ANN DEN KOZ HAG ANN EVNIK
Na dec'h, d'ann noz diveza, Ha pa oa koaniet d'in, Ha me o vond em jardin
— le, tralira tralalik tralira Ha me o vond em jardin En aviz pourmenin.
Ha me o vond em jardin
En aviz pourmena,
Ha me 'klevet eunn evnik
— le, tralira tralalik tralira Ha me 'klevet eunn evnik War eur boud o kana.
Hag 0 vonet ann evnik Hag o c'houlenn ouz-in :
— Pe te 'zû klanv a galon
— le, tralira tralalik tralira — Pe te 'zo klanv a galon,
Pe te 'n euz poan spered ?
— Na n'ez on klanv a galon, Med em euz poan spered
Na gant keun d'am iaouankiz
— le, tralira tralalik tralira — Na gant keun d'am iaouankiz En deuz ma c'houiteet.
LE VIEILLARD ET LE PETIT OISEAU
Hier donc, à la nuit dernière, — et lorsque j'eus soupe, — et moi d'aller à mon jardin, — ié, tralira tralalik tralira — et moi d'aller à mon jardin — dans le dessein de me promener.
Et moi d'aller à mon jardin — dans le dessem de me promener ; — et moi d'entendre un petit oiseau, — ié, tralira tralalik tralira — et moi d'entendre un petit oiseau — qui (éfait) sur une branche à chanter.
Et de venir le petit oiseau, — et de me demander : — « Ou bien es-tu malade de cœur, — ié, tralira tralalik tralira — ou bien, es-tu malade de cœur, — ou bien as-tu des peines d'esprit ? »
— « Je ne suis pas malade de cœur; — mais j'ai des peines d'esprit — et (c'est) par le regret de ma jeunesse, — ié, tralira tralalik tralira — et (c'est) par le regret dama jeunesse, — qui m'a quitté.
iU
Larez te d'in, evn bihan,
Te 'n euz plun ha diou-eskel,
Na mond a raz evid on
— le, tralira tralalik tralira — Na mond a raz evid on
Eur veachig a bell?
Da gerc'had d'in ma iaouankiz Hag- a zo et a droad ? Ha pa vi aru aman
— le, tralira tralalik tralira — Ha pa vi aru aman
Nimp 'evo boutaillad. —
— Tawd'in gand da iaouankiz; Na p'az eo et 'n he roud, Gand oll vado ar bed-man
— le, tralira tralalik tralira — Gand oll vado ar bed-man N'on ket 'vid hen kavout. —
vm.
— la, med kenfn euz ma c'houi-
[teet] Dismeganz an euz d'in gret :
Tortet an euz ma diskoa
— Te, tralira tralalik tralira — Tortet an eux ma diskoa.
Ma barw an euz grizet.
Ma dent dimeuz ma geno.
Ma fenn dizoloet, Ha ma oll ajilite
— le, tralira tralalik Iralira — Ha ma oll ajilite,
011 ez int gant-hi et.
Dis-moi, oiseau petit, — tu as des plumes et deux ailes, — irais-tu pour moi, — ié, tralira tralalik tralira — irais-tu pour moi — en un petit voyage au loin?
Me chercher ma jeunesse — qui s'en est allée par le pied (ou, à pied)? — et lorsque tu seras de retour ici, — ié, tralira tralalik tralira — et lorsque tu seras de retour ici, — nous boirons bouteille. »
— « Donne-moi la paix avec ta jeunesse; — puisqu'elle s'en est allée par son chemin, — avec tous les biens de la terre, — ié, tralira tralalik tralira — avec tous les biens de la terre — je ne suis pas à même de la retrouver.
— Soit. Mais, avant qu'elle m'ait quitté, — elle m'a fait outrage : — elle a voûté mes deux épaules, -=- ié, tralira tralalik tralira — elle a voûté mes deux épaules ; — ma barbe, elle l'a grisonnée.
(Elle m'a pris) mes dents de la bouche, — a mis ma tête à nu, — et toute mon agileté, — ié, tralira tralalik tralira — et toute moh agilité, — tout s'en est allé avec elle.
r.Wr.RZ ET SONN
Me am euz bet eunn amzer Oann soubl 'vel eur gorreen, A dansen war ar gorden — le, tralira tralalik tralira A dansen war ar gorden Heb bezan krog en den.
A dansen war ar gorden Heb bezan krog en mad :
Eunn troad d'in a zo ramplel
— le, tralira rralalik tralira — Eunn troad d'in a zo famplet, Hog ez on kouet a blad.
Eunn troad d'in a zo ramplet, AUaz ! hag ez on kouet ; Ha herve ma lèverez
— le, tralira tralalik ttalira — Ha herve ma lèverez,
Sevel na c'hallin ket. —
Chanté par Marianne Thomas, mercière à Pleudaniel.
J'ai eu un temps — où j'étais souple comme une courroie, — où je dansais sur une corde. — ié, tralira tralalik tralira, — où je dansais sur une corde — sans me tenir à personne,
Où je dansais sur une corde — sans me retenir à rien : — un de mes pieds a glissé, — ié, tralira tralalik tralira — un de mes pieds a glissé — et je suis tombé à plat.
Un de mes pieds a glissé, — hélas ! et je suis tombé ; — et, ainsi que tu dis, — ié, tralira tralalik tralira — et, ainsi que tu dis, — me rele\ter, je ne le pourrai pas.
Dans le pays de Tréguier, tout le monde a entendu cette ballade allégorique. La mélodie en est un peu savante, et je he Connais guère que des vieillards qui l'aient retenue dans sa siticérité. Je la transcris deux fois. Le second air m'a été charité par le tisserand Kérambrun, déjà très vieux ; il avait la vdix cassée et le souvenir infidèle. Le barde octogénaire a tout à fait altéré et même transformé la charmante mélodie jifimitivei
SON
Disul viniin, ha pa savenn,
0 rein drein drein
0 ra la ritra
0 rein drein drein laridenno Da chibouez ar c had e ienn,
Tihoho Da chibouez ar c'had e ienn.
Tihohoho.
Chibouez ar c'had, ar c'hevelek,
0 rein drein drein...
Me renkonlraz ma mestrez
Tihoho E-kreiz ar c'hoad o oela.
Tihohoho.
— Mestrez iaouank, d'i-me lared, Goste perag a oeled?
— Goela a rann ha keuz am euz :
Ma inor a zo kollet. —
CHANSON
Dimanche matin, dès que je me levai, — o rein drein drein — o ra la ritra — o rein drein drein laridenno — j'allai chasser le lièvre, — tihoho — j'allai chasser le lièvre, — tihohoho.
Chasser le lièvre, la bécasse; — o rein drein drein... — je rencontrai ma maîtresse — tihoho — qui pleurait au milieu du bois. — tihohoho.
« Jeune maîtresse, dites-moi : — pourquoi pleurez-vous ? — Je pleure et j'ai regret : — j'ai perdu mon honneur. »
GVVEKZ ET SONN 157
Ha me 'krogaz 'n hi dornig gwenn, Hi digas da vord ar c'hoat.
— Mestrez iaouank, d'i-me lared :
Goste perag a ganed?
— Kana a rann ha joa am euz :
Ma inor a chom L^en-ein ! —
Et je la pris par sa petite main blanche, — et je la conduisis à la lisière du bois.
« Jeune maîtresse, dites-moi : — pourquoi chantez-vous?
— Je chante et j'ai de la joie : — mon honneur me reste. »
Voila une chanson de chasse. N'est-ce pas que ce refrain 9 rein drein drein vibre comme un appel du cor? Et celle autre onomatopée du tihoho !
La mélopée est composée de deux motifs bien distincts. Le premier est scandé comme une marche — mais une marche couverte, à pas discrets, — et il se termine sur une cadence étrange, inattendue — laridenno — ; puis, éclate un majeur d'une allure triomphale. Cet air est un des plus caractéristiques que j'aie entendus.
El dans cette historiette d'amour — sept couplets — quel mouvement et quel drame ! On retrouve partout cette légende ; presque toujours, c'est un conte gai ; il me semble que nulle part elle n'est empreinte d'une aussi suave gravité : c'est comme à regret que les Bretons dépouillent la femme du charme dont elle est entourée dans la tradition celtique.
Ce aonn est fort répandu aux environs de Quimperlé, sur les confins du cornouaillais et du vannetais : de là, ses disparités— j'allais dire ses impuretés — dialectales.
MADELENIK
Deit-hu gen-aon, Madelenik, C'hemp hon daou da droc'hon segal?
— Ho ! fe ! graon ; ho ! fe I na naon : Rak troc'hon rin ma gar.
— Deit-hu gen-aon, Madelenik, C'hemp hon daou da droc'hon guiniz?
— Ho ! fe ! graon ; ho ! le ! na naon : Rak troc'hon rin ma biz.
— Deit-hu gen-aon, Madelenik, C'hemp hon daou da droc'hon kerc'h?
— Ho ! fe ! graon ; ho ! fe ! na naon : Rak chom a rin varlerc'h.
— Deit-hu gen-aon, Madelenik, C'hemp hon daou da droc'hon guiniz-du?
— Ho ! fe ! graon ; ho ! fe ! na naon : Rak na n'onn ket ann tu.