Une autre version dit : Penn oa
2. Voilà un bel exemple de non-sens dans les chansons populaires.
— leurs épées brisées, — leurs chemises ensanglantées : — quel terrible garçon dessus ! — C'était peine (pitié) de les voir. — Huit petits batteurs sur l'aire... — (Voilà) la plus belle série de neuf de toutes celles que je connais.
10'^ Chante fort, Killore... —La plus belle série de dix de toutes celles que tu connais. — Dix histoires glissantes, légères (scabreuses?) — chargées de vin, de drap. — Neuf garçons armés — venant de Nantes... — (Voilà) la plus belle série de dix de toutes celles que je connais.
11° Chante fort, Killore... — La plus belle série de onze de toutes celles que tu connais. — Crier (bûcher), crier à tue-tête. — Onze truies, onze pourceaux (verrats) gras — venant de la crèche. — Dix histoires légères, — chargées de vin, de drap... — (Voilà) la plus belle série de onze de toutes celles que je connais.
GWERZ ET SONX 199
12 — Kan ker, Killore... ^
Keran daoue/ek raiï^ a cément ouzoud-le.
— Daouzek kleve, miynon,
Slaget o-z daLignon.
Digaz ar mab-man d'he goan :
Re bell a delc'hez anez-han en poan.
lourc'hel, diourc'hel.
Eunneg gwiz, eunnek porc'hel.
Deg istor linker,
Kargel a wiri, a vezer.
Nao ifiab armet
0 tonet deuz a Naoned,
ITo c'hleveio torret,
Ho rochedo goadek;
Gwasa mab c'houre !
Poan oa ouz ho sellet.
Eiz dornerik war al leur
0 torna piz, o lorna kleur.
Seiz de, seiz loar.
G'houec'h breur, c'houec'h c'hoar.
Pemp buoc'h du awalc'h a tremen douar douar
Pewar goèle o kana Lexodie.
Tremenidi, lavar d'in-me.
Perchen tri mab Heri,
Keran daouzek rann a gement ouzonn-me.
12° Chante fort, Killoré... — La plus belle série de douze de toutes celles que tu connais. — Douze glaives, (mon), ami, — allachés à ton pignon. — Emmène ce garçon-ci à son souper : — (voilà) trop longtemps (que) tu le tiens en peine. — Crier, crier à tue-tête. — Onze truies, onze pourceaux gras — venant de la crèche. — Dix histoires légères, — chargées de vin, de drap. — Neuf garçons armés, — venant de Nantes, — leurs épées brisées, — leurs chemises ensanglantées : — quel terrible garçon dessus ! — C'était peine de les regarder. — Huit petits batteurs sur l'aire — battant des pois, battant des cosses, — Sept jours, sept lunes. — Six frères, six sœurs. — Cinq vaches noires assez traversant (une) terre (une) terre. — Quatre taureaux chantant Lexodie. — Gens qui passez, dites-moi. — Maîtresse sur les trois fils de Henri. — (Voilà) la plus belle série de douze de toutes celles que je connais.
Les « Vêpres des Têtards » ont quelque rapport avec les « Séries » du Barzaz-Breïz, mais pour le poème dialogué seulement ; les deux mélodies n'ont rien de commun.
M. de La Villemarqué mentionne lui-même certaines « Vêpres des Grenouilles » ; en trécorrois, cette traduction de « Gouspero ar Eànedyi est inexacte. La grenouille, c'est « ar glesker » ; mais le têtard, voilà « ar rân » ; les (( Vêpres des Grenouilles », ce serait donc « Gouspero ar Gliskiri » ou « ar Gleskered. »
A Trézélan (Côles-du-Nord), oii j'ai recueilli, la première fois, cette berceuse, un savant de l'endroit me disait : « ar ranned », les séries ; no)i : « ar râned », les têtards. Le peuple entend et prononce toujours : « gouspero ar râned. »
La mélodie en est une phase à trois membres, qui coupe les couplets d'inégale façon, suivant le sens et à mesure que le couplet s'allonge ; elle se compose de deux motifs bien distincts : un récitatif d'ouverture et la mélodie proprement dite. M. Emile Durand a su en retrouver le souvenir dans certaine symphonie de Haydn. Ce chant a la cadence d'une berceuse.
Les paroles sont absolument inintelligibles, du moins pour le peuple qui les chante: il est vrai que le champ est d'autant plus ouvert aux interprétations.
Cette poésie m'a été chantée bien des fois par le docteur Geffroy, de Plouëc-Pontrieux. Les mères et les nourrices en font une berceuse. On l'enseigne aux enfants pour leur exercer la mémoire. Ceux qui la débitent d'un bout à l'autre, sans hésitation, passent pour des « gens d'esprit ».
On donne encore à ce « Gouspero ar Râned » une autre dénomination : « Gouspero ar Chouiled », mot à mot : « Vêpres des Inspctes ». Mais il faut entendre : « Vêpres des Hannetons » ; avec chouiled on sous-entend le déterminatif « dero » — chêne. A La Roche-Derrien, il y a un petit bois de Saint-Jean où vont les paroissiens les moins dévots passer le
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temps des offices ; quand ils rentrent, on leur dit qu'ils ont été aux « Vêpres des Hannetons »; et, comme une auberge est non loin, dont le cidre est renommé, si quelqu'un revient de Saint-Jean, le dimanche, en état d'ébriété, c'est qu'il était allé « chanter les Vêpres des Hannetons ». Du reste, cette locution « Gouspero ar C'hoiiiled» est à peu près aussi répandue dans tout le pays de Tréguier que l'autre, « Gotispero ar Râned » .
DISPENN (ou DISPIGN) AR C'HAZ
Me 'm euz du-man eur c'hazik rouz Hag a ra neubeudig a drouz.
Diskan. — Kan digadenno Videl a va.
Jardin a viro Kalz a joa Wigour ra.
Me raio gand he benn
Eur poud-houarn d'ober .soubenn ;
Me raio gand he dent Mineouedo d'ober hent ;
Me raio gand he diou-skouarn D'eur c'har bihan diou rod houarn ;
Me raio gand he daou-lagad Eul lunedo da berson Prat ;