‹ Chansons et toastsChapitre 83 sur 100 · L'HEUREUX DÉTROIT · texte numérisé non relu

L'HEUREUX DÉTROIT

Sur un charmant rivage, Est-ce au rivage hindou ?

Je ne sais pas bien où, Est un fameux passage ; Moins à craindre est cent fois Celui des Dardanelles :

On le nomme, je crois, Le détroit des Jouvencelles.

Mais s'il a des orages, Si des écueils nombreux Le rendent dangereux, S'il s'y fait des naufrages,

Que de joie, en retour, Il donne à ses fidèles !

C'est le nid de l'amour, Le détroit, des Jouvencelles !...

Courant la prétentaine Sur ces mobiles flots, Combien de matelots Restent en quarantaine !

Malheur au maladroit Songeant aux bagatelles !

Il veut qu'on aille droit, Le détroit des Jouvencelles !

Entre deux roches blanches Est ce détroit mouvant Où s'abîment souvent De roses avalanches !

Impossible d'entrer Quand les vents sont rebelles Il vous verrait sombrer...

Le détroit des Jouvencelles !

Jamais neige ni glace Dans ce passage ouvert !

On est toujours couvert, Quelque gros temps qu'il fasse !

l'heureux détroit

Grâce à son col étroit, A ses roches jumelles, Il ignore le froid Le détroit des Jouvencelles !

S'il est vrai qu'avec l'âge Aucun marin ne peut Filer le moindre nœud Dans ce gentil passage, Jusqu'au dernier soupir, Cueillant des fleurs nouvelles, Moi, je voudrais franchir Le détroit des Jouvencelles!

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