‹ Chansons et toastsChapitre 56 sur 100 · EN CUEILLANT LA VIOLETTE · texte numérisé non relu

EN CUEILLANT LA VIOLETTE

C'était au temps des plus joyeux dimanches, Alors qu'Avril, parfumant les buissons, Met du soleil et des nids dans les branches, Au cœur l'amour, aux lèvres les chansons. Je m'en allais, foulant l'herbe fleurie, Quand au détour d'un sentier tout ombreux Je vis Rosette... ; elle était si jolie, Que, sur le champ, j'en devins amoureux !

Lorsque j'ai rencontré Rosette, Quand commencèrent nos amours, Ah ! je m'en souviendrai toujours, C'est en cueillant la violette !

Comme les blés, la mignonne était blonde. Son œil était malin et triomphant, L'amour avait sculpté sa gorge ronde Et modelé son petit pied d'enfant.

De violette et de blanche aubépine J'avais cueilli pour elle un frais bouquet: Merci, dit-elle, avec sa voix câline, En en parant son corsage coquet.

Lorsque j'ai rencontré Rosette, Quand commencèrent nos amours, Ah ! je m'en souviendrai toujours, C'est en cueillant la violette !

Tout en marchant, j'écoutais sa voix tendre, Et les oiseaux, en nous voyant unis, Sans s'effrayer et semblant nous comprendre, Continuaient de construire leurs nids.

Nous nous aimions sans pouvoir nous le dire. Car en amour les discours servent peu ; Nos cœurs s'étant compris dans un sourire. Dans un baiser s'en étaient fait l'aveu.

Lorsque j'ai rencontré Rosette, Quand commencèrent nos amours, Ah ! je m'en souviendrai toujours.

C'est en cueillant la violette !

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