‹ Chansons et chansonniersChapitre 45 sur 68 · ERNEST BOURGET · texte numérisé non relu

ERNEST BOURGET

Bourget (Alexandre- Joseph, dit Ernest), naquit à Paris, le 10 mars 1814. Il fit ses études au collège de Juilly. Après avoir cherché son chemin vers l'avenir dans diverses occupations qui ne convenaient point à ses goûts, il s'adonna entièrement aux lettres et devint auteur dramatique et chansonnier.

Parmi ses succès dramatiques nous citerons

trois grands drames en cinq actes, joués au théâtre de la Porte-Saint-Martin : les Nuits de la Seine, en collaboration avec Charles Dupeuty ; la Dame de la Halle et les Chevaliers du Brouillard, avec Adolphe d'Ennery, et Tromb-Alcazar, pièce-houffe avec Dupeuty et OfFenbach.

En dehors de ces grandes machines dramatiques, comme il les appelait lui-même, Bourget se fit une réputation toute particulière, comme chansonnier, dans les dernières années du règne de Louis-Philippe. Ses chansons étaient des tableaux de mœurs, de véritables scènes comiques prises sur le fait, voilà pourquoi il avait besoin d'artistes dramatiques comme Levassor, Achard, Leménil ou Berthelier pour leur interprétation. Ses collaborateurs ordinaires pour la composition de la musique étaient : J.-B. Josse, A. Marquerie, Victor Parisot et Paul Ilenrion.

Les chansons d'Ernest Bourget étaient non seulement chantées sur les théâtres du Palais-Royal et des Variétés, mais encore dans les salons, par les artistes que nous venons de nommer.

Le café-concert n'en était encore qu'à sa création et l'on était loin de penser qu'il aurait le développement qu'il a aujourd'hui.

En ce temps-là, c'étaient les éditeurs de musique qui exploitaient les romances et les chansons. Ils fournissaient répertoire et chanteurs aux soirées aristocratiques ou bourgeoises de Paris. La musique pour piano était fort eu honneur, et il n'était pas de salon musical qui ne possédât les albums de Paul Ilenrion ou de Masini. Les romances et les chansons qui les composaient partageaient la vogue

prodigieuse des scènes comiques d'Ernest Bourget.

Le nombre de ses chansons est considérable. Nous ne citerons que les plus populaires : Jean- Bonhomme, Prodige de la Chimie, le Père Coupetoujours, marchand de galettes, Trente francs de récompense, Chien perdu, exécutées par Achard, du théâtre du Palais-Royal; VÉcrivain public, Appartements à louer, par Levcissor, aussi du théâtre du Palais-Royal, ensuite des Variétés; la Mouche du Tambour-Major, interprétée par Leménil, du Palais-Royal ; l'Embarras du choix, par mademoiselle Léontine, du théâtre de la Gaîté; VHumour britannique, par Berthelier. Et encore : V Infusion des omnibus, le Bracomiier, les Canotiers, les Débardeurs, les Enfants terribles, VEtudiant, le Phrénologiste, le Puits de Grenelle, le Roi des Dentistes, le Diner de ma Tante, Voyage de madame Giboulard, etc., etc., et nous en oublions beaucoup et des meilleures.

Presque toutes ces scènes sont avec parlé, et souvent ce parlé est plus important que la partie versifiée. L'artiste joue autant qu'il chante. Nous allons donner, comme spécimen de la manière de faire de notre chansonnier : Speech, chansonnette anglaise, qui fut chantée fort longtemps avec un énorme succès par Berthelier. La musique est de G. Baneux.

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