‹ Chansons et toastsChapitre 84 sur 100 · ÇA DIMINUE · texte numérisé non relu

ÇA DIMINUE

Et, tout en méprisant l'ivrogne,

A table, autrefois,

J'eusse, je le crois, Vidé dix flacons de bourgogne ;

La chaude liqueur,

De par mon docteur, Depuis longtemps m'est défendue;

Mieux va la santé,

Mais pour la gaîté...

Ca diminue !

Pour mainte beauté,

Ardent, transporté, Jadis j'aurais vendu mon âme;

Ce sexe enchanteur

Régnait sur mon cœur, Pour lui j'étais tout feu, tout flamme;

Aujourd'hui, l'amour

Me fait plus d'un tour,

Et rit de ma déconvenue...

Hélas ! de mon feu

Il me reste peu :

Ça diminue 1

Crédule à l'excès, Jeune, je berçais Mon cœur de bien douces chimères; Aussitôt construits, Aussitôt détruits,

Les projets ne me coûtaient guères.

Froide déité,

La Réalité Chez moi, depuis, est survenue ;

Projets séducteurs,

Rêves enchanteurs, Ca diminue !

Pour les orgueilleux,

Pour les envieux, L'existence est pleine d'alarmes;

Puisant mon bonheur

Dans la bonne humeur, La vie a pour moi bien des charmes.

Mon plus gros ennui

Est bien, aujourd'hui, De voir la vieillesse venue;

Je dis en comptant

Les jours me restant :

Ca diminue !

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