LES FILLES DE LÉZARDRIEUX
Il fera défaut aux filles de Lézardrieux, — avec leur rotoukiou falira dondaine — il fera défaut aux filles de Lézardrieux, — si la marée ne peut être forte ;
A cause des bâtiments qui vont vers les bas, — avec leur rotoukiou... — à cause des bâtiments qui vont vers le bas : — cela leur causera beaucoup de dommage.
Les filles de Lézardrieux portent (mettent) aussitôt ' — sur leur giron des tabliers (devantiers) rouges;
Et à leur cou il y a des châles, — et leurs chaussures sont enrubannées ;
1. Est-ce : aussitôt que les bâtiments s'en vont « vers le bas »? ou bien : aussitôt qu'ils ont accosté? — Pour être plus explicite : s"af;it-il tlu tablier rouge, du châle et des rubans que la fllle de Lézardrieux porte allant au devant des noatelots? ou de ceux qu'elle rapporte à la maison ?
Le chanteur m'a répondu : « Comme vous voudrez; nous autres, nous n'avons pas besoin que ce soit si [irécis ; nous comprenons tout de iuôinr>. »
i82 CHANSONS ET DANSES DES BRETONS
Ha rubano war ho boto tout,
Lec'h na dleje bean 'met neud stoup.
Ari zo 'nn dimezelig er ger, Na n'e karget d'ez hi he faner :
— Ma karjec'h, Janed, na vije ket, Bean chomet er ger, pa oac'h pedet.
— Me 'ro ma malloz d'ann dud-a-vor :
Ar re-zeo 'n euz kollet ma enor.
'A m'am euz bat me me kotillon c'hlaz, Barz en bord ann od me he goneaz,
Nag 0 tizrei ma chein d'ar ieot glaz * Ha ma bijez da veg ar groaz. —
Chanté par Antoine Le Morvan, couvreur en ardoises, de La Roche-Derrien.
1. Glaz, bleu ou vert; c'est le contexte qui détermine exactement le sens de cel adjectif. Un couplet plus haut : koliUon c'hlaz, jupe bleue, mieux que jupe verte; question de guiUs, c'est vrai, pour ne pas dire de mode. — Glaz, vert, a un synonyme : gwer, rare dans l'usage. De glaz viennent glazenn, glaziir,... herbe verte, verdure...
Et des rubans à toutes leurs chaussures, — où ne devait se trouver que du fil d'étoupe.
Une jeune demoiselle est arrivée à la maison, — à laquelle a été rempli son panier :
« Si vous aviez voulu, Jeannette, cela n'aurait pas été, — (si vous aviez voulu) rester à la maison, quand vous en étiez priée.
— Que ma malédiction soit sur les gens de mer ! — Ceux-là ont perdu (m'ont fait perdre) mon honneur.
Et si j'ai eu un cotillon (jupe) bleu, — sur le bord de la grève je le gagnai.
En tournant mon dos à l'herbe verte — et mon visage au haut bout de la croix. »
GWERZ ET SONN 483
Bien qu'il y soit question des « gens de mer », ce n'est pas une chanson de bord, pas plus que les « Filles de Locquénolé »,
Comme beaucoup de sonn satiriques, celui-ci est court, peut-être incomplet. On y constate quelques-unes de ces obscurités où le peuple ne se déplaît pas du tout, où du moins il ne cherche pas à voir clair.
Dans ces sortes de chansons, la brièveté est loin d'être un défaut. Un seul exemple, un trait final, suffit à la satire.
Les trois parties dont ce sonn est composé, sont bien distinctes. Les deux premiers couplets suffisent à l'exposition du sujet : c'est dans la note g-énérale des moralités, qu'on rencontre si souvent en guise de prologue. Ensuite, le départ pour la fête, la réception des marins qui viennent d'aborder : trois couplets. Enfin, le retour à la maison : quel retour!...
Celui qui composa le sônc, Vraiment, c'était un maître-clerc...
La mélodie est d'un allegro modéré, avec une nuance particulière de raillerie. Il y a dos chanteurs qui donnent un inexprimable accent à ce refrain, « gand lia rotoaJàoa ».
MERC'HED A LOKENOLE
Merc'hed a Lokenole a zo merc'hed a stad (bis),
Ne brizont ket da zansal nemet gant paotred vad (bis]
Merc'hed a Lokenole a ia d'ar baluden, Divouchouer, diarc'hen, kuef ebed var ho fei^n.
Merc'hed a Lokenole o deveuz prometet Monet e pelerinach da Sant-Iann beniget.
Arperson alavare, d'ar sul, en ofern-bred :
— Divoalit. merc'hed iaouank, deuz ar vartoloded. —
Ar merc'hed a respontaz deuz a draon ann iliz :
— Sermonit, aotrou Person, ha nimp raio hor giz. —
Ne voa ket peurlavaret namad ar gousperou E voa ar merc'hed iaouank er ger aBlouganou.