‹ Chansons et danses des Bretons. --Chapitre 26 sur 90 · PETITE MADELEINE · texte numérisé non relu

PETITE MADELEINE

« Venez- vous avec moi, Madeleinic, — que nous allions tous les deux (nous deux) couper du seigle? — Ho ! (ma) foi ! j'y vais ; ho ! foi ! je n'y vais pas : — car je me couperais la jambe.

— Venez-vous avec moi, Madeleinic, — que nous allions tous les deux cduper du froment ? — Ho ! foi ! j'y vais; ho ! foi ! je n'y vais pas : — car je me couperais le doigt.

— Venez-vous avec moi, Madeleinic, — que nous allions tous les deux couper de l'avoine ? — Ho 1 foi 1 j'y vais, ho ! foi I je n'y vais pas : — car je resterais derrière.

— Venez-vous avec moi, Madeleinic, — que nous allions tous les deux couper du blé noir V — Ho ! foi ! j'y vais; ho ! foi ! je n'y vais pas : — car je n'en suis pas la manière.

(;\VKKZ in' SDN.N 159

— Deil-hu };etiaon, Madelenik, C'heaip hon daou da hija avalaouV

— Ho ! fe ! graon ; ho ! fe ! ma naon Kak toull e ma chokadaou.

— Deit-hu gen-aon, Madelenik, C'hemp hon daou da hijo per?

— Ho! fe! graon; ho! f e ! na naon : Kouls e d'in mond d'ar ger.

— Deit-hu gen-aon, Madelenik, C'hemp hon daou da hijo prun?

— Ho! fe! graon; ho! fe! na naon :

Red eo d'in chom war iun. —

Chanté par M. Grégoire Delakargue.

— Venez-vous avec moi, Madeleinic, — que nous allions tous les deux secouer les pommes (pommiers) ? — Ho ! foi ! j'y vais ; ho ! foi ! je n'y vais pas : — car mon tablier {ou cotillon, pièce d'habillement...) est percé.

— Venez-vous avec moi, Madeleinic, — que nous allions tous les deux secouer les poires? — Ho ! foi ! j'y vais; oh ! foi ! je n'y vais pas : — autant me vaut-il de m'en aller à la maison.

— Venez-vous avec moi, Madeleinic, — que nous allions tous les deux secouer les prunes ? — Ho ! foi ! j'y vais; ho ! foi ! je n'y vais pas : — il faut que je reste a jeun. »

Tout le piquant de ce dialog-ue réside dans les réponses de la « petite Madeleine ». Le sujet est lire d'un thème universel. Ce qui sauve ce s07în de la banalité, c'est évidemment, avec les répliques, là façon assez vive dont s'y prend le séducteur, énumérant ses occupations diverses aux champs.

L'air a gardé exactement le caractère alerte et le ton d'ironie de la chanson.

Le sonn de Madelenik est en dialecte côrtlouaillais ; il est né dans cotte partie de la Cornouaillo qlli Confine à l'ancien évêché de Tréguier, à ceux de Vannes et de Quimper; tout près, devait être la forêt de Brocéliande.

SON AR PILLAOUER

Va zad en deuz va demezet Da eur flaeriuz pillaouer; E Lokefret ez co ganet E komanant Toul-al-Laer.

Diskan. — Foue, foue, foue d'am zammig aotrou Gand he stoup hag he billaou !

Ann devez warlerc'h he eured E oa foar e Landerne :

Va lannig evel ennn durzunel A sav pront euz he wele.

A vec'h e ve 'nn anter-noz anler Ma tan dija he gorn-butun ; Diskrouga ra he grog-poezer :

Selu hen war henl Sizun.

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