‹ Chansons et chansonniersChapitre 5 sur 68 · LA MEUNIÈRE DU MOULIN A VENT · texte numérisé non relu

LA MEUNIÈRE DU MOULIN A VENT

En amour je suis très savant

De plus d'un' manière.

Depuis qu''un jour qu'il' f sait du vent, Par derrière comm' par devant

J'ai vu la meunière

Du moulin à vent.

— Je me promenais très souvent

Près de la rivière; L'moulin à eau dorénavant Ne me plaira plus comme avant.

J'ai vu la meunière

Du moulin à vent.

— Je lui dis : Je suis bon vivant;

Aimez-moi, ma chère :

Vous verrez qu'avec moi le vent Soufflera toujours du levant,

Pour la beir meunière

Du moulin à vent.

— Mais c'est une tête à l'évent :

Eir tourna 1' derrière ; Et, refermant son contrevent, Eir me laissa triste et rêvant

A la beir meunière

Du moulin à vent.

J' voulais, plein d'un zèle fervent,

Faisant ma prière, M'aller jeter dans un couvent, N' pouvant pas ôtr' frère servant

D' la belle meunière

Du moulin à vent.

— J'allai la voir le jour suivant,

Elle fut moins fière.

Se tourna mieux qu'auparavant ; Et le lendemain, par devant,

J'ai vu la meunière

Du moulin à vent.

— D'un au Ire moyen me servant.

J'allai chez V notaire; Et sur le contrat écrivant, J' dis : Mettez, passé par-devant :

J'épous' la meunière

Du moulin à vent.

Tout le monde connaît le gai refrain de cete chanson, mais est-il beaucoup de gens qui l'aient jamais lue tout entière?

Nous devrions, ici, parler de la fondation du Caveau, qui eut une si grande influence sur l'avenir de la chanson ; mais, avant, nous dirons un mot sur Piron et Panard, dont les œuvres chansonnières sont moins connues que leurs noms.

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