. Elle s'appelait :

LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Air ; Vivu l'aria.

Salut, salut, auguste République ; Viens nous donner le règne de la loi.

172 CHANSONS ET CHANSONNIEHS

Dans mes chansons, guérillas politique, Pendant dix ans, j'ai combattu pour toi. Aux fiers accents de notre Marseillaise, Rends-nous enfin le bonheur et nos droits. Salut, salut, Hépublique française.

Je puis mourir, je t'ai vue une fois.

(ironde, tocsin!... de fortes barricades Vont t'embellir, pittoresque Paris.

Malgré soldats, canons et fusillades, La République apparaît à nos cris.

La Royauté, ce fai'deau qui nous pèse.

D'un trône en poudre a quitté les parois. Salut, salut. République française, Je puis mourir, je t'ai vue une fois.

Vers l'avenir (|ue nos chefs nous conduisent. Que voulons-nous? des travaux et du pain ; Que nos enfants à l'école s'instruisent, Que nos vieillards ne tendent plus la main. Moins arriérés qu'en l'an quatre-vingt-treize, Sachons unir la justice et les lois.

Salut, salut, Mépubliquc française.

Je puis mourir, je t'ai vue une fois.

Courons brûler le trône d'un parjure Sur les débris des héros de Juillet.

Brûlons ce trône!.... et que leur sépulture Retrouve enfin ce droit qu'il reniait.

Le bois, la soie et l'or deviennent braise, La Royauté chauffe nos membres froids.

Salut, salut, République française, Je puis mourir, je fai vue une fois.

Consolez-vous! plus de pleurs, pauvres veuves; Oh! que vos cœurs soient fiers de nos martyrs ! Songez qu'il faut de sanglantes épreuves ;

N'écoute? pas les tendres repentirs, Car lorsqu'au front la Liberté nous l)aise, Sous son baiser le sang vient quelquefois ! Salut, salut, République française, Je puis mourir, je t'ai vue une fois.

Plus d'incendie... Oii ! ces tristes furies Pourraient salir la Révolution ; Ce vieux château, nommé les Tuileries, Pour l'avenir dote la nation.

Vieux ouvriers, allez mourir à l'aise Dans ce palais du dernier de nos rois. Salut, salut, République française.

Je puis mourir, je t'ai vue une fois.

Gustave Leroy publia d'autres chansons dont voici les titres : Peuple et Bourgeoisie, les Hommes de la veille et ceux du lendemain, et les Députés de 18'i8.

Elles avaient toutes le succès qu'elles méritaient, surtout lorsqu'il les chantait lui-même de sa voix rauque et sentencieuse.

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