‹ Chansons et danses des Bretons. --Chapitre 49 sur 90 · Lezd, par contraction, pour lezed · texte numérisé non relu

Lezd, par contraction, pour lezed

Il faudra s'embrasser de bon cœur : — un petit baiser pour elle de bon cœur ;

Un petit baiser pour elle à la mode nouvelle, — et laissez-la à sa place après cela.

Ce n'est plus une ro7ide d'enfanls, mais de filles [plac'hik) et de garçons déjà grands. Ello se fait autour d'une jeune fille, qui doit être assise, au milieu, sous un coussinet [ann dorchen). Faute de coussinet, elle restera debout, naturellement.

Invitée à prendre un cavalier — Keiner mian... — , elle se lève et provoque un court arrêt dans la ronde, le temps d'embrasser le danseur qu'elle a choisi. Le couple se place au centre, à moins que la fille elle-même n'entre dans le rang, pendant que s'achève la chanson. Et puis, au tour de la jeune fille suivante.

Rigoureusement, cette danse est réservée aux jeunes gens. Mais il est fait plus d'une contravention à cette règle, et des personnes mariées se livrent parfois au même jeu : dans ce cas, il est interdit à la femme de rechercher dans la danse et d'embrasser son mari ; si cela arrive, sans doute par mégarde, c'est l'occasion d'un scandale bruyant.

GWRRZ ET SONN 2i9

Souvent un jeune homme se trouve au milieu du cercle chorégraphique, à la place d'une jeune fille ; c'est en contradiction avec l'usage général, et c'est même un contre-sens :

Ptnc'fiifi euz dnn Douar-Newe.

Pourquoi une « fille de Terre-Neuve » ? Hasardons un commentaire. Cette chanson, dont les variantes ne se comptent pas, est connue dans tout le pays de Tréguier, aussi bien dans le Goëlo. On sait combien la pêche de la morue, àTerre-Neuve et en Islande, attire les gens de ces parages. Quelque Terre- Netivienne qui aura suivi en Bretagne un galant pêcheur, a-telle laissé son nom dans ce divertissement ? Est-ce plutôt une Trécorroise, éprise d'un Terre-Neuvirn et malheureuse de son départ? Ce mot de Terre-Neuve est si courant le long de la côte, qu'il aura bien pu, même sans aucune de ces raisons, pénétrer dans un sonn de danse, où les idées ne sont pas de rigueur, les mots appelant les mots et rien ne tirant à sérieuse conséquence. D'ailleurs, il devient impossible, la plupart du temps, de découvrir sous quels prétextes tel ou tel autre nom propre est entré dans une tradition populaire.

Quant à l'air de cette ronde, il en a été déjà question suffisamment (v. p. 44).

ANN ANDOUILLEN

Ann oirou Person en deuz c'hoantet Eunn andouillen bet er moged.

Diskan. — Hop ! hop ! hop ! n'e ket gwir ann dra-ze 0 ieou da, gwir 'walc'h e voa.

Kaset ar vatez prontamant

Da c'houl andouillen 'vid argant.

Pa oa poazet ha poazet m ad, E oa digeset war ar plad ;

Pa oa rannet dre ann anler N'e bade den digand ar flaer.

Pa oa deut pask en amzer vad, Annaïg ar Rouz da govesat :

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