‹ Chansons et danses des Bretons. --Chapitre 30 sur 90 · CHANSON DES COCUS · texte numérisé non relu

CHANSON DES COCUS

La première fois de toutes que je devins cocu, — camarades, mes amis, — la première fois de toutes que je devins cocu, — je n'avais pas de pain à mon souper.

Et maintenant, j'ai du pain bis et du pain blanc, — et une haquenée pour me porter ;

Et une femme belle que j'ai aussi, — et qui me gagne un écu tous les jours ;

Et trois qu'elle me gagne le dimanche : — cela fait neuf écus durant (au bout de) la semaine.

Soixante et dix-huit cocus — se sont rencontrés dans un petit chemin;

Et ils se disaient, l'un à l'autre : — « Toi, tu es cocu aussi bien que moi. »

GWERZ ET SONN 179

Tri-c'houec'h gwalen a lien moan Zo et d'ober eur boned d'ann dogan ;

G'hoaz a 1ère ann dogan kez E oa manet he gorn braz emez :

— M'am ije ken aliez a vuc'h korn Hag a dogan a doug ar c'horn,

Me 'm ije gret eurfoar en Bre Hag a vije hanvet ar foar neve ;

M'am ije ken aliez a vuc'h lez Hag a dogan zo war ar mez,

Me rafe krampoez ha lez tro ; Da gement dogan zo er vro.

M'am ije krampoez ha lez tro, Me'dougje ezet arc'hernio. —

Chanté par Jeanne Le Bornic, chiffonnière, de La Roche-Derrien.

Dix-huit aunes de toile étroite (owfine) — a-t-il fallu pour faire un bonnet au cocu ;

Encore disait- il, le pauvre cocu, — que sa grande corne était restée dehors :

« Si j'avais autant de vaches encornées — qu' (il y a) de cocus à porter la corne,

J'aurais fait une foire à (Méné-)Bré — qu'on aurait appelée la foire nouvelle ;

Si j'avais autant de vaches à lait — qu'il y a de cocus par la campagne,

Je ferais des crêpes et du lait caillé — pour tout ce qu'il y a de cocus dans le pays ;

Si j'avais des crêpes et du lait caillé — je porterais aisément mes cornes. »

Celle chanson est une des plus connues, en pays deTréguier. L'air, uu allegro, se caractérise au deuxième vers — Kamaraded, ma mignoned, — qui sert de refrain ; l'expression en est d'un comique plaintif, aidé d'un point-d' orgue significatif. Après ce deuxième vers uniforme, on reprend le premier, auquel on ajoute un nouveau, qui seul est dans la rime : au fond^ chaque couplet est fait de deux vers, entrecoupés d'un diskan.

Rapprocher de cette chanson trécorroise, dans la note gaie, certain, sowi cornouaillais bien connu, sur le même motif, mais dans une note lugubre.

«WERZ ET SONN 181

PLAC'HED LEZARDREO

Kerse vo gant plac'hed Lezardren, Gand ho rotoukiou falira-dondaine Kerse vo gant plac'hed Lezardren Ma na gall ar mare bean krenv ;

Gand ar batimancho 'vond ez traou Gand ho rotoukiou. . .

Gand ar batimancho 'vond ez traou Ze a rai di-out-he kalz a c'haou.

Merc'hed Lezardren a doug dustu War ho barlenn davanchero ru ;

Hag en ho c'herc'hen a ve chalio, Ha rubanet ho botoio ;

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