‹ Chansons et dits artésiens du XIIIe siècleChapitre 14 sur 20 · I-J Jakes (Saint). - XXIII · texte numérisé non relu

I-J Jakes (Saint). - XXIII

Jehan (Saint). — XVIII, 90 ; XXIII, 4o.

Jehan (Saint- J. en l'Estrée). — Voir Estrée.

Joie. — Famille des plus riches : les bourgeois généreux qui la composaient ont été chantés par deux générations de poètes.

Jakes ou Jaquemes /. — XVI, 172. A été maltraité par les chevaliers pendant la fête d*Harponlieu (voyez ce mot). — XVII, 100 et suiv. Membre de la carité des Auduins, — XXlV, ii5 et suiv. Était âgé lorsque cette pièce fut composée, puisqu'il y avait déjà trente ans qu'il faisait de l'usure (v. 116). Bien qu'il se soit assurément enrichi de la sorte, il ne déclara sur son brevet que 700 livres de revenus, lors de l'affaire de l'impôt. «On dist c'al sairement fu ivres.» (v. 118.) || Principaux personnages de la famille : Gérard J. (Congé de Bodel); Jehan J, (Congé d'Adan de le Haie, v. i23); Simon J. (God. Inv. II, p. i53; quittance d'avril 1294); Sarain J. Cf. Baude de Pas.

Joïs ou Juïs (les Juifs). — XXI, i53 et suiv.; XXIII. 66 et i58. Il est très remarquable que le premier de ces textes est un éloge dès Juifs. L'auteur admire la solidarité qui les unit, et les déclare, sur ce point, fort supérieurs aux chrétiens.

Kaquinoghe. ~ XXIII, 17. Oncle de Boidekin. C'est l'un des Flamands qui s'arment pour marcher à la conquête de Neuville.

Kiepuce (Ermenfroi). — XIV, 5i-52. Sobriquet (?). Homme fort riche. Mort au moment où la pièce fut écrite. Son héritage alla (v. 53) à Ermenfroi le Tailliere. (Voyez ce nom.)

Kiiere (Grarbin le). — XXin, 170. Nom comique et imaginaire donné par le poète à un Flamand.

Lens (Notre-Dame de). — Lieu de pèlerinage. XVII, a3. L'Euwillerie. — XV, 26. Quartier d'Arras (l'Aiguillerie).

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Lienart (GoLiiBT). — XXIV, 37 et suiv. L'un des bourgeois qui a fait une fausse déclaration de ses biens lors de l'affaire de l'impôt. Parait (y. 4o) n'avoir couché sur son brevet que la moitié de ses biens. Ce personnage est, d'ailleurs, inconnu de nous. || BN. fk*. 845, f* i4a v«; Guillaume Veau adresse une chanson à Jehan Lienart.

Liepin. — XXin, 147 et suiv. L'un des Flamands qui se préparent à assaillir Neuville.

Lille (Jaquemin de). — XIX, 35 et suiv. A dérobé de l'argent. — Un Jaquemin de L., valet de la comtesse Mahaut, est cité un certain nombre de fois dans les chartes {Arch, dép, du P.-de-C, A, 5 1 et a 10). Mais comme les actes qui le concernent sont de i3o5, il nous parait fort douteux qu'il s'agisse là de notre personnage.

Lombardie. — XX, 7; XXI, a8; XXIV, 186.

Lombards. — XII, 83. Désigqp ici les usuriers.

Losinghehem. — XVI, ii5 et suiv. Passage assez obscur. Losînghehem, qui est donné comme un trompeur, semble le même que « cil de Fauvain ». (Voyez ce mot.) Mais la chose reste douteuse.

Loucars, ou Loucard, ou Louchard, ou Louchart. — C'est certainement la famille de l'Artois qui compte parmi ses membres les bourgeois les plus riches et les plus puissants. 11 est donc surprenant qu'elle joue, dans nos textes, un rôle presque insignifiant, et qu'on n'y trouve même pas le nom des principaux de cette race. La cause en est peut-être à la terreur qu'ils inspiraient. Adan de le Haie {Feuillée, 797) nous dit : « Au moins regnent-U maintenant, » et il nous fait comprendre le danger qu'il y avait à s'attaquer à eux, lorsqu'il met dans la bouche de Morgue, interrogée sur ces grands banquiers, ce vers significatif : « Il ne fait mie bon tout dire. » (v. 784.) C'est pour cela que, tandis que tant de Louchard sont célèbres, le seul que nos satires mentionnent est presque totalement inconnu.

Huelpu Huelos L. — XV, 34. Membre de la carité de Saint-Oison. — XVII, 81 et suiv. On le compte parmi les Auduins. « A grans caretes et a cars I Viennent tences a ^sa [maison. » (v. 82-83). — On trouve « Huelars Louchars 9 dans le ms. 854 1 (année 1273, Saint-Remy).

Madeleine. — XIX, u.

Mahalet. — XIV, 20. Nom de fantaisie.

Mahiu (Saint). — XV, 5. Saint sous l'invocation duquel on avait, à ce que prétend par plaisanterie l'auteur de la pièce, fondé une carité.

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Main (Saint). — XV, 3. Sous son invocation est fondée, dit le poète, une carité. Mais c'est certainement là une plaisanterie dont aujourd'hui nous ne sentons plus le sel, faute de savoir à quelle sorte de gens le culte de ce bienheureux était réservé.

Maire (Vaas le). — XVIII, i83 et suiv. C'était un vieillard au moment où la pièce fut écrite (v. i84), et cependant il voulait se marier et avait déjà fait un choix, mais la dame le repoussait à cause de ses mauvaises mœurs. On lit, dans le ms. 854 1 - c a Waast le maieur » (année 1272, Saint-Remy).

Mairesse (Dame Marote la). — Bourgeoise fort riche. XXIV, 173 et suiv.: « Si dist on bien k'ele est warnie | De grant argent et de ricoise. » (v. 176-7.) Elle avait, lors de l'afiTaire de l'impôt, fourni un faux brevet, et c'est ironiquement que l'on dit (v. 179): « Li rois n'a pooir de li nuire. » — Les bourgeoises veuves (c'était assurément le cas de celle-ci) étaient tenues aux mêmes obligations que les bourgeois. A la mort de leur mari, on s'informait si elles voulaient continuer à être comptées dans la bourgeoisie, et, si elles refusaient de recreanter leurs titres, elles perdaient la moitié de leurs meubles et héritages. Par contre, en revendiquant à leur profit la prorogation des privilèges de l'époux défunt, elles se soumettaient ipso facto à toutes les charges de la bourgeoisie. (Voyez Gardevacque, Essai sur la bourgeoisie d'Arras avant la Révolution de 178g, dans les Mémoires de l'Académie d'Arras, II* série, t. XIX.) C'est ainsi que certaines bourgeoises de la ville — comme Tasse l'Anstière, par exemple (voir à ce nom), et celle qui nous occupe maintenant — jouaient, au point de vue financier, un rôle considérable. — Ms. 854i, année ia58 (Purif.): t li mairesse Maroie. 9 — Ihid,, année i3o4 (Pentec): « mairesse Maroie. 9 (Sans doute, la fille.)

Mancions (ou Maucions). ~ XIV, 69 et suiv. L'un des héritiers d'Adam de Vimy. (Voyez ce nom.)

Manencourt (Pierre de). — XVI, i53-4. Donné comme un homme déloyal.

Maquesai (Bauduin). — XXIII, 17, 41, 73 eipassim. Personnage imaginaire et grotesque qui commande l'armée des Flamands réunis pour attaquer Neuville.

Maraduis ou Maraduit (Robert). — Bourgeois qui s'est mal conduit lors de l'afTaire de l'impôt, et qui est cité deux fois à ce sujet. — II, 43 et suiv. Éloge ironique du personnage: cEn loiauté a le cuer duit... » — XXIV, 232 et suiv. Ce passage nous fait connaître le surnom de Robert M. On l'appelait « le Grand ». Il nous apprend aussi qu'il a été obligé de s'exiler (234-5) et qu'il était échevin lors de cette afi'aire de l'impôt. — God. Inv, I, p. i5o; première semaine de décembre 1243 : « Gilles, chevalier, châtelain de Bapaume et seigneur de Beaumez, reconnaît devoir à Robert Maraduic, fils de Thomas Maraduic, bourgeois d'Arras, 5o 1. p. qu'il lui avoit prêtées. » || Autre membre de la famille : Henri M,, sousbailli d'Arras (God. Inv. I, p. 335, janvier 1269)

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Mare (Sainte). — XXJII, i3i (= Sainte-Marie).

Mares (Les). — XXIY, 191. Il semble bien que le Marais déâgne ici un lieu géographique.

Marote li Mairesse. — Voyez Mairesse.

Martin (Saint). — - XXI, i4. Donné comme un modèle de charité,

Maurice (Saint). — XIII, 48.

Mentenai. — XVI, ii3; XXII, 35. Nous n'avons point su retrouver la trace d'une localité de ce nom. Mais, comme elle est citée dans deux passages où il est question d'hommes déloyaux, et que, dans le même vers 1 13 de la pièce XVI, est mentionnée la ville de Blangi (voyez ce nom) dont on fait la patrie des c blankes gens », autrement dit des trompeurs, il est évident que Mentenai, qu'il ait existé ou non un pays s'appelant de la sorte, ne se trouve dans notre texte qu'à cause du rapport qu'il y a entre le mot Mentenai et les termes mentir, menteur, etc. C'est, au fond, une simple plaisanterie, et qui revient souvent dans nos pièces sous des formes différentes. Voir, au mot Blangi, une réflexion de Scheler sur la geste de Blancandin, qui est donnée (XXll, 81) comme sue en grande partie par l'un des trompeurs du moulin de Neuville. Sans doute, on pourrait rapprocher de ce passage le vers 49 de la pièce 11, qui nous apprend qu'un homme sans loyauté, Robert Maraduit, récite Flovent, Pourquoi Fhvent? Parce que le mot de vent (= fourberie) entre dans ce terme. Pour nous résumer, les auteurs de nos pièces ont exprimé par des allégories variées l'idée de ruse et de niaiserie : i*" ils la font entendre par des noms de pays Blangi, MentenaA, So/inghehens (voir à ce mot); a* par des titres de chansons de geste qu'ils supposent lues ou récitées par les trompeurs dont ils parlent fBlancsmdm — FloventJ; 3° par la couleur blanche (blankes gens — blanke cire) ; 4° par le souffle du vent, soit qu'il fasse mouvoir un moulin (XVI, XXII), soit qu'il pousse les navires sur la mer (XXII, 87 et suiv.), soit qu'il amène le froid (ibid,, 44)» qu'il attise le feu (ibid,, 61) ou qu'il anime les instruments de musique {ibid,, 62). Cf. Tobler, Ver m. Beitrœge, II, 200.

Meulens. — XXIII, 55. Nous supposons qu'il s'agit du village de Miaulens, qui était voisin d'Arras et où se trouvait une célèbre maladrerie dans laquelle Bodel (Congé, dernière strophe) demande à être « bouté ». La c porte de Meulens » dont il est question dans notre texte se trouvait à Arras. (BN. lat. 10972, f* 3o V».) — C'est sans doute parce que l'auteur de la pièce XXIII s'est donné la tâche de corrompre tous les noms, afin d'imiter le langage flamand, que Miau lens est devenu Meulens sous sa plume.

Miaus. — III, 21. Meaux.

Miraumont. — XIV, 68. Femme et héritière d'Adam de Vimy. (Voyez ce nom.)

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Moncy (oe). — Famille nombreuse : plusieurs personnages de ce nom sont cites dans nos textes.

r Estevene de M. — XXII, 87 et suiv. L'un des trompeurs du moulin de Neuville : « blanc est dehors, blanc est dedans. » (v. 45.)

2° Gosse de M. — XXII, 207-aio. Homme sans foi.

S*» Jacques ou Jacquemon de Af. — Il est question de sa femme dans la pièce XV, 69 et suiv. Elle est donnée comme « une bone gourdine ». Lui-même est cité deux fois dans la pièce XXIV, car il est doublement coupable. En tant que contribuable (73-76), il a fait une fausse déclaration de ses biens, et, à en croire son brevet, c il est keûs en poureté, » ce qui est assurément ironique. En tant qu*échevin (aai), il a réparti arbitrairement l'impôt. « De Monchi Jakemes » est cité dans 854i} année 1270 (Pentec.). — BN. lat. 1097a, f» 3o v« : « Jacobus de Monchy pro domo que fuit Theobaldi d'Amiens xv den. » Cette maison était sise « in vico abbatie versus portam de Miaullens ». (Voyez Meulens.)

4* Jekan de M, — XV, aô et suiv. Voulait être doyen de la carité de Saint-Oison. — 11 habitait le quartier des tailleurs : « Cil de la taillerie. » On nous apprend qu'il ressemblait à un pois baiens (y, a8). Un acte non daté des Archives municipales de Saint-Quentin donne la liste des frais faits par Jehan de M. pour aller assister à la vesprée des armes du duc de Brabant {BihL de l'École des Chartes, t. XXXV). Son nom se trouve sous la forme « Jehans de Monchiaus » dans un petit cartulaire concernant l'abbaye de Vaucelles (Arch, dép, du Nord), — God. Inv, II, p. 168 : Argent reçu par Jehan de M. d'Arras, qui en délivre quittance (18 sept. ia74). — Il est vraisemblable que ce personnage n'était point aussi digne qu'on veut bien le dire, dans notre pièce, d'être doyen de la société des gens sans esprit, puisqu'il fut bailli d'Arras. —A rc/i. dép. du P.de-C, A, 137 : Comptes de J. de M., bailli d'Arras (Chandeleur 1389.) — Quittance du même (Ibid,, A, i35), août 1294. — Ibid., A, 2. Le comte d'Artois prescrit à J. de M., bailli d'Arras, de procéder au bornage du vivier d'Anzin, appartenant à l'abbaye du Mont-Saint-Eloy (1298). — Avant le mois de novembre de cette annéîe 1298, J. de M. cessa d'être bailli et fut remplacé par Jean Gazier dans cette charge. (God. Inv, lï, p. 347 et 35o.) — Le a3 nov. 1298, Renaud Coignet fait savoir que J. de M., jadis bailli d'Arras, doit, après vérification de ses « comptes fais a nous et a la gent monseigneur », 69 1. 17 s. et 3 d. (Arch. dép. du P.-de-C, A, i45.) || Ne pas confondre ce personnage avec un autre J. de M., échanson du comte, dont le nom revient plusieurs fois dans les actes entre 1297 et i3oo. || Autres membres de la famille. — Le ms. 854i en nomme cinq : 1° Isabiaus (1261); a" Willaume (1278); 3» Rendus (i285); 4» Andrieu (1802). C'est le frère de Jehan. Fastoul (Congé, str. 87) : « Je preng a Jehan de Monci | Congié et a Andriu son freiy. » 5" Baude (1807). || Monchy était situé dans l'ancien Vermandois, et fait actuellement partie de l'arrondissement de Péronne.

Montdidier. - XV, 98.

Montferrat (Marquis de). — Toute la pièce XX est consacrée à la narration d'un trait de générosité de ce personnage bien connu. On sait le rôle qu'il joua lors de la croisade de Constantinople, et avec quel éloge Villehardouin parle maintes fois de lui. Après avoir raconté de quelle

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manière il fui tué par les Bulgares en 1207, le chroniqueur ajoute ($ a 57) :

« Ha lasl com dolorous domage ci ot de tel homme perdre par tel

mésaventure, un des meillors barons, et des plus larges, et des meillors chevaliers qui fust el remanant du monde. » Cette générosité s'exerçait volontiers à regard des poètes : on sait, qu'il fut le protecteur de divers troubadours. La libéralité du marquis était de notoriété publique, et on l'a célébrée fort souvent. Notre pièce XX est un écho lointain de cette tradition flatteuse. Sur ce personnage, voyez Karl Hopf, Bonifaz von Montf errai u. der Troubadour Bamhaut von Vaqueiras (Berlin, 1877), et O. ScHULTz, Die Briefe des Trob, Rambauts de Vaqueiras an Bonifaz I (Halle, 1893).

Montmartre. — XXIV, 188.

Montpellier. - xvm, 118.

Mordenare. -> XXUI, 5o et suiv. Voyez Hersent.

Moussekin (Simon). — XXIII, 18. Est, comme le précédent, l'un des Flamands qui s'arment pour marcher contre Neuville.

Mouton (HuoN). — XIV, 37 et suiv. Une partie des vers qui lui sont consacrés est obscure. Malgré les angoisses qu'il souffrit c au siècle » (v. 4o), il était fort riche, et Waghes Wions (voir à ce mot) recueillit, avec Audefroi, son héritage.

Mules ou Mulet (Wautier). — XIX, 33. A dérobé de l'argent. Son nom est cité dans la Feuillée (871). Pour ce personnage, voir notre étude sur Adan de le Haie.

Naimeri (Wautier). — XIX, 27-32. Le texte est obscur, mais ce qui n'est pas douteux, c'est que ce personnage a détourné de l'argent. Nous n'avons jamais rencontré ce nom dans les chartes.

Nazart. — Famille de bourgeois riches qui ont, au xiii* siècle, fait des largesses à deux générations de poètes. 11 y a lieu d'être étonné de les voir aussi peu souvent cités dans nos textes. Sans doute, ce silence relatif est dû plutôt à la prudence qu'au respect. (Voyez XXII, 109.)

!• Henri N. — IJ, 5o-6. Éloges ironiques du personnage qualifié de « gentil cuer » (5»), assurément par antiphrase. Le vers 56, où l'on dit : a il set bien faire un testament », fait allusion à un acte d'indélicatesse sur lequel nous reviendrons plus bas. — XXIV, 193-196. Henri N. est l'un des plus compromis dans l'affaire des faux serments, et il risque « d'y laisser de son avoir », d'être condamné, pour son faux brevet, à la confiscation d'une partie de ses biens. — God. Inv. I, p. 261. A la date du mardi 16 octobre 1267, le comte d'Artois veut entendre le jugement que les échevins doivent prononcer « sur le forfait de Henri del Gastel et de

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Henri Nazart qui estoient echevins ». Cette prétention du comte cause une discussion fort longue entre ses liommes et les membres du corps municipal. Ces derniers veulent bien que le comte vienne à la halle pour entendre le jugement, mais non avec son conseil. A cela on répliquait c qu'il n'étoit nullement raisonnable que le sire de la terre entendit un jugement sans son conseil dans une affaire qui le concernoit ». Aucun acte ne nous apprend quelle était la nature de ce forfait, mais ce n'est sans doute pas s'avancer beaucoup que de supposer que l'auteur de notre pièce II y fait allusion en écrivant : « il set bien faire un testament. » Il s'agissait probablement d'une affaire de captation. (Sur ce procès, voyez encore le ms. 64o de la Bibl. mun. d'Arras, f» 34.) Nous ne saurions trop répéter ici ce que nous avons déjà dit en parlant de Robert Grespin et de Jacques le Cornu : les indélicatesses et les malversations des riches Artésiens étaient passées dans les mœurs. On les critiquait, on les accusait, on les condamnait même au moment où ils jouaient quelque tour de leur façon. Mais, i)eu de temps après, tout était oublié ou, du moins, on feignait d'oublier leurs fautes, car on ne pouvait se passer d'eux. C'est ainsi que cet Henri N., jugé en 1267 pour un forfait, compromis en 1269, prête de l'argent, à une date postérieure, aux echevins de sa ville, qui l'appellent « boins amis]». Arch, mun, d'Arras, acte sur parchemin, non classé : « Jou, maires, nous echevins et toutes li communités de le vile d'Arras faisons savoir a tous çeus ki sont et ki a venir sont ke nous tous, et cascuns de nous pour le tout, devons a nos boins amis Henri Nazars, ou a chelui ki ches letres ara, wit vint livres, etc.. » — Cet Henri N. a eu un fils nommé Robert, comme nous l'apprenons par un acte qui donne aussi le nom de sa femme {Arch. dép, du P,-de-C., H, Prévôté des eaux. Copies de chirogr., f* 53 r», année 1281): « Sacent tous les servants heritables de la rivière de Saint- Vaast qui sont et qui a venir sont que Robert Nazart, bourgeois d'Ar., fils de Henri, a vendu bien et loyaument... tout le droit qu'il avoit ou pouvoit avoir sur tous les moulins de Saint -Vaast a Demencourt, et en chacun moulin en particulier que Sara Nazarde, sa mère, lui donna a tenir. » — Ne pas confondre ce Robert N., fils de Henri, avec le Robert qui suit et qui était fils de Jean.

20 Robert N, — XXII, 104-112. Nous avons dit, dans notre étude sur Adan de le Haie, tout ce que nous savions sur ce personnage relativement assez connu, et nous demandons la permission de renvoyer le lecteur à ce travail. || Autres membres de la famille : Colart Nazart (Adan de le H., Congé, str. 12); Wilars (ms. 854i, f° 26); Adam, Isabeau, Jacquemon {Arch. dép. du P.-deC, H, Prévôté des eaux. Copies de chirogr., f» i v** et f» 2); Maroie (854i, f"* 35 v>).

Neuville. — La pièce XVI, 108 et suiv., fait une allusion pour nous fort obscure à un vent qui, venant de Neuville, renversera un moulin allégorique, construit par des hommes déloyaux. D'autre part, la pièce XXIII est consacrée tout entière à la prise de Neuville par les Flamands, et il semble bien que cette poésie bizarre constitue de même une allégorie. Y a-t-il un rapport entre ces deux morceaux.^ On le croirait volontiers, mais il est impossible de l'établir. Ce nom de Neuville est tellement répandu partout, et notamment dans le nord de la France, qu'on ne saurait préciser à quelle localité nos poètes font allusion.

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Est-ce à Neuville sur TEscaut, arrondissement de Valenciennes? A.Neuville-sous-Montreuil, dans Farrondissement de ce nom P A Neuville-Saint- Remy, dans Farrondissement de Cambrai ? Nous n'avons su le démêler.

Niedoncel (Seigneur de). — XVI, 82 et suiv. Il s'agit d'un trompeur, mais on ne peut rien préciser sur ce personnage, car il y a eu plusieurs seigneurs de Niedoncel. Les principaux sont : Jehan de iv., sire de Beuvri, qui vend cette ville au comte d'Artois en mai 1266 (God. Inv. I, 296), et Robert de N. (God. Inv. II, 295, année 1298.) Il était mort en i3o6. (Arch, dép, du P.-de-C, A, 220.)

Noir (Le). — i® Gilles Le N, — XVIII, 75 et suiv. Son mariage fut cassé il plaida en vain pour éviter cette mésaventure, et dépensa beaucoup d'argent.

2^ Jacques ou Jacquemon Le N. — Cité trois fois dans nos textes : aj XIV, 57 et suiv. Était mort au moment où cette poésie fut composée, puisqu'on nous y apprend qu'il a laissé tout son avoir à Jehan de Relenghe (voir à ce nom), bj XVI, 172 et suiv. A été bâtonné par des chevaliers durant la fête d'Harponlieu. c) XIX, 19-20. Parait avoir détourné de l'argent. — La femme de ce personnage est citée dans le ms. 854 1, à l'année 1270. — Lui-même est mentionné dans un acte de mai 1260. Les bourgeois de Calais reconnaissent lui devoir 660 1. p. (God. Inv, I, p. 266). La même pièce nous apprend qu'il était fils de « feu Gérard dit le Noir».

Normandie. — XX, 8.

Notome. — XVIII, i43. « Mais i a ja crié notorne. » Est-ce un cri de guerre ?

Oeguiet. — XIV, 19. Nom de fantaisie.

Oison (Saint). — XV. 7 et passim. C'est sous l'invocation de saint Oison, « le frère saint Gourdin, » qu'est placée la cari té des pauvres d'esprit. Sur l'invention de ces saints de comédie, voyez les mots Gourdin,

TOHTUS, TiETON, Ctc.

Oitin {ou diminutif OiteMn), — XXÏII, 118, et tout le passage. Nom de fantaisie. Jeune farlet (!) flamand qui s'arme pour marcher contre Neuville. Ce valet est l'amant de Wisebel. (Voyez ce nom.)

Orange (Willaume d'). — XXIII, 4. Fameux héros de tout un cycle de chansons de geste.

Ostrevant (Archidiacre d*). — XIX, 68 et suiv. L'archidiacre « qui sire est d'Ostrevant » est accusé par l'auteur de la pièce d'avoir eu sa part dans un détournement d'argent. — L'Oslrevant était, dans l'ancienne

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géographie, un pays faisant partie du Hainaut. Actuellement il se trouve dans l'arrondissement de Valenciennes, où il forme les cantons de Bouchain et de Denain. Jadis ses limites étaient assez peu fixes au point de vue administratif, mais il n'en allait pas de même en ce qui concerne la juridiction ecclésiastique. Il constituait, avec des bornes précises, un archidiaconé dépendant du diocèse d'Arras. C'était donc le chef de cet archidiaconé qui s'était montré peu scrupuleux dans une affaire d'argent.

Paipin. — XXIII, 7. Le roi Pépin, père de Gharlemagne, considéré comme héros de chanson de geste.

Papetere (Englebers le). — XXII, 53 et suiv. Ce personnage est donné comme un bavard c qui tous tans papete » (v. 54) et aussi comme un trompeur.

Paris. — VU, 59; XX, 72; XXII, 121 ; XXIV, 188.

Paris (Ermenfroi de). — XXIV, m et suiv. Bourgeois extrêmement riche : c de mars d'argent a il XX mile. » (v. 11 3.) Mais, au moment de l'affaire de l'impôt, il a fait une fausse déclaration de ses biens : c en son brievet n'eut fors que ghile. » (v. 1 14.) U est attaqué comme avare dans la Feuillée (v. 218-9). Voir notre étude sur Adan de le Haie.

Paris (Jagquemin de). — XIX, 35 et suiv. Il a détourné de l'argent.

Pas (Baudb de). — XVIII, 75 et suiv. Marié avec une femme qui était sa parente à un degré prohibé par l'Église, il vit, malgré de longs procès et de fortes dépenses (v. 80-81), ce mariage annulé. Tels sont les renseignements que l'on peut tirer de notre texte, mais il faut croire que ce personnage avait enfin trouvé moyen de faire considérer comme légitime l'union par lui contractée (à Arras, plus encore qu'ailleurs, tout s'arrangeait avec de l'argent), puisqu'il est, dans les actes, plusieurs fois question de sa veuve, qui s'était même remariée. God. Inv, II, p. 280. Le 22 décembre 1297, Robert, comte d'Artois, concède des terres à Sarain Joie, veuve de Baude de P., et à Ansel de Beugy, son mari. — Ibid., ibid,, p. 281. Le 20 janvier 1297, le même Robert reconnaît avoir reçu 2,000 1. t. d' Ansel de Beugy et de Sarain Joie, veuve de Baude de P., en paiement des droits que le comte avait sur les biens dudit Baude à cause de bâtardise. Nous voilà donc fixés sur la naissance de ce personnage. — BN. la t. 10972, f*' 18 ro : Baude de P. paie un droit pour sa maison sise devant Saint- Etienne. Il Autre membre de la famille : Gilles de Pas, Témoin du procès de Henri Nazart* (Voyez ce nom.)

Paus (Willaume as). — [Il est question de Wautier as Paus dans la Feuillée, v. 409, et Monmerqué traduit ce nom par Wautier aux Pouces. Paus ne signifierait -il pas plutôt poi7«?] — Willaume as P. est

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assurément le personnage que nos pièces mentionnent le plus souvent, et, chose fort curieuse, nous n'avons su nulle part découvrir son nom dans les actes. ?ious devons donc nous borner aux renseignements tirés de notre texte. — II, 64-65 : Il a < soufflé > (= trompé) à son ordinaire.

Il s'agit de l'impôt mal réparti. Toutes les poésies qui traitent ce sujet citent notre personnage.) — XIII, 4a-44< H est, avec les Grespin et les Frékin, l'un des plus compromis. — XV, 35 et suiv. Son fils est digne de faire partie de la confrérie de Saint-Oison. Ce passage nous apprend que la famille demeurait c el gcant marqiet ».. — XXII, 73 et suiv. Le même est donné comme un trompeur éhonté : • N'a si menteur dusk'en Galabre » (v. 74) ; ses voisins mêmes ne peuvent avoir confiance en lui (v. 76-6). — XXIV, 85 et suiv. Il a donné une fausse déclaration de ses biens, ce qui n'est point étonnant, car « de mentir set il bien sen roi > (v. 89). Le vers 90, qui nous apprend qu'il est c hors du dangier le roi » est ironique. On comprend aisément que Willaume était, au contraire, poursuivi par la justice. Ce passage contient, à n'en point douter, une allusion au métier de ce bourgeois déloyal. Mais comment faut-il entendre c en pauciant > (v. 85)? Serait-ce une allusion au métier de tanneur? — Willaume as Paus est cité dans le ms. 854i, à la date de 1269 (Pentec.).

Il Autres membres de la famille: Wautier (Feuillée, 409); Jehan (854 1, année 1267); Paske {Ibid., année 1272); Benedicta{Ibid., année 1284).

Pautres (Pierre li). — XXÏI, 71-2. Donné comme un homme sans foi.

Philippe (Le roi). — XXI, 6 et suiv. II s'agit évidemment ici de Philippe-Auguste.

Pié (Henri au). — XVIII, i36. Se propose d'aller à l'armée pour servir le pape contre l'empereur. — XXII, 2i3 et suiv. Blâmé comme homme déloyal.

Piere (Mahiu de le). — XVII, 96 et suiv. Membre de la carité des Auduins. Nous savons par diverses pièces que ce Mahiu était servant héritable de la rivière de Saint- Vaast. {Arch. dép, du P.-de-C, H, Prévôté des eaux. Copies de chirogr., f» 23 v*.)

Piere (Robert de le). — I, 16 et suiv. Membre du Puy ; héritier, en poésie ou en musique, de la méthode du vieux Fromont, il charme par ses chants le bon Dieu descendu à Arras. Sur ce Robert, poète fort connu, voyez Hist. Litt, XXIII, 749-750, et Louis Passy, Bibl, de l'École des Chartes, 4* série, t. V, p. 3i8 et suiv. || Nota : Nous avons cru devoir faire deux articles de Mahiu de le Piere et de Robert de le Piere parce que nous ne savions pas s'ils appartenaient à la même famille. Le nom qu'ils portent est, en effet, très répandu : Baude et Thomas de le P. (Congé de hodéi); Jehan de le P, (ms. 854 1, année 1270), etc.

Pierre (Saint). — XXII, 90.

Pol (GuioN de Sakt). — III, 97- 108. Les vers qui lui sont consacrés sont assez obscurs. Mais il semble qu'il ait été un magistrat qui avait

CHANSONS ET DITS ARTÉSIENS DC XIH* SIÈCLE l43

poursuivi et saisi quelques-uns des bourgeois coupables de fausse déclaration de biens. C'est ainsi, du moins, — mais peut-être à tort, — que nous comprenons le passage où on le compare (v. io3) à un peskieres qui prend un poisson riche (v. io6) dans un endroit où il n*y a point d*eau (v. io4-io5).

Pol (Saint). — V, 62 et 63.

Poucin, Pouchin, Poucinois, Pouchinois. -- L'une des plus grandes familles d'Arras. Elle peut être comparée à la dynastie des Loucars, des Esturion, des Nazart, des Doucet, etc. Les Poucin, en général, furent compromis* dans l'affaire de l'impôt, et l'on désigne par leur prénom quatre frères également coupables. (Il, 36-42.) Ce sont Jakes, Simon, Cholars, Pakès. Les éloges qu'on leur adresse sont, à n'en pas douter, ironiques, ce qui est, d'ailleurs, l'esprit de tout le morceau. Mais cette opulente famille, attaquée ici, a été surtout louée par les poètes à qui elle fit de grandes largesses. Il faut croire que l'auteur de la pièce II aura été oublié dans la distribution ! La preuve que les écrivains du temps ont célébré cette famille se trouve dans nos textes mêmes. (I, II -i3.) « Pouchins li ainsnés » (la pièce II le nomme Jakes) y est donné comme si savant en astronomie que le bon Dieu descendu à Arras pâlit de l'entendre, sans doute parce que l'orateur en sait autant que lui. A ce témoignage, agoutons celui d'Adan de le Haie (Congé, 98-100), celui de Fastoul qui adresse aux frères Pouchin quelques vers élogieux qu'il est à propos de rapprocher de ceux de notre pièce II : « A dieu comant les Poucinois | Car mult les ai trouvé courtois | ...Se de Paket ne me looie I Et de Symon, je mefferoie | Plus que d'autres, c. mile tans. | Tous jors les ai trouvés en voie | De faire tanques lor prooie; | A lor biens estoie partans... » || Outre les frères dont nous avons parlé ici, l'on connaît plusieurs autres personnages de ce nom. Sur toute cette famille, voyez notre étude sur Adan de le Haie.

Provins. — XVIII, 100-103. L'auteur cite un proverbe concernant les € valets de Provins », dont aucun ne se marie avant d'être vieux et chenu,

Puignel. — XVII, 87. Moulin.

Quemnze (de). — XXIII, a6. Est-ce bien un nom propre?

Raimbert (Thomas). — XIX, 22. Accusé d'avoir détourné de l'argent. Rains. — X. 5i. Reims.

l44 BIBLIOTHEQUE DES UNIVERSITÉS DU MIDI

Relenghe (Jehan de). — XIV, 59. Héritier de Jakemon le Noir. (Voyez ce nom.) — Baude Fastoul salue ce personnage dans son Congé (sir. 36) et le qualifie de « monseigneur ».

Renti (Ernoul de). — XVI, i46 et suiv. Donné comme un trompeur. Il Ce nom est répandu. On connaît le poète Jean de R, (Hist, litt,, XXUI, 645-6; Dinaux, Trouv, Art); André de i?. (Recueil des OUm, t. V', p. 712-713). L'acte qui le concerne et qui le condamne à passer cinq ans en Terre Sainte est de ia68.

Reveaux ou Reviaus. — Trois personnages de ce nom dans nos pièces :

I* Gérard R, — XXIV, 233 et suiv. Echevin en charge lors de Taffairô de l'impôt mal réparti; fût contraint de s*exiler.

a» Thibaut /?. — XIX, 26. A dérobé de l'argent. Cité dans BN. lat. 10972, f»a7 V».

3* Wike R» — XVIII, ao6 et suiv. « Onkes ne dit parole voire. » (v. aog.) Ses mœurs semblent avoir été mauvaises.

Riquejore du Pré. — XXIII, 19. Sans doute un nom de fantaisie. L'un des Flamands qui marchent contre Neuville.

Robert. — XIX, 23 et suiv. Tout ce que nous savons sur ce personnage dont on ne donne que le prénom, c'est qu'il avait détourné de l'argent et qu'il était parent de Gossuin de Hées. (Voyez ce nom.)

Roelin. — XXIII, ao. L'un des Flamands qui veulent s'emparer de Neuville.

Roi (Mahieu le). — XVIII, 195 et suiv. Voudrait se marier pour échapper à un ordre du pape qui convoque les célibataires contre l'empereur, mais il ne peut trouver femme.

Rome.— X, 5i ; XVII, 106; XVIII, 3a, 5o, 85, 107.

Roumacle (Saint).— V, 7; XIII, la et suiv. Nous avons cru d'abord que c'était un nom de saint inventé à plaisir et par plaisanterie. Mais il y a, dans la GalL Christ., t. ill, col. 8a3 sqq., une notice sur un saint nommé « Remaclus, seu Remaclius et Rismaclus », né en Aquitaine d'un père nommé Albutius et d'une mère qui s'appelait Matrinia, et qui était fort riche. Remaclus, envoyé à Clotaire et recommandé à saint Éloi, fut nommé évéque en février 653, abdiqua en 66a, se retira dans un monastère, et mourut en 668. Est-ce notre saint Roumacle.^

Roussiaus li Tailliere. — I, 19. Membre du Puy et poète; chanta dans la séance que les membres de cette société littéraire donnèrent au bon Dieu descendu du ciel pour les entendre. Ce personnage est inconnu de nous.

CHANSONS ET DITS ARTÉSIENS DU XIU* SIÈCLE l45

Sainteron. — XIV, 19. Nom supposé.

Salenike. — l, 89; m, 107.

Salouwart. — XXIII, 83 et i5a. Il semble d'abord que ce soit le nom d'une épée, mais, comme nous voyons deux héros ceindre salouwart, et qu'il n'est guère vraisemblable qu'ils aient baptisé leur arme du même nom, nous nous demandons s'il ne s'agirait point ici d'un nom commun, inconnu de nous.

Sawale (Messire). — XIX, 62 et suiv. Il est impossible d'identifier ce personnage, qui n'est ici désigné que par son prénom. Le texte nous apprend qu'il avait dérobé de l'argent et qu'il avait été forcé de s'exiler.

Scovelin (Willaume). — XXIII, 24. Nom de fantaisie; l'un des Flamands qui vont attaquer Neuville.

SezUe.-XIII, 4; XVI, 126.

Simencort (Dame de). — XV, 94 et suiv. Elle était femme de Mahieu le Tailleur et digne de devenir prévôté dans la carité de Sainte -Amueline, (Voyez Mahiu le Tailleur.)

Simon. — VIII, i53. Auteur de cette pièce VIII.

Sotinghehem. — XIX, 66 et suiv. Le morceau où ce nom se trouvé est assez obscur. L'auteur parle de Sotinghehem comme d'une localité (v. 66, 73, 79-80). Mais on peut croire qu'il s'agit ici d'une pure plaisanterie, et que ce château, ce repaire, dont le nom contient le mot sot, a été inventé à plaisir comme la capitale des gens dénués de sens. (Voyez Mentenai.) Le vers 80, où l'on nous apprend que saint Acaire (voyez ce mot) est le seigneur du pays, corrobore fortement cette opinion. Toutefois, nous ne serions point surpris que l'ironie fût ici à double tranchant et qu'elle atteignit aussi un personnage du temps. Sotinghehem pourrait bien être une altération volontaire et plaisante de Hokinghehem, Ce dernier fut sous-bailli d'Arras, et, en cette qualité, il devait présider aux enquêtes et jugements. (De fait, en 1386, il dirigea contre les échevins de Boulogne une importante instruction.) Or, le vers 66 de notre pièce : € car a Sotinghehem voirai a ex plaidier, » semble bien faire allusion à un magistrat. Sur Hokinghehem, voyez God. Inv., I, 567, 672, 58i, 588-9. Il Ajoutons, pour être complets, qu'on trouve, dans les chartes, le nom du seigneur de Sotenghem, {Arch, dép, du P^-de-C, A, 5i.) Mais la pièce qui le concerne est de i3o5. Nous pensons donc que la plaisanterie de notre texte consiste à changer Hokinghehem en Sotinghehem et à parler de ce magistrat comme du château fort et du refuge des sots. — Ce n'est là, il est vrai, qu'une hypothèse.

l46 BIBLIOTHEQUE DES UNITERSITÉS DU MIDI

Sparoare. — XXIII, 2a. Nom de fantaisie. L'un des combattants de Farmée flamande.

Stalin (Wistàsse). — XXIII, 19. L*un des Flamands qui menacent Neuville.

Soucès (EsTEVENEs de). — XXIV, i43 et suiv. C'est Tun des bourgeois qui firent, lors de Taffaire de l'impôt, une fausse déclaration de leurs biens.

Taillerie. — XV, a5. Quartier des tailleurs où habitait Jehan de Monci. (Voyez ce nom.)

Tailliere (Ermenfroi le). — XIV, 53 et suiv. Ce personnage, dont le poète fait l'éloge, reçut l'héritage d'Ermenfroi Kiepuce, mais il était mort lui-même au moment où la pièce fut composée, puisque ses biens étaient passés aux mains de son fils Mahieu dont le nom suit. — BN. lat. 10972 (Gensier de 1261, f* 29 v) : « Ermcnfridus le Tailleur pro domo que fuit Œde Biel-œul, XVIII den. et IV cap. in Nat. » Cette maison était sise « in vico abbatie versus portam de Miaullens >. Mais il possédait un autre immeuble « extra portam de rotunda villa » (Ronville). (Ibid,, f* 33 v.)

Tailliere (Mahieu le). — XIV, 55-6. Fils et héritier du précédent. L'auteur semble faire l'éloge de ce personnage, c car il n'est mie sos naius. » ^ais, dans la pièce XV, 96, la femme de Mahieu le Tailleur (la dame de ^imencort. — Voyez ce nom) est aigrement critiquée.

Tailliere (Wistasse le). — XXII, i36 et suiv. Attaqué comme un trompeur. On se moque aussi de ses connaissances astronomiques, et l'on prétend qu'il lui suffit de passer en un bois pour savoir combien il s'y trouve de feuilles. (Cf. une plaisanterie analogue concernant Hellins Audefroi.)

Teneveaus (Jehan). — XIX^ 20. A détourné de l'argent.

Tieton (Saint). — XV, 5. Saint de fantaisie (?), sous l'invocation duquel aurait été placée l'une des carités d'Arras. Mais c'est évidemment une plaisanterie.

Tisterant. - XXItl; p,

Tortu ou Tortuel ou Tortuau (âAiNf); — V, u, at; XVM, 6ti C'est le patron des ivrognes. Baiser saint Tortuel = boire. (Cf. Adan de le Haie, Afo/enil, i.)

Travelouce (Wistasse). •— XXlI, 18 et suiv. Donné comme un trompeur et un menteur. Même dans ses meilleurs moments^ il est suspect de

CHANSONS ET DITS ARTESIENS DU XUI** SIÈOLE l^'J

trahison. || Nous ne savons rien sur ce personnage. Les chartes font seulement mention — mais à plusieurs reprises — d'un Jacques Traveloace. (BN. lat. 1097a, f> II r«; Arch. dép. du P.-de-C., A, i5; Fastoul, Congé, str. 25.)

Trie (Mahieu de). — XVI, 87 et suiv. Donné comme un menteur, un trompeur. Ce personnage a joui d'une certaine notoriété. — En octobre 1247, Alphonse, fils du roi de Portugal, comte de Boulogne, écrit à Robert, comte d'Artois, pour le prier de confirmer une donation de terres par lui faite à Mathieu de Tria, chevalier. (Arch, dép. du P.'de-C, A, II.) — Le 6 septembre i255, Mathieu de T. assiste à un jugement de Mahaut, comtesse de Boulogne, femme d'Alphonse qui précède. (God. Inv., I, p. 240.) — En 1265, t Matheus de Tria, comes Domni Martini, » a un procès en cour royale. (Recueil des Olim, t. I, p. 618 et suiv.) — En 1291, un c Matheus de Tria, miles », est désigné par Philippe le Bel pour entendre et décider les requêtes durant le parlement tenu dans les trois semaines après la Toussaint. (Ordon. des Roys de France de la troisième race, vol. I, p. 32 1.) Mais il est douteux qu'Û s'agisse, dans cette dernière pièce, de notre personnage, qui était déjà mêlé, en 1247, ^ ^^ vie publique. Probablement il est question d'un fils. || Autre membre de la famille : BN. fr. 844t ^ 98, Jehan de Trie, auteur de deux chansons.

Turs. — XVm, 176. Les Turcs.

Veaus (Martin). — XIX, 17 et suiv. C'était le neveu de Jehan Duran (voyez ce nom), et il avait dérobé de l'argent. || Était peut-être parent du poète Guillaume Veau (Hist. litt,, XXIII, p. 610). Nous avons un certain nombre de pièces d'archives sur Guillaume, mais non sur Martin.

Verdière. — C'est le nom d'une grande et nombreuse famille artésienne.

!• Bertoul V. — XVIII, i4i et suiv. Déclare qu'il aime mieux se marier que de se rendre à l'armée où le pape convoque tous les célibataires contre l'empereur. Il ne veut point bouger d'Arras (v. i45). — XXIV, 125 et suiv. Le même Bertoul V. a fait une fausse déclaration de ses biens, lors de l'affaire de l'impôt mal jéparti. Ce passage éclaire les vers ii5i20 de la pièce III, où il est question d'un Verdière dont on ne donne point le prénom. Gomme les pièces III et XXIV traitent bien nettement le même sujet, il est clair que le Verdière de la première est le Bertoul Verdière de l'autre. Ajoutons que l'on peut même supposer que le même écrivain a composé les deux morceaux, car on y trouve une plaisanterie tout à fait semblable sur ce mot de Verdière, qui était un nom d'homme, mais s'appliquait aussi à un oiseau. III, 116 -118 : c ... ainques ni prist quaille I N'aloe cantant, | Ains prist tel verdière... » — XXIV, 125-127 : c Avant ier perdideus oisiaus, | Hé Diex, ki est uns damoisiaus | G'onapele Bertoul Verdière. t Ces deux textes rapprochés tendraient à prouver que Bertoul V. fut mis en prison* -» La richesse de ce personnage est évidente d'après

le ms. 10972 (BN. lat., Censier de 1261). On y voit qu'il possédait plusieurs immeubles. F* i4 v* : c Bartholomeus Verdiere pro. 1. foulenech qui fuit domini Balduini dicti canis, XII den. in Nat. » — c Item, idem Berlkouldus Verdiere pro manso qui fuit Lamberti Folie, XI sol. VI den. » Ces propriétés se trouvaient c in valle S* Stephani ». — F* 17 v* : « Berthouldus Verdiere pro domo que fuit Dodonis canis, III, sol. VI den. • Cette maison s*éleyait devant Saint-Étienne. — En 1264 ou 1265 : Note de ce que les échevins de Calais doivent à Barthélémy Verdiere (God. Inv., I, p. 291). — Était mort avant 1274. En effet, on lit dans l'état des dettes du comte d'Artois (Avignon, i'' juillet 1274) : « aux exécuteurs de feu Bertoul Verdiere... » (God. Inv,, I, p. 435 et suiv.) Un autre acte du 9 décembre 1279 (GJod. Inv., h p. 493) nous apprend que les exécuteurs testamentaires de Bertoul V. avaient prêté à Robert d'Artois 1,000 1. p. que celui-ci s'oblige à payer. — Bertoul V. est cité dans le recueil 854 1 , à la date de 1267 ( Saint- Remy).

2» Phelipot V, — I, 18. L'un des plus célèbres poètes du Puy d'Arras. — Monmerqué (Th,fr, au moyen-âge, p. 23) édite celte première de nos pièces, et met à tort une virgule entre Phelipos et Verdiere. C'est bien un seul et même individu. Sur ce poète, voyez Louis Passy (Bibl. de l'École des Chartes, 4* série, t. V, p. 826 et suiv.). L. Passy prétend — selon nous, sans preuves suffisantes, — que Phelipot V. serait l'auteur du Dit des Marcheans. 11 suppose que Phelipot était frère de Jehan V., parce que Fastoul les nomme ensemble dans la str. 12 de son Congé. S'il en était ainsi, — et la chose est bien probable, — Phelipot devait être fort riche comme ce frère dont l'opulence est évidente. Sur les œuvres poétiques de ce personnage, voir Ars. fr. 3ioi, f«^ 827 ; BN. 845, f* 1 18 Vet 119 r' (chanson à lui adressée par Colars le Bouteiller). — Dans le recueil 854i (année 1278, Pentec.),on lit : € mère Phelippot Vdiere. »

Autres membres de la famille : i* Jehan V. (Nous insistons davantage sur celui-ci à cause de sa parenté probable avec Phelipot.) Fastoul, Congé, str. 12 et 47 ; Grod. Inv., I, p. 291. Note de ce que lui doivent les échevins de Calais; Arch. dép. du P.-de-C, H, Prévôté des eaux. Copies de chirogr., f> 56, acte de 1284: «Vente faite par Jehan Vredieres (sic) d'Arras, fils de Jacques et de Maroie...»; BN. lat. 10972, f* 35 r*. — 2' Vaast V. Fastoul, str. 27. — S"" Rogier V, Recueil 854i, année 126 1; BN. lat. 10972, f* 4i r°. — 4' Martin F. Recueil 854i, année 1270; Arch. dép. du P.-de-C, H, carton CC, liasse 3 (pièce de 1271). — 5* Mahieu V. (père du précèdent, Congé de Bodel.

Viler. — XXII. 197. Nous avons expliqué au mot « Bailliu » que nous pensons qu'il est question ici de Villers- Sire -Simon, canton d'Aubigny, arrondissement de Saint-Pol, à dix-neuf kilomètres d'Arras. Mais ce nom de Villers désigne aussi, dans le département du Pas-de-Calais, plusieurs autres bourgades : Villers -au -Bois, Villers- au -Flos, Villers- Brulin, Villers-Châtel, Villers-les-Cagiiicourt et d'autres encore.

Vimy ou Vimi (Adam de;. — XIV, 65, et XXII, 168 et suiv. — Ce personnage est désigné deux fois par les mots c Maistre Adans :», qui ne sauraient nullement s'appliquer à Adan de le Haie. — La pièce XIV traite de son héritage, qui échut à la dame de Miraumont, sa femme, et

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CHANSONS ET DITS ARTESIENS DU Xm* SIÈCLE l49

à un bourgeois nommé Mandons. (Voyez ces mots.) Pour cet héritage d*Adam de Vimy, mort vers ia63, nous renvoyons à notre étude sur Adan de le Haie, p. 23-4. On y trouvera aussi (p. 189-190) deux ou trois autres renseignements que nous ne faisons pas entrer ici et qui concernent ce personnage, dont la notoriété fut très grande et le rôle très important. L'auteur de la pièce XXII, après avoir dit, non sans quelque orgueil, qu'Adam de V. l'invite fort souvent (v. 171), mais qu'il ne se rend jamais à son hôtel (v. 170), l'attaque avec beaucoup de violence. Il lui reproche son manque de loyauté qui fait que l'on doit avoir autant de confiance en lui comme l'oiseau en a pour la glu (v. 175-6); il constate qu'il fait la besogne des hommes riches et coupables (v. 177-179) pourvu que cela lui rapporte gros (v. 180), mais que les plaignants pauvres ont toujours tort devant lui. Cela nous prouve qu'Adam de V. était avocat ou qu'il touchait, à un titre quelconque, aux tribunaux de son • pays. En réalité, il fut délégué maintes fois comme arbitre ou comme juge, et il a rendu de grands services à ses concitoyens. Il était seigneur de Baudimont (voyez ce mot). Il serait inutile et fastidieux de rapporter ici toutes les chartes qui le concernent. En voici quelques-unes : God. Inv,, I, p. 107. Jacques Torcot vend à Adam de V. tout ce qu'il possède dans le fief du neuf Baudimont (mai 1239). — Ibid., p. i83. Maître Adam de V., clerc, déclare avoir remis 200 1. p., du consentement d'Emma, sa sœur, au prieur et frères de l'hôpital de Jérusalem (mai 12^7). — Ibid., p. 210. Innocent IV, par une bulle datée de Pérouse, s'oppose une action en excommunication lancée par Adam de V. contre Lippl de Estèves et Béatrix, sa femme (1262). — Ibid., p. 242. Adam de V. e appelé à comparaître devant le pape pour répondre à l'évéque d'Arra qui prétendait avoir des droits « sur les arbres du côté de Mareuil 9 (21 jai vier 1255). — Ibid,, p. 25 1. Adam de Vimy assiste, comme homme d comte, au procès de Henri Nazart (voyez ce nom). — Ibid., p. 26; L'abbesse et tout le couvent d'Avesnes reconnaissent une cession faite Adam de V. (18 novembre 1259). — Nous avons encore des actes d 3o décembre 1248 {Arch. dép. du P.-de-C., A, 11)» de juin 1259 (Ibid A, t4), de novembre 1260 (Ibid., ibid.J. On voit par là, et il s'en fai que nous citions tout, l'importance de ce personnage.

Vinier (Jehan le). — XXIV, 23 1 et suiv. Échevin en charge lors d l'affaire de l'impôt, il dut s'exiler. — Recueil 854 1, année 1283, cpr Vinario Jehan. 9

Vrouwe Lisse. — XXIII, 53. Nom de fantaisie. Tante de Simo Banin et cousine germaine d'Hersent, parâlre de Willaume Mordenan (Voyez ces noms.) Toute cette prétendue parenté est inventée pour e tirer un effet comique.

Wagon. — Nom très répandu dans l'Artois, et qui appartient à de familles riches et considérées. Quatre personnages sont désignés dan nos pièces :

1» Andrieu W, — XV, 90 et suiv. Il parait être question de sa femme

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mais le passage est des plus obscurs. — XXII, 1 13 et suiv. C'est un tromy peur, un homme sans nulle sincérité : « Quant plus jure grant sairement, I Dont sui jou bien seûrs qu'il ment. » (v. 1 17-8.) Un hypocrite avec cela: « Au parler sanle une pucele. » (v. 128.) — BN. fr. 854 1 : « li Wagonois Andrius «(année 1286, Saint-Remy). — BN. lat. 1097a, f> 24 v® : c Andréas Wagons pro domibus que fùerunt Jacobi le Tailleur. » Ces maisons étaient sises c in castello ]>.

2» Henri TV. — XXII, i25 et suiv. Donné comme un trompeur : « cil vente bien » (v. 127), mais on explique ce vice par sa jeunesse et sa sottise (v. 127-8). — XXIV, 91 et suiv. «Il tailla un corion » dans le testament d'Adam Esturion (voyez ce mot), c'est-à-dire qu'il s'en adjugea une part qui ne lui revenait pas et ne montait pas à moins de 900 1. — Compromis dans l'affaire de l'impôt, il envoya laine en Angleterre (v. 102), ce qui signifie qu'il prétendit avoir fait passer une partie de sa fortune en ce pays. 11 £goutait que le navire avait chaviré (v. io3) et que, par suite, sa ' richesse se trouvait amoindrie (v. io4). Autant de romanesques mensonges pour être moins fortement taxé. — BN. lat. 10972, f> 26 v^ : « Henricus Wagon pro domo que fuit Ricouard ante viculum qui ducit ad portam S^Michaelis, IV sol. »— Sur ce personnage, cf. Recueil des Olim, 1. 1, p. 887.

3° Laurent W. — XXII, i et suiv. Il veut faire un moulin de vent dont toutes les pièces seront constituées par la personne d'un trompeur. Ce projet le désigne lui-môme comme un menteur de premier ordre. — Arch. dép, du P.-de-C, A, 35. Confirmation par Jean de Melun et Barthélémy de Montet d'un acte de l'abbé et des moines du monastère d'Anchin, de mars 1289, <I^ établissaient en faveur de Laurent W. une rente viagère (juillet 1290).

4° Wion W. — Plus connu sous le nom de Waghes Wion. M. Passy a observé le premier, à notre connaissance, que les mots Waghes Wion, Wagon Wion, Guion Wagon désignaient un seul et même personnage. A. Dinaux {Trouv, art,, p. 317) prend le dernier de ces noms pour le nom d'une localité, et parle d'une chanson envoyée à Guion Wagon, près Poitiers!! Ce personnage est cité deux fois dans nos textes. — XlV, 43 et suiv. Nous apprenons qu'Huon Mouton (voyez ce mot) lui a laissé un gros héritage. On doit en conclure que le passage de la pièce XXIV, où l'on prétend (v. 124) « qu'il est keùs en grant poverte », est ironique comme tout le reste du morceau. Waghes Wion feignait d'être pauvre sur son brevet afin de payer une contribution moins forte. — II eut des rapports avec tous les poètes de son temps. Le Cuvelier lui adresse l'une de ses chansons. (BN. fr. 845, P i3o vo.) Bretel le prend pour juge d'un jeu-parti. (Passy, ouvr, cit., p. 36.) — BN. lat. 10972, f« i5 r® : c Vago Wionspro domo que fuit patris de Warluis, VIII sol. VI den. et XI cap. in Nat. 3 Cette maison était dans la rue qui va de Saint-Aubert à Saint-Étienne. — Ibid,, f> 3o ro: c Wago Wions pro domo que fuit Richeri Amions, VI cap. in Nat. » Cette maison était sise c in vico abbatie versus portam de Miaulions ». — Le nom de Waghes Wion se trouve dans le ms. 854 1 (année 1273, Saint-Remy). |] Autres membres de la famille : 1^ Guillaume W, {Feuillée, 24i); 2û Simon W, Congé de Fastoul, str. 48. God. Inv,, II, 243 et 244. (Voyez aussi au mot Robert Bernard); 3® Tasse W,, chantée par Robert de le Piere (Ars. 3ioi, f» i65); 4° Jehan W, Ms. 854i (année 1269, Saint- Remy). God. Inv., II, p. 244; 50 Gillot W. Ms. 854 1 (année 1274).

CHANSONS ET DITS ARTÉSIENS DU XIII'' SIECLE l5l

Waidier (Mikiel le). — XXIV, 223. Échevin en charge lors de TafiTaire de rimpôt. Notre poète le qualifie de c signeur ». — Juge d'un jeu-parti entre Thomas Hëriers et Gilebert de Berneville (BN. fr. 1109, f> 325).— Son frère est cité dans le ms. 854 1 (année 1275, Saint- Remy). !| Autre membre de la famille : Baoul le W, (Feuillée, 880.) || Monmerqué {Th.fi; au moyen-âge, p. 85) traduit Waidier par garde-chasse (?).

Wailli. — iV, 85. Personnage inconnu de nous.

Wailli. — XVIIl, II 3. Cri de guerre. Voyez Le Gentil, Le vieil Arras : Flamens crient « Arras » et Angevins « Valie » [ou Valée?],

Mais nous ne savons d*où ce vers est tiré.

Wailli. — XXII, 34. Nom d'une localité. H y a deux Wailli dans le Pas-de-Calais. L'un, probablement le nôtre, est dans le canton sud et arrondissement d'Arras, à 7 kilomètres de cette ville ; l'autre en est distant de 83 kilomètres.

Wales. — XIX, 61. Le pays de Galles, célèbre par ses laines.

Walopin. — XXIII, 149, i53. Nom d'un cheval,

Warance. — XVII, 89. Quartier d' Arras, où l'industrie de la garance était fort développée. Cf. Feuillée, 294-5: a ...Les femes de le Waranche I Se font cremir et resoignier. a

IVarluis (Pierre de). — XXII, 83 et suiv. Trompeur : « de mentir n'a sen per u mont » (v. 86).

IVamier. — XVIII, 137 et suiv. Frère de Jehan Le Gras (voyez ce nom). A l'intention de partir pour l'armée afin d'obéir à l'ordre du pape qui convoque les célibataires contre l'empereur. (Passage ironique.)

IVauteron. — XIV, 20. Nom imaginaire.

IVautier. — XXIII, 45. Parâtre de Bauduin Maquesai et cousin germain de Fromont de Lens.

IVibaus. — XXI. 72. Nom de fantaisie.

Wike. — I, 37 et suiv. Membre du Puy d' Arras. il semble avoir excellé dans l'art de distraire les hommes riches (v. 4o). Il appliquait l'histoire naturelle à la gastronomie (v. 38).

IVillaumes. — XIX, 52-53. Nous ne savons quel est le personnage que l'auteur désigne par cet essai de cryptographie naïve. Ce qui est certain, c'est qu'on le donne pour un voleur.

IVion. — Nom très répandu dans l'Artois. Familles importantes et nombreuses. — Nos pièces citent deux personnages : 1° Mahieu W. — IV, 85 et suiv. Personnage extrêmement riche, dont la

l5a BIBLIOTHEQUE DES UNIVERSITÉS DU MIDI

mort, récente au moment où la pièce IV fut composée, sert à l'auteur d'exemple pour démontrer la vanité des grandeurs humaines. Ce Mahieu W. est mort avant 1268, comme on le verra plus loin, il est peu connu par lui-même, mais son fils, Sawalon W., a été l'un des plus grands banquiers du temps, et son nom se retrouve bien souvent dans les chartes. C'est grâce à lui que nous avons quelques données — bien peu de chose! — sur son père. — God. Inv,, ly 3a a. Les échevins de Calais reconnaissent devoir 117 1. p. à Sawalon W., bourgeois d'Arras, fils de feu Mathieu W. (février 1268). — Arch. dép, du P,deC, H, Prévôté des eaux, copies de chirogr., fo 55 r©: c Sacent tous les servants heritables de la rivière de S. Vaast, qui sont et qui a venir sont, que Sawalon W., fils de Mathieu, a werpi, etc.. a Simon Wagon (voyez ce mot)... tout ce que Gertrude Wagone, sa mère, pouvait avoir, etc..» (ia65.) De cet acte il y a deux renseignements à tirer : le premier — le plus important — c'est qu'en ia65 Mathieu vivait encore; or, nous avons vu qu'en ia68 (février) il était mort, d'où il suit que c'est en ia66 ou 1267 qu'il est décédé, et que notre pièce est de l'année 1268, selon toute vraisemblance; le deuxième, c'est que ce personnage avait épousé Gertrude Wagone. Il Sur Sawalon W., fils de Mahieu, voyez Robert Crespin, acte de mars ia88; God. Inv., I, p. 364, 385, 4i5, 6i5; BN. lat. 1097a, P ai v».

2» Pierre W, — XXIV, 217 et suiv. 11 était échevin en charge lors de l'alfaire de l'impôt mal réparti. Il parait avoir beaucoup fréquenté les poètes. Il est juge d'un jeu-parti entre le Cuvelier et le trésorier d'Aire, d'une part, entre Bretel et Lambert Ferri, de l'autre (Vat, lAgo, f* i6a r®); juge d'une autre parture entre Bretel et Perrin d'Angecort (/6id., f» 169 r®) ; est cité dans une complainte de J. Erard (BN. fr. xa6i5, f° i3o v"). — God. Inv,, I, p. 1 36 : « Gilles, chevalier, châtelain de Bapaume et seigneur de Beaumez, déclare avoir vendu à Pierre Guion,... bourgeois d'Arras, 4oo muids d'avoine à payer en quatre termes dans la ville d'Arras. » (a3 mars ia4a.) — Ibid., I, p. aga : « Les échevins de Calais reconnaissent devoir 377 1. p. à Baudouin W., fils de Pierre W. d'Arras. » (août ia65.) Il Ce Baudouin ou Baude W., fils de Pierre, eut encore plus de notoriété que son père. (Voyez Fastoul, Congés str. 8 ; God. Inv,, I, p. 542 et suiv. et 588; 11, p. 3o, 100. 237-8.)

Autres membres de la famille: i^ Jakemon W., qui parait (Fastoul, Congé, str. 8) avoir été le frère du Baude qui précède, et, par suite, le fils de Pierre: 2° Wiona Tasse. Ms. 854 1 (année i283); 3» Simon W. God. Inv., I, 547, 555, 585; 4® Gertrude W., sœur du précédent. God. Inv., II, p. 7.

IVissebel. — XXIII, i33.i34, i4i, i45. Amie du bon valet Oitin (voyez ce mot), qui va prendre congé d'elle au moment de marcher contre Neuville; il lui promet de l'épouser à Pâques fieuries (v. i4o), mais Wissebel n'attend pas aussi longtemps pour lui otroier tous ses bons (v. i4i).

Witart.- — XMII, \^S et suiv. Le passage qui le concerne demeure incompréhensible pour nous.

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