ADIEU LA GAÎTÉ
Adieu le raisin noir ou blond !
Je crois. Dieu me damne, Qu'en maître, chez nous, le houblon
Entre et se pavane !
Avec son nez déculotté, Le gros Bacchus est embêté
D'être à la tisane:
Adieu la gaîté !
Nos romans, vrais salmigondis,
N'ont plus rien qui vaille; Ce ne sont qu'exploits de bandits
Et bruits de ferraille.
Esprit, bon goût, simplicité, Paul de Kock a tout emporté;
Zola s'encanaille :
Adieu la gaîté !
Des amours du quartier Latin
Tarie est la source; Clara n'aime plus qu'en catin,
A l'heure, à la course.
Cupidon, marchand éhonté, Tient son article haut coté
Et joue à la Bourse :
Adieu la gaîté !
Tout dégénère en notre temps,
Hélas ! triste chose !
Nos éphèbes, vieux à vingt ans,
Le font à la pose.
Jeune, être de tout dégoûté, C'est bête, mais c'est bien porté.
Bonjour la névrose !
Adieu la eaîté !
Vieille gaité, va, prends ton vol, '
Bon vent ! Bonne chance !
Puisses-tu sur un autre sol
Trouver assistance.., Mais non, pour toi, tout bien compté, Il n'est qu'un pays enchanté :
Reste donc en France,
O vieille gaîté !