‹ Chansons et danses des Bretons. --Chapitre 24 sur 90 · LA TOURTERELLE · texte numérisé non relu

LA TOURTERELLE

Beaucoup de temps j'ai perdu à fouiller les bois, — cherchant à surprendre une tourterelle endormie sur les branches; — j'ai brûlé mon amorce, mon coup est allé à mal (a manqué) : — la tourterelle s'est échappée et envolée dans un autre bois.

Le soir et le matin, lorsque j'entends les oiseaux — chanter, gazouiller, perchés au haut des arbres, — iln'est aucun d'eux quipénètre mon cœur — comme la voix de la tourterelle qui pleure son amant :

« Il n'y a ni soutien, ni remède, ni consolation — qui soient capables de venir calmer les tourments de mon cœur; — je suis brisée par la douleur, je m'en vais mourir; — mais je ne mourrai pas contente si je ne meurs fidèle.

«Mon cœur est à se dessécher, brisé parla douleur, — commeàune pauvre veuve qui a perdu son compagnon. » — Il n'est aucun d'eux qui pénètre mon cœur — comme la voix de la tourterelle qui pleure son amant.

Petra, turzunel iaouang, a dourmand da galon ?

— KoUet am euz, emez-hi, ma fidelan mignon. Gant ma dai ar chaseer da cher d' in merwel !

Met na varwin ket kontant, ma na varwan fidel. -:-

Mizilour skier ha brillant deuz ar fidélité, Ar model ar sinseran demeuz ar garante!

— Me na varwin ket kontant, ma na varwan fidel. — Birwiken na dizonjin maro ann durzunel.

Chanlépar Jeanne-Yvonne Le Rolland etJoséphine Tanguy, de Lammerin.

Quoijeune tourterelle, (qu'est-ce qui) tourmente ton cœur. — « J'ai perdu, dit-elle, mon plus fidèle ami. — Pourvu que vienne le chasseur me faire mourir ! — Mais je ne mourrai pas contente, si je ne meurs fidèle. »

Miroir clair et brillant de la fidélité; — le modèle le plus sincère de l'amour ! — « Je ne mourrai pas contente, si je ne meurs fidèle. » — Jamais je n'oublierai la mort de la tourterelle.

La chanson de « la Tourterelle » est toute moderne. On la vend, sur une feuille volante, à la librairie Le Goffic (de Lannion), qui en aurait la propriété. L'intrusion des mots français y est considérable. Ce qui n'empêche pas d'être en grande vogue cette plaintive tourterelle, un sonn allégorique. C'est que le peuple a le même goût que les enfants pour les oiseaux et les êtres qui vivent dans une intimité spéciale avec la nature. Les femmes surtout ont une prédilection pour cette chanson, dont l'attrait réside dans la sentimentalité des paroles et dans la suavité de la mélodie.

GWERZ ET SONN

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