SECOND CYCLE
Salut à la Mer.
Thalatla ! thalatta ! Salul, mer éternelle! Ainsi dix mille Grecs l'ont saluée en chceur, Cherchant delà tes tlots le pays de leur cœur, Grands vaincus que la Gloire ombrageait de son aile.
Ils regardaient les flots sonores écumer Et le rouge soleil descendre dans la mer; La mouette criait et venait la nuit noire. Alors, dans le fracas dés armes, éclata Ce cri des fils d'IIcllas : Thalatta ! thalatta ! Comme uue clauieiu- de victoire.
Salut, ^m(;r éternelle ! En ton bruisseuicnt Je retrouve comme un écho de la patrie.
Les rêves ipie je fis, enfant.
Je les vois scintiller en la houle infinie.
Tous mes vieux souvenirs redeviennent nouveaux GrAce à toi; les jouets cfuaux fêtes de famille, x\ Noël, on venait me donner en cadeaux,
Je les revois : corail qui brille, Coquillages avec leurs reflets de métal,
Pris en tes grotles de cristal.
Ah! comme, à l'étranger, j'ai vécu morne et trisie !
Oui, dans ma j)oilrine, mon cœur
Se desséchait comme une fleur
Dans la boîte d'un botaniste.
11 me semblait, durant un hiver sans soleil,
Vivre en la chambre d'un malade. Mais je m'échappe enfin de ce réduit maussade : Mes jeux sont éblouis par le printemps vermeil ; Les arbres, blancs de fleurs, répandent leur arôme; Les fleurettes ont pris leur habit de gala ; Tout parle, tout fleurit, tout sourit, tout embaume. Et l'oiseau chante au ciel : Thalatta ! thalatta!
Comme les Grecs, mon c(eur, il faut battre en Les barbares filles du Nord, [retraite :
En dé|)it de tous tes efl'orts, T'ont fait subir mainle défaite.
Combien de fois, de leurs grands yeux,
Ont-elles décoché sur loi des traits de flamme ! Comme leurs propos captieux Ont mis en lambeaux ta pauvre âme !
Ni cuirasse, ni bouclier N'ont pu, contre elles, te défendre :
Les traits sifflaient, les coups redoublaient sans Enfin, il t'a fallu plier, [attendrie;
Et ces beautés dominatrices T'ont repoussé jusqu'à la côte... et te voilà Enfin devant la mer... Grande libératrice. Je te salue, ô mer : Thalatta ! thalatta!