‹ Chansons et poèmes /Henri HeineChapitre 10 sur 39 · XI. — Le Mc'neslrel · texte numérisé non relu

XI. — Le Mc'neslrel

Pour la lutte de la chanson Le ménestrel se met en roule; C'est une bien étrange joule, Un bien étrange champion.

Frémissante, fougueuse, ailéfr, La fantaisie est son coursier; L'art lui tient lieu de bouclier, La parole lui sert d'épée.

Des dames, en groupe éclalanl, Sous le dais soyeux qui frissonne Ont pris place ; mais on attend Celle qui détienl la couronne.

Les preux ont toute leur vigueur Quand ils enfourchent leur monture :

Avant la joule, le chanteur Porte au cœur déjà sa blessure ;

Et celui-là dont la chanson Sort de 1 ume la plus meurtrie, C'est lui qui reçoit le guerdon De la dame la plus jolie.

XU. — A la fenêtre.

Henri, pâle comme un suaire, Passait. Hedvvige, en le voyant, A murmuré : « Dieu tout-puissant!

C'est un spectre du cimetière ».

Lors, languissamment, le jeune homme La regarde. Hedwige, à son tour.

Frappée au cœur du mal d'amour, Devient blême comme un fantôme.

Jeunes souffrances 41

Depuis ce jour, à sa croisée, Hedwige altentlil son ami ; Et bientôt, dans la tombe, Henri La tint contre son cœur pressée.

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