CHANSON DES MATELOTS
0 Vierge glorieuse Marie! donnez-moi (votre) assistance — pour chanter un gwerz ' nouveau : je vais le commencer;
Il a été composé sur quatre matelots de Quimper-Guézénec — qui sont allés (sortis) avec une barque neuve pour la première fois,
Qui sont sortis avec une barque neuve pour la première fois : — il n'y a aucun d'eux qui soit sauf.
Pour consoler leur mère -ils lui avaient dit : — « Puisque nous sommes mis sur l'eau (partis déjà, voués à la mer), nous y retournerons encore'. »
Lorsqu'ils eurent chargé leur bateau et (qu'ils furent) prêts à sen aller à la maison, — se levèrent de la pluie et du vent, hélas! un terrible temps ;
i. C'est donc un gwerz.
2. Evidemment je ne tiens cette chanson qu'à l'état informe et fragmentaire ; autrement ce serait là une finfçulière façon de consoler une mère.
GVVEHZ ET SONN {\{
Mu savaz glao hag awel, siouaz! eur goall dourmant, Ma deuz renkel perisan elin ho batimant.
Pipi ar Bouder a 1ère, eunn den a gourach vad
Pini savaz benn ter gwech ter gwech war bord he vag,
Pini save ben ter gwech ter gwech war bord ann dour 0 c'houlen ar Werc'hez Vari mamrri Jezuz dhen sikoui'.
Ha kriz vije ar galon ha kriz neb na oelje En bord ann enezen Goad, ann hini a vije
0 welet pewar gorf maro manet en est-al-lin ' 0 c'hortoz koat pe lien ewid ho lienin.
Eur c'hanod deuz a Vriet o tistrei da Bontre 'N euz anonset ar c'helo an de deuz ar heure,
An euz laret d'ar Bouc'her a oa beuet he vag Ha fraillet dre ann anter e boid ann enez Koat :
1. Estai-lin, est-ce ud nom propre de lieu ? est-ce une époque de l'aaaée, Vété du lin, le mois de juin... ? Le chanteur lui-même n'en savait rien.
Il se leva de la pluie et du vent, hélas ! une (si) terrible tourmente,
— que dut (en) périr enfin leur bâtiment.
Pierre le Bouder disait, un homme de bon courage, — qui se leva par trois fois, trois fois, sur le bord de sa barque,
Qui se levait par trois fois, trois fois, à fleur d'eau, — en demandant à la Vierge Marie, mère de Jésus, de le secourir '...
Et inhumain eût été le cœur, et inhumain celui qui n'aurait pleuré
— aux bords de File Coat, celui qui aurait été
A voir quatre cadavres restés à est-al-lin (?) — en attendant du bois (des cercueils) ou des linceuls pour les ensevelir.
Un canot de Bréhat, retournant à Ponlrieux, — a annoncé la nouvelle, le jour, au matin,
A dit à Bouher qu'avait sombré sa barque — et (qu'elle avait été) féhdue par la moitié aux bords de l'ile Coat :
1. Cette phrase est sans doute incomplète, puisque les mots en apostrophe n'y sont pas mais on n'a ancune peine à rétablir le sens.
— Ha posub ve diand Done me laket ma oU vad 'Wid ober eur vag newe ha beuin ma zri mab!
Ha c'hoaz 'wit koll ma mado me na ran keta gaz, Mes l)eui!i ma zri biigel ze ra d'in glac'har vraz.
Me wel ari ma zri bugel — mes na antreont ket — 0 vonet da interin da Gemper-Gwezenek.
«Serait-il possible de la part de Dieu que j'eusse mis tous mes biens — à faire une barque neuve et noyer mes trois tils !
Et encore pour perdre mes biens je ne fais pas de cas; — mais noyés mes trois enfants, cela me donne une grande douleur.
Je vois arriver mes trois enfants (mais ils n'entreront dans pas ma maison) — allant (passant) pour être enterrés à Quimper-Guézénec.
Ar Vartoloded , comme Ar Viiiorez , ma été chanté par Le Guluche, de la Roche-Derrien. Ce gœerz est particulier à la la presqu'île de Paimpol et de Tréguier.
Il va sans dire que les histoires de mer abondent dans cette poésie populaire. Cependant les chansons de bord n'existent plus en Bretagne (Y. p. 15). Les matelots bretons sont célèbres aux quatre coins du globe, et ils ont pour adversaires dans les récits toujours les Anglais; mais les pauvres marins ne redoutent que la mer, et ce n'est que d'elle qu'ils craignent la mort.
Evidemment, je uai qu'un fragment de la complainte des Marins de Quimper-Guézénec. Les vers en sont bien maltraités; la plupart sont de treize pieds, et la pièce entière doit se tenir sur celte mesure. La mélodie ne pourrait pas seule nous renseigner irréfutablement : car il s'agit d'un gœerz, où le chanteur ne se gêne [guère pour ajouter ou retrancher une note, selon le besoin du vers.
GVVERZ ET SONN 113
AR VAZ
Ar sul kenta a viz gwengolo, A oe embannet al lezenno;
Gourc'hemen da denna billet E kanton Prat a eo asinet.
Bep ma tostae d'ann deiz-ze, Ann dud iaouang a 'n em jene;
Ma larent oll dre ho mouezio :
— Ken la 'denno vo ar maerio;
Neuze a tenno ann notabled Hag ar veleien sitoianed.
Ni 'rai sin ar groaz en bon c'herc'hen Evit ma tennfomp ann hini wenn. —