‹ Chansons et danses des Bretons. --Chapitre 29 sur 90 · Sans doute : l'église Saint->Jean du Bali, à LannioD · texte numérisé non relu

Sans doute : l'église Saint->Jean du Bali, à LannioD

Pa sko hi zreid war ann douar, Na c'holo nemeid tri hent kar.

Pa lak hi diouc'har en hi lerou Ac'h int 'vel baz ar ribotou.

Oc'h antren daou vreur d'ehi en ti, 'Sevel entre-z-he fachiri :

Ha me 'rei d'ann tort eunn toi bout, Tanfoueltr he dort diwar he chouk ;

Ha me 'rei d'ar c'hamm eur vac'had.

Ha 'teri d'ezhan he c'har vad.

Ma mestrez zo a ligne vad :

lîastard hi mamm, boureo hi zad ;

A ligne vad eo ma mestrez Merc'h ar boureo a Ker-Ahez.

Chanté par M. Grégoire Dklafargue.

Lorsqu'elle frappe ses pieds par terre, — elle ne couvre que trois chemins de charrette.

Quand elle met ses deux jambes dans ses bras, — ils sont longs et maigres comme le bâton de ribot.

Voilà qu'entrent deux frères à elle dans la maison, — et de s'élever entre eux une fâcherie :

Et moi de pousser d'un coup (d'épaule) le bossu, — et de démolir sa bosse sur son dos.

Et moi de donner au boiteux un coup de bâton, — et de lui casser sa jambe valide.

Ma maîtresse est de bonne lignée : — bâtarde sa mère, bourreau son père.

De bonne lignée est ma maîtresse, — (c'est la fille au bourreau de Carhaix).

gWerz et sonn 177

Qui n'a entendu la chanson française :

Si tu voyais la bouch' qu'elle a !

Je n' l'avais pas rêvée comm' ça :

Mais j' l'aim' tout d' même — ?

Le sujet est devenu banal. C'est celui de la « Mesliez Koant », sauf plus d'un passage qui agrémente de couleur locale le sonn trécorrois ; il faut encore excepter l'épisode des deux frères, ainsi que la lignée de la maîtresse : « Bâtarde sa mère, bourreau son père... » Ce sont amoureux et maris de bonne composition... Comme charge, la chanson bretonne me paraît d'une intensité supérieure. Les grossièretés et les excès de langage ajoutent aux divertissements de ce genre : mais il est à remarquer que ce gros sel a tout à fait été mis de côté celte fois.

Chose à noter encore, c'est l'indifférence qui perce à travers la mélodie, et qui a cours^, du reste, dans tout le sonn : car cet air en mineur n'est pas précisément un contraste avec le sarcasme de la chanson.

SON ANN DOGANED

Kenta biskoaz c'hiz da dogan.

Kamaraded, ma mignoned, Kenta biskoaz c'hiz da dogan Me n'am a ket a vara d'am c'hoan.

Ha breman 'm euz ha rous ha gwenn, Hag eunn ankane d'am dougen ;

Hag eur wreg koant am euz ie

Hag a c'hone d'in eur skoed bemde ;

Ha tri a c'hone d'in d'ar sul :

Naou skoed ac'h int tro-padar sun.

Tri-c'houec'h dogan ha tri-ugent

E zo 'n em rancontret 'n eur c'harden ;

Ha ma lare ann eil d'egile :

— Te 'zo dogan kenkoulz ha me. —

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