‹ Chansons et danses des Bretons. --Chapitre 27 sur 90 · CHANSON DU CHIFFONNIER · texte numérisé non relu

CHANSON DU CHIFFONNIER

Mon père m'a mariée — à un puant de chiffonnier; — àLoquéfretil est né — dans le convenant de Toul-al-Laer.

Refrain. — Fi ! fi ! fi de*mon petit bout de monsieur — avec ses étoupes et ses chiffons !

Le lendemain de ses noces — il y avait foireàLanderneau: — mon lannic (petit Jean) comme une tourterelle — se lève promptement de son lit.

A peine est-il la minuit et demie — qu'il allume déjà sa pipe à tabac; — il décroche sa balance : — le voilà sur le chemin de Sizun.

dWEnz HT sONN 161

Va lannik pa ia d*ar foariou.

A. vezato mezou-dall; Prest a oa da goll he vragou E Montroulez, en deiz ail.

Va lannig a zo eunn aotrou He dog war goste he benn ; Mar selfec'h euz he vragou, E welfec'h he groc'hen.

Pa vez pignet war he uzen E touskhe dammou pillaou, Evel eunn impalaer romen, Ez eo berr en he gomzou.

Pa zai ann ankou da rida Toul va flaeriuz pillaouer, Me'ziredo da lavaret E kommanan Toul al-Laer :

Ridet eo va zammig aotrou Gand he stoup haghe billaou.

Chanté par M, Stéphan, pharmacien à RoscofT.

Mon lannic, lorsqu'il va aux foires, — est toujours ivre-mort; — il était près de perdre ses culottes — à Morlaix, l'autre jour.

Mon lannic est un monsieur — (avec) son chapeau sur le côté de la tête ; — si vous regardiez à ses culottes, — vous verriez sa peau.

Lorsqu'il est monté sur son âne — au milieu de ses morceaux de chiffons, — comme un empereur romain, — il est bref dans ses propos.

Quand viendra la mort rider — le trou ' de mon puant de chiffonnier, — j'accourrai dire — au convenant de Toul-al-Laer :

Il est ridé (raidi) mon petit bout de monsieur — avec ses étoupcs et ses chiffons.

1. Il y a peut-être un jeu de mots entre ce trou {toul) et Toul-al-Laer.

Je me souviens que M. de Lavillemarqué m'a dit un jour, au sujet de ce pillaoïter : cj'ai connu l'auteur de Toul-al- Laer; c'était un tel, de mes amis.» Rien qu'aux rimes croisées, ce sonn doit être tenu pour récent ; «l'empereur romain» non plus n'est pas tout à fait dans le sens des véritables chansons populaires. Cependant la vulgarisation s'est opérée autour de ce chiffonnier, qui est en train, du reste, de se corrompre déjà dans la tradition ; entre Lannion etTréguier, j'en ai recueilli une variante, dont voici les trois derniers couplets :

Si la coutume venait en ce pays-ci — de briser les mariages, — je m'en irais en chantant — loin des marchands de chiffons;

Si le chariot de la mort venait — faire sa tournée par ce pays-ci, — je courrais sur ses traces — et je le prierais de m'emporler ;

Si le coup de la mort venait — à frapper sur mon pillaouer. — je m'en irais en chantant — au convenant de Toul-al-Ler :

Il est radi, mon petit bout de monsieur...

Je transcris, après l'air du Léon, celui que j'ai entendu à Lanmerin (pays de Tréguier). On jugera des transformations que peut subir une mélodie, en passant de la contrée natale dans un voisinage. L'origine du sonn ne saurait être mise en doute : les formes dialectales du Léon (mots non contractés, terminaisons en ou), sont restées dans la version trécorroise.

r.WERZ ET SO.NN I6î^

AR G'HEMENER (Le Tailleur)

Il ya des tailleurs partout, c'est-à-dire des chants où le héros est kemener. Dans les Montagnes-Noires, entre Châteaulin et Châleauneuf-du-Faon, à-t-on vu plus haut (p. 17), la tradition en a fait un sonn, au lieu d'un gwerz comme Le Rouzic ; comme il a été dit aussi pour le kloarek, en passant d'un dialecte dans un autre, le personnage a changé de manières et de ton. Malheureusement, ceux qui savaient la chanson entière ont disparu; on la vend toujours dans les foires, aux environs de Quimper; mais elle a perdu son refrain, et on l'a transformée au point que c'est à peine quelque chose du sonn primitif. Je n'en connais que ces deux couplets, et je les dois à l'obligeance de M. Louis Hémon.

Ar c'hemener pa ia d'ann ilis

Far dibi dao oao oao Ar c'hemener pa ia d'ann ilis, A zo gwisket 'vel eur bourc'hiz ' ; Pa ia da gemer dour binniget

Far dibi dao oao oao Pa ia de gemer dour binniget, A ra taol lagad d'ar meried.

Rigedonda, \^ar ar c'hemener I

Rigedonda, kemener oa !

Ar c'hemener pa vo intérêt,

N'vo ket laket 'n doar binniget ;

Mes vo laket d'ar penn ann ti

D'ar chas mond da slola war-n'hi^

1. Une autre version dit : « vel eur markin — comme im marquis ». 1. Tyar-n'/tt, grammaticalemeul : « sur elle ». War-n'ehan; war-n'han :« sur lui ».

Celle faute de grammaire a»t-elle été commise à dessin? Aiusi l'on aurait

164 CHANSONS tT DANSES DES BRETONS

Le tailleur, quand, il va à l'église — far dibi daooao oao — le tailleur, quand il va à l'église, — est habillé comme un bourgeois;

— lorsqu'il va pour prendre de l'eau bénite — far dibi dao oao oao

— lorsqu'il va pour prendre de l'eau bénite, — il donne un coup d'œil aux filles. — Riguedonda sur le tailleur ! — riguedonda, c'est tailleur qu'il était.

Le tailleur, quand il sera enterré, — ne sera pas mis en terre bénite; — mais il sera mis au bout de la maison, — pour que les chiens aillent pisser sur lui.

Ce fut pourtant un Kemener fameux. Il fit son tour de Gornouaille, et j'ai retrouvé ses traces un peu partout. Mais sa gloire s'est émieltée; je n'ai ramassé sur son passage que des lambeaux et des loques : pas même de quoi draper ce pauvre mort.

Ann diveradur deuz ar gwe Rei dour binniget war he ve;

les gouttes de pluie (tombant) des arbres — serviront d'eau bénite sur sa tombe. »

Voilà un fragment de couplet, dont s'est souvenu un sacristain des environs de Cout-ann-Noz. Un sonneur de Saint- Servais m'a conté que ce tailleur eut d'étonnantes funérailles ; ce furent des réjouissances ;

Ar biniou hag ar vombard, Evel ma ve da iun al lard;

(on sonna) du biniou et de la bombarde, — comme c'est (cela se passe) pour le lundi gras. —

voulu combler d'outrages le tailleur, en refusant à cet être inférieur jusqu'à son sexe. Il ne sera plus d'aucun genre déterminé : « Un taileur n'est pas un homme », dit un proverbe.

D'un autre côté, ces erreurs grammaticales ne sont pas rares. Elles ont été faites par quelque chanteur, dont le breton peut-être n'était pas la langue familière ; acceptée par l'auditoire, sans critique aucune, elles ont été dans la suite maintenues et transmises sous le couvert du texte.

GWERZ ET SONN 165

Ne dirait-on pas que chacun a conservé du Kemener un souvenir parliculier, comme un héritier recherche ce qui lui va le mieux dans un partage?

Les onomatopées oao-oao ne manquent jamais leur effet ; à cet endroit, toujours un aboiement général. Le rôle de l'harmonie imitative, dans les sonn de métiers, est à constater. Il y a des chanteurs qui ont la spécialité de ce pittoresque d'expression; j'en ai connu, dont le succès était sans égal dans un « sonn du rémouleur » ou dans certaine parodie de « la truie écourtée ». Ces onomatopées sont naturellement réservées au refrain.

IGC CHANSONS ET DANSliS DKS BRKTONS

AR lOUEN

Setu var ann daol Souben, kig ha kaol,

Jaketa; Ar louen gand he koutell fall A troc'h aman ha kig-sal.

Setu var ann daol,

Jaketa, Souben, kig ha kaol.

Pa ia louen d'ar foar Ez eo eunn den dispar,

Jaketa ; Evid ober he vourc'hiz E pren eur bara gwiniz.

Pa ia louen d'ar foar... Hen dibri a rei Var-dro ar c'hreiz-dei,

Jaketa, Ijag a viro ann anter Da kas d'he vugale d'ar ger; Hen dibri a rei...

LE lOUEN

Voilà sur la table — de la soupe, de la viande et des choux, — Jacquetle. — Le louen avec son mauvais couteau — coupe du beurre et de la viande salée (du lard). — Voilà sur la table, — Jacquette, — de la soupe, de la viande et des choux.

Quand va louen à la foire, — il est un homme sans pareil, — Jacquette : — pour faire son bourgeois — il achète un pain de froment; — quand va louen à la foire...

Il le mangera — vers le midi, — Jacquette; — et il (en) gardera la moitié — à porter pour ses enfants à la maison ; — il le mangera...

GWERZ KT SONN 167

Erru e louen Garni he femelen,

Jaketa, Bronduet gat taolion dorn, Peur dizantet, kasi born ; Erru e louen...

Ho daou 'maint er fos Betek fin ann noz,

Jaketa, Kuit da uza tan, goulou, Ha da saotri liseriou ; Ha daou 'maint er fos...

Pa kler ar c"horn-bout 0 voudel d'ar iout,

Jaketa, Anter maro gad ann naon E kers evel d'eunn anaon Pa klerar c'horn-bout...

Ar iout zo chomet A vo astomet, Jaketa, Ha pasket'gant glaour ha kranch D'ar paotr bihan leun he vanch ; Ar iout zo chomet...

Chantée au diner celtique de Paris, par M. Caurant.

Est arrivé louen — avec sa femme, — Jacquette, — noircie (meurtrie) par les coups de poings, — à peu près édentée (les dents cassées), presque borgne; — est arrivé louen...

Tous les deux sont dans le fossé — jusqu'à la fin de la nuit, — Jacquette, — quittes (pour ne pas) d'user du feu, de la chandelle, — et de salir des draps de lit ; — tous les deux sont dans le fossé...

Lorsque résonne le corn-bout — appelant pour la bouillie, — Jacquette, — à moitié mort de faim, — il marche comme un trépassé; — lorsque résonne \e corn-bout...

La bouillie qui est restée, — sera réchauffée, — Jacquette, — et mastiquée avec des glaires et de la salive — pour le petit garçon, plein sa manche (son ventre) ; — la bouillie qui est restée...

A travers les Montagnes-Noires, sur les confins de la Cornouaille et du Léon, cette satire du ioiien — le pauvre paysan — , est fort répandue. Le iouen, qui n'est désigné que par un surnom, est tout spécial à la Cornouaille du Finistère, et ce kouer lamentable nous égayé, comme un infirme, à contre-cœur; si l'on rit à sa chanson, c'est que l'air est dans le registre élevé et d'un allegro entraînant. Il y a des types moins misérables et plus franchement ridicules, à qui l'on jette la pierre d'autant plus volontiers qu'ils portent la tète plus haute, le tailleur, par exemple, et le chiffonnier : à eux aussi, plus qu'au iouen, la renommée.

GWERZ ET SONN 169

KORBINO

Man plij gan-ac'h, a chileouted [bis) Eur sonik koant zo kompozet ;

Diskan. — Di raitronla ladira diraine Di raitronla ladira lonla.

Eur sonik koant ha jolori Zo groet war zujedeur c'hi.

Ar c'hi-man na oa ket eur zot, E debe 'r c'hig demeuz ar poud ;

Ha pa gave 'nn ti 'n he un an, G'he gant-han diwar ann tan

Erwoan Brijant deuz ar Ger-Du Roaz de-han eur c'hoele du.

CORBINO

S'il vous plaît, vous écouterez (bis) — une petite chanson charmante qui a été composée ;

Refrain. — Diraitronla ladira diraine — diraitronla ladira lonla.

Une petite chanson charmante et un charivari — qui ont été faits au sujet d'un chien.

Ce chien-ci n'était pas un sot; — il mangeait la viande (qu'il tirait) du pot-au-feu ;

Et quand il trouvait la maison toute seule, — il l'emportait (même) encore sur le feu.

Yves Prigent de Ker-Du (Ville-Noire) — lui donna un taureau noir.

Pipi ar Floc'h, oa eunn oac'h mad, A roaz de-han daou danvad;

Eunn tamm da vlasan he zouben Ha doubleur da diou gorfen :

Ann draillaseno a vano,

Vo mad da ober choukenno ;

Vo mad da ober choukenno

D'ar merc'hed da vond d'ann danse ;

Ha pa sellfond * deuz ho boto, E gavfont brao ho choukenno ;

E kavfont brao ho choukenno Fourniset d'he gant Korbino.

En ti Voulard deuz ar Ger-Wenn E c'hez gant-han al langouren ;

1. Dans le dialecte de Tréguier : sellfoint, qu'on prononce sellfoïnk (2 syll.).

Pierre le Floc'h, qui élait un homme bon, — lui donna deux moutons ;

Un (morceau de viande) pour donner du goût à sa soupe — et (de quoi faire) la doublure de deux corsages :

Les morceaux qui resteront — seront bons à confectionner des cous-de-pied ' ;

(Ils) seront bons à confectionner des cous-de-pied — aux jeunes filles pour aller aux danses ;

Et lorsqu'elles regarderont leurs sabots, — elles trouveront beaux leurs cous-de-pied;

(Elles) trouveront beaux leurs cous-de-pied, — que leur aura fournis Corbino.

Dans la maison de Boulard, de Ker-Wenn (la Ville-Blanche), — il emporta le gosier ;

1. Chouken, coussinet en étoffe ou en paille tressée, qui garaâUt le coii-depied dans le dur sabot de bois.

GWERZ ET SONN 171

Et e ganl-han al langouren, Ann askorn-kroaz hagar josken,

Potred ann Treud oa' c'hadan kerc'h, Hag a diredaz war-he-lerc'h ;

Ha ma krient ha c'harz ha sko ; — Et ar porc'hel gant Korbino ! —

En ti Pipi 'nn Du 'n euz groet woaz : Débet skoagen ar gazek c'hlaz ;

Débet 'n euz brid ar gazek wenn Ha boto 1er an verc'h viffen ;

Débet an euz ar c'hulier kroaz Hag ar c'hropier diwar ar bas.

Tud Eflam goz a levere Ann eil d'egile deuz an-he :

II a emporté le gosier, — l'os des mâchoires et la joue.

Les gens de Le Treud étaient à semer de l'avoine; — et ils coururent après lui ;

Et ils criaient à tue-tête ' : — « Le cochon gras a été emporté par Gorbino ! »

Dans la maison de Pierre Le Du il a fait pire : — il a mangé le bût de la jument bleue;

Il a mangé la bride de la jument blanche — et les souliers en cuir de la petite fille;

Il a mangé le reculement, — et le croupier qui était sur la selle.

Les gens du vieil Efflam disaient, — l'un à l'autre d'entre-eux :

1. « Ha c'harz ha sko », m. à m. : « Et aboie et frappe » ; c'est-à-dire : à cris et à coups. Ces diclons sont souvent intraduisibles.

— Ha daoust para c'hoari d'hon c'hi, Na debfe ket he dijuni,

Na n'e ann avu hag ar skeven E zo manet en touez he dent ? —

Pipi ann Du a levere

Da Eflam goz, pa hen salude :

— Me ho ped da staga ho ki.

Domaj ewalc'h 'n euz groet em zi.

Me ho ped da werza 'r gark foen Ha prena d'ho ki eur chaden,

Eun c'holier melen 'n he gerc'hen, Vo anevet a dra serten,

'Wit pa valeo dre ar vro Vo aneveet Korbino. —

« Savoir ce qu'a le chien, — qu'il ne mangerait pas son déjeuner, Si ce n'est le foie et le mou — qui lui sont restés entre les dents ? »

Pierre Le Du disait — au vieil Efflam, en le saluant :

« Je vous prie d'attacher votre chien ; — il a fait assez de dommage dans ma maison.

Je vous prie de vendre une charretée de foin — et d'acheter à votre chien une chaine.

Un collier jaune à son cou, — (pour qu') il soit reconnu d'une façon certaine,

Pour que, lorsqu'il se promènera par le pays, — soit reconnu Corbino. »

GWERZ ET SONN 173

Peu de g-ens savent aujourd'hui ce sonik. Mon père l'apprit à Lannion, il y a cinquante et quelques années ; mais je ne connais pas une autre personne de son âge qui l'ait retenu.

De nos jours, l'intérêt de celte chanson locale est devenu à peu près nul. Que nous fait à nous ce Corbino, ni les gens qu'il a volés? La voracité de ce chien, quand même elle aurait passé en proverbe, comme la maigreur de la chienne de saint Hervé, à quels titres exciterait-elle la stupéfaction de nos contemporains ! Tout le sel de cette satire est perdu, avec ceux qui en étaient l'objet; personne ne se sent atteint ni frappé de ces allusions ou de ces épigrammes, que nous ne saisissons pas du premier coup sous leur obscurité. Tel est le sort réservé au somi qui ne s'appuie sur aucune vérité générale : sa vogue ne dure que tout juste le temps de faire le tour de la « contrée ». Celui de Corbino n'a pas, d'un autre côté, un grand mérite poétique. Aussi ne l'ai-je cité que pour fournir un exemple des chansons qui passent vite.

Ce qui aura contribué naguère au succès de Corbino, c'est que la mélodie en est d'un rythme entraînant, un véritable air de danse. Le chanteur ne bissait d'habitude que le premier vers de chaque couplet, comme c'est indiqué; mais un « sonneur » ferait la reprise de chaque membre de phrase mélodique, cela donnerait 8 mesures avant le refrain; le refrain bissé, ce serait encore 8 autres: au total, voilà les 16 mesures réglementaires aussi bien pour un air de biniou que pour une dérobée.

MA MESTREZ KOANT

Evid ar bloaz o oann dimet Ta ri ti tra la la la la Evid ar bloaz o oann dimet, Ha ma karjenn na vijenn ket* ;

D'eur placTiik koanten nep feson Ta ri ti tra la...

D'eur plac'hik koant en nep feson, Na d'eur plac'h vil ha difeson.

Kement e geno ma mestrez 'Vel forn ar ra en Montroulez.

D'ober ann dro d'hi lapenno Zo danvez diou rod killoro.

1. Variante : «Ha makarjeun, vijeua bepred ; — et si je voulais, je le serais toujours ».

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