‹ Chansons et toastsChapitre 9 sur 100 · SALUT AU VOYAGEUR · texte numérisé non relu

SALUT AU VOYAGEUR

Qui vont, bravant la mer profonde, Echanger ces produits nombreux Qui font la richesse du monde, Et feront les peuples heureux.

Ou sur la terre ou dans l'espace, Le suivant des yeux et du cœur, J'aime à saluer, quand il passe, Le voyageur !

Et là-haut, perdus dans la nue,

Je vois d'autres audacieux,

Cherchant une route inconnue

A travers l'océan des cieux :

Souvent jusques à la démence

Poussant leurs généreux efforts,

De ces soldats de la science

Combien meurent ! Combien sont morts !

Ou sur la terre, ou dans l'espace, Le suivant des yeux et du cœur, J'aime à saluer, quand il passe, Le voyageur !

Fendant les airs ou rasant l'onde, Beau ramier, dans ton vol joyeux, Vas-tu consoler une blonde, Par quelque message amoureux?

Ou, revenant à tire-d'aile Des champs par le soleil brûlés, Apportes-tu quelque nouvelle, De nos malheureux exilés ?

Ou sur la terre ou dans l'espace, Le suivant des yeux et du cœur, J'aime à saluer, quand il passe, Le vovaseur !

A la terre qui nous réclame Vieux on retourne sans regret ; Ne cherchons pas où s'en va l'âme, Le tombeau garde son secret.

Quand à l'immense ruche humaine Le sage a payé son tribut, Il meurt, et part, l'âme sereine; Du chemin qu'importe le but !

Ou sur la terre, ou dans l'espace, Le suivant des yeux et du cœur, J'aime à saluer, quand il passe, Le voyageur !

Page 1