LA MEUNIÈRE DU MOULIN A VENT
En amour je suis très savant
De plus d'un' manière.
Depuis qu''un jour qu'il' f sait du vent, Par derrière comm' par devant
J'ai vu la meunière
Du moulin à vent.
— Je me promenais très souvent
Près de la rivière; L'moulin à eau dorénavant Ne me plaira plus comme avant.
J'ai vu la meunière
Du moulin à vent.
— Je lui dis : Je suis bon vivant;
Aimez-moi, ma chère :
Vous verrez qu'avec moi le vent Soufflera toujours du levant,
Pour la beir meunière
Du moulin à vent.
— Mais c'est une tête à l'évent :
Eir tourna 1' derrière ; Et, refermant son contrevent, Eir me laissa triste et rêvant
A la beir meunière
Du moulin à vent.
J' voulais, plein d'un zèle fervent,
Faisant ma prière, M'aller jeter dans un couvent, N' pouvant pas ôtr' frère servant
D' la belle meunière
Du moulin à vent.
— J'allai la voir le jour suivant,
Elle fut moins fière.
Se tourna mieux qu'auparavant ; Et le lendemain, par devant,
J'ai vu la meunière
Du moulin à vent.
— D'un au Ire moyen me servant.
J'allai chez V notaire; Et sur le contrat écrivant, J' dis : Mettez, passé par-devant :
J'épous' la meunière
Du moulin à vent.
Tout le monde connaît le gai refrain de cete chanson, mais est-il beaucoup de gens qui l'aient jamais lue tout entière?
Nous devrions, ici, parler de la fondation du Caveau, qui eut une si grande influence sur l'avenir de la chanson ; mais, avant, nous dirons un mot sur Piron et Panard, dont les œuvres chansonnières sont moins connues que leurs noms.