‹ Chansons et poèmes /Henri HeineChapitre 35 sur 39 · VIII. —/.e Phénix · texte numérisé non relu

VIII. —/.e Phénix

Un oiseau, de l'ouest, arrive à lire-d'aile

Vers les beaux pays du levant,

Vers ces jardins de l'orient Où croissent les fruits d'or, oi^i fleurit l'asphodèle, Où le palmier bruit parmi de fraîches eaux ; Et voici la chanson du merveilleux oiseau :

« Elle l'aime ! elle l'aime !

Son petit cœur est touché.

Le portrait de l'ami dans ce ccjcur est caché

Sans qu'elle s'en doute elle-même.

Mais, quand elle rêve, la nuit.

Elle baise ses mains, le conjure, le prie;

Il est môme un nom qu'elle crie, Et celui qu'elle appelle ainsi tout haut, c'est lui. Alors son cri l'éveille et son trouble est extrême :

Elle l'aime ! Elle l'aime ! »

Assis auprès du mal, sur le pont du vaisseau. J'écoulais la chanson du m(U'veilleux oiseau, I^l les vnt.Mies, avec de l'écume à leur ciêle, ConiuK! (les clicvaux vei'ls aux crinières d'aro^ent, lîondissaiont ; nos marins, familiers des Icinprles, Hardis enfants d'iléligoland,

Tels des cygnes ouvrant leurs ailes au zéphyre, Avaienl ouvert au vent les voiles du navire. Quelques vapeurs flottaient en l'azur éternel : Dans les eaux, le soleil, cette rose du ciel. Se mirait : et mon cœur, la mer et le ciel même. En écho répétaient : » Elle l'aime! elle l'aime! »

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