‹ Chansons et chansonniersChapitre 50 sur 68 · PAYSAN ET PAYSANNE · texte numérisé non relu

PAYSAN ET PAYSANNE

Vêtus d'une étoffe grossière, En sabots, la main dans la main, Deux amoureux, de leur chaumière.

Vers le soir prenaient le chemin.

Du rossignol, dans la charmille.

Ils n'écoutaient pas la chanson.

Mais c'était une belle fille, Et c'était un joli garçon.

Ils suivaient les bords de la Haine,

Dans les grands prés, vers les grands bois.

Jetant aux échos de la plaine

Leur gros rire, leurs mots patois.

Ils n'ont pas eu dans leur famille

Chaque jour la bonne leçon ;

Mais c'était une belle fille,

Et c'était un joli garçon.

Au coude que fait la rivière, Spectacle vraiment sanspai-eil.

Je les vois en pleine lumière :

Quel artiste que le soleil !

De pourpre et d'or il les habille :

Dieu souriait à l'horizon!

Et j'admirais la belle fille.

Et j'admirais le beau garçon.

Un gamin jouant sur la rive. Tombe et jette un cri déchirant.

La fille est plus morte que vive, L'homme plonge et sauve l'enfant!

Dans nos yeux une larme brille.

Nos cœurs haltont à l'unisson...

Je serrai la main de la fille, Je serrai la main du garçon.

Antoine Clesse a publié ses chansons en deux magnifiques volumes, et, depuis 1874, il était membre de la « Lice chansonnière » de Paris. Il y venait rarement : il aimait tant Monsl Ne dit-il pas :

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