XIII. — Le Chevalier blessé
Je sais un conte singulier, Une histoire triste et cruelle :
C'était un pauvre chevalier Dont la dame était infidèle.
Sa dame, il ne peut l'estimer A cause de sa perfidie :
Qu'il lui faille rougir d'aimer, C'est pour lui soulïrance infinie.
Dans la lice il voudrait jouter :
« Qu'il s'apprête à croiser la lame, Celui qui prétendrait douter De la pureté de ma dame ».
Tous se taisent, — non sa douleur ; Car il sait qu'il devrait lui-même Tournci' le fer contre son cœur Qui condamne celle qu il aime.