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ALEXANDRE FLAN

Alexandre Flan est Parisien. Il était né rue Saint-IIonoré en 1824. Ses parents étaient dans le

commerce, ils tenaient un grand magasin de cristaux et de porcelaine. Dès l'âge de onze ans, Alexandre Flan fut mis au collège où il fit d'excellentes études. Il était studieux et travaillait avec la plus grande facilité. Il était de ces élèves qui accaparent tous les premiers prix de leur classe à la fin de l'année.

Son père, comme la plupart des pères, avait, dans son esprit, disposé de l'avenir de son fils : il s'était dit : Alexandre sera avocat, et la vocation fit de l'enfant un vaudevilliste amusant et un spirituel chansonnier.

II fit ses débuts dans l'art dramatique, aux petits théâtres du boulevard du Temple, ayant pour amis et collaborateurs : Guénée, Paul Avenel, Ernest Blum et Amédée de Jallais.

Sa grande facilité de travail le porta à faire des œuvres de circonstance, légères et fugitives. Son œuvre se compose principalement de revues de fin d'année, montées avec un luxe de décors et une escouade de jeunes et jolies femmes. Il tournait à merveille les couplets et les rondeaux, qui foisonnent dans ce genre de pièces et en font tout le succès. Parmi son bagage théâtral, nous citerons en première ligne, ses revues ayant pour titre: Lâchez tout! Zut au berger, elBuqui s'avance, qui eurent chacune plus de cent représentations. Nous ne parlerons pas des cinquante vaudevilles qu'il fit avec divers collaborateurs; nous ne devons ici, que nous occuper seulement du chansonnier et non de l'auteur dramatique.

Alexandre Flan était apte à tous les genres de pièces, comme il était apte à tous les genres de

chansons; son esprit obéissait facilement à sa volonté et sans fatigue se pliait à tout. Il entra au Caveau en 1864 comme membre titulaire et en fut nommé le président en 1867. On ne pouvait faire un meilleur choix; il était bon, indulgent, et sans être un ardent républicain, il admettait la République plutôt que l'empire, et le royalisme du Caveau ne l'olfasquait pas. Ce qui ne l'empêcha pas de fonder, avec F. Polo, le journal VEcHpse. Ses articles, dans celte feuille, étaient généralement signés de pseudonymes : Adrien Leullier et Justin Langlois.

En 1868, il devint le rédacteur en chef de la Chanson illustrée dont le gérant était F. Polo. Cette publication eut un grand succès. Nous y retrouvons encore des articles avec ses pseudonymes; il tenait l'emploi de l'homme-orchestro dans la rédaction; à lui seul, il jouait de tous les instruments. Ainsi, Veuillot chansonnier, le Franc- Boisij prussien sont sous la signature de .Justin Langlois; V Avenir du piano sous le nom d'Adrien Leullier, et Horrible histoire!!! Le Cigare d'un sou sont signés Alexandre Flan.

Ce que nous en disons n'est pas pour le critiquer, c'est seulement pour montrer la diversité et la flexibilité de son esprit,

Alexandre Flan était d'un commerce agréable, bon et très obligeant. L'envie n'était jamais entrée dans son àrae, ni la jalousie dans son cœur. 11 voyait le succès d'un camarade sans en dire du mal, ce qni est rare dans ce qu'on est convenu d'appeler la grande famille dramatique.

Nous citerons, parmi ses œuvres, la chanson

intitulée : Le Cure-dent du colonel; il l'avait composée quelques semaines seulement avant sa mort tragique.

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