XI. — Purification
Reste au fond de la mer, rêve insensé; demeure En l'abîme, toi qui, si souvent, dans la nuit, Est venu décevoir mon ame par le leurre D'un bonheur qui, toujours promis, toujours s'en-
[fuit, Toi qui viens, en plein jour, de m'oll'rir le mn-age D'une ville-fantôme. — A jamais sous les eaux, Hestez ensevelis, fantastiques tableaux '. Je veux jeter vers vous par-dessus le bordage
Tous mes anciens péchés et toutes mes douleurs
I^^t le bonnet de fou dont je coifïais ma tète
Et qui couvrit souvent mes sanglots et mes pleurs
Du carillon de ses sonnettes.
Je veux jeter de même, oripeau déteste,
Cette triste insincérité, Cette peau de serpent dont le pouvoir étrange
Mefit, malgré ma roi, nier Dieu et les anges, tl dont mon cœur était, hélas ! enveloppé.
Hoiho! i^oiho! Le vent sur la mer s'est levé- 1 outes. voiles dehors ! Tandis que le navire " Va prendre sur les flots complaisants son essor
i^t d'un trait nous mener au port Mon cœur, purifié, hbre et joyeux respire
"^11 — La Paix.
Environné We blancs nuages Ee soleil arrivait au^milieu de son cours- Calme plat sur Ja mer. Assis près du bordage.
Le front pesant et les yeux lourds,
Je dormais éveillé, quand le Sauveur du monde, Jésus, m'est apparu dans la lumière blonde Avec la taille d'un géant.
Vêtu d'un long vêtement blanc Il cheminait par la mer et la terre; Son front touchait au ciel ; partout, en son chemin, Sur la terre et la mer, il étendait la main Pour les bénir avec un sourire de père. Dans sa poitrine, à la place du cci^ur, Rayonnait le soleil en sa rouge splendeur, Et ce cœur radieux, ce foyer de lumière Versait la paix, l'amour sur la mer et la terre.
Des sons lointains de cloche ont tinté par les airs:
Comme charmé, notre navire Cingle d'un vif élan vers un rivage vert Où rit une cité, blanche sous le ciel clair,
Siège d'un merveilleux empire.
Oui, merveille de paix ! quel calme en la cilé ! Le négoce bavard, le travail agité S'y taisent; nul métier ([ui n.nlle ..u <iui Ix.urdonnc; Sur renclume de fer point de marteau qui sonne.
Une douce et large clarté
S'épand avec bérénité
LA MER DU NOHD .> p
Sur les carrefours et les places Où, vêtu de lin blanc, un lon^^ cortège passe
Avec des palmes dans les mains.
Quand un homme en rencontre un autre en son Il le regarde avec un air d'intelligence; [chemin, El puis, l'un vers l'autre ils s'en vont Et, joyeux, se baisent au front Dans un tressaillement fraternel d'espérance. Ils élèvent les yeux vers le cœur du Sauveur, Ce cœur d'où coule un sang réconciliateur
Qui lave les péchés du monde.
Où le soleil allume un amour infini, — Et, par trois fois, avec une ferveur profonde. Ils disent: « Que Jésus, le Sauveur, soit béni ! »