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VIVE MONS

Air : Soldat français,

Mons fièrement montre à nos chers Wallons, A nos pays charbonniers, agricoles, Son faîle immense et ses riches vallons, Ses boulevards, ses temples, ses écoles; Sur les clochers domine son beffroi Que de si loin on peut voir à la ronde. Semant dans l'air l'épouvante et l'effroi, L'aigle égaré se pose comme un roi Sur le plus beau beffroi du monde !

Mons fit sortir de ses flancs généreux Squares, musée et bronzes magnifiques ; Bibliothèque, aux trésoi's si nombreux ; Hôtel de Ville aux nervures gothiques ; Et la grand'place où les concerts d'été Font accourir et la brune et la blonde : Elles ont tout , courage, esprit, bonté ! Nous sommes fiers d'avoir dans la cité Les plus belles filles du monde !

Des voyageurs les plus audacieux J'ai dévoré les livres dans mes veilles ; J'ai vu souvent, et de mes propres yeux, J'ai vu Paris, la Reine des Merveilles... De nos hivers l'oiseau fuit la rigueur ; Mais, sous des cieux que la lumière inonde,

Le nid d'amour pour lui reste vainqueur. Mons est toujours", pour mon âme et mon cœur, La plus belle ville du monde !

Le premier volume de ses œuvres a pour titre : Chansons, tout simplement, et porte la date de 1866. — Le second, intitulé : Nouvelles Chansons et Poésies, a paru en 1888.

En 1848, Déranger écrivait à Antoine Clesse : « Vous voilà, selon moi, au premier rang des chansonniers de notre époque. » (Voir la correspondance publiée par l'éditeur Perrotin.)

En 1866, Viclor Hugo lui offrit son portrait avec cette dédicace : «Au poète national et populaire de la Belgique, à Antoine Clesse. Bruxelles, 1866. — Victor Hugo. »

H a en effet obtenu de grands succès populaires : en 1852, il fit — paroles et musique — la Bière, qui est devenue, en Belgique, un chant national. Elle a été traduite en flamand, en hollandais, en allemand et en anglais.

Nous citerons encore, parmi ses bravos de la rue : Mon Étau, la Fourmilière, Ce que veut Vouvrier, Une Iminortelle, les Petits Airs et les petites Chansons, Que je suis fier d'être fils d'ouvrier, le Roi des métaux, le Pauvre Artiste, etc. Tout Mons fredonne ces couplets.

Nous avons dit plus haut qu'il avait été décoré. En juin 1854, le roi Léopold P'ie créa chevalier de son ordre, et, par un arrêté du 11 juin 1888, le roi Léopold H l'a promu au grade d'officier de rôrdre de Léopold.

M. Lockroy, ministre français de l'instruction

publique et des beaux-arts, a nommé Antoine Clesse officier de V Instruction publique, pour ses œuvres poétiques, c'est-à-dire comme le plus grand chansonnier de la Belgique.

La chanson est donc honorée quelquefois comme elle le mérite !

Antoine Clesse est mort le 9 mars 1889, dans sa soixante-treizième année, à Mons (Belgique).

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