‹ Chansons et toastsChapitre 81 sur 100 · PAUVRES AMOURS · texte numérisé non relu

PAUVRES AMOURS

Froid et brumeux voici venir Octobre :

De longs frissons semblent passer dans l'air, De ses rayons le soleil est plus sobre, L'oiseau se tait, tout annonce l'hiver; Vous qui cherchez et l'ombre et le mystère, En vagabonds vous qui courez tout nus, Lorsque les froids, bientôt, seront venus, Pauvres Amours, comment allez-vous faire ?

Voici venir les sombres jours,

Que je vous plains, pauvres Amours !

Au fond des bois, dans les vertes cachettes, Vous embusquant comme de vils gredins,

En avez-vous surpris de ces fillettes ? En avez-vous commis de ces larcins?

Mais, dépouillant les retraites ombreuses Où vous alliez vous glisser en sournois, Le sombre hiver, hélas ! pour de longs mois Revient, chassant les colombes frileuses.

Voici venir les sombres jours,

Que je vous plains, pauvres Amours !

Adieu pour vous, adieu les heures franches ! Vous n'irez plus, battant les verts buissons, Faisant vos nids dans l'herbe, sous les branches, Foulant aux pieds les futures moissons : Car il faut dire aussi-, petite engeance, Que, dans vos jeux, vous ne respectez rien, Que vous riez au nez de tout gardien.

On a pour vous toujours tant d'indulgence !

Voici venir les sombres jours,

Que je vous plains, pauvres Amours !

Gentils enfants, pour nos sombres demeures Si vous quittez les bois, le beau ciel bleu, Il est encor pour vous de douces heures Que vous saurez trouver auprès du feu.

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