‹ ChansonsChapitre 192 sur 201 · LA COMPLAINTE DU GRAXD PRUSSIEN · texte numérisé non relu

LA COMPLAINTE DU GRAXD PRUSSIEN

C^est un grand pays que la Prusse , Bien qu'elle soit un peu trop Russe :

C*est là 9 chez un peuple allemand »

Afiaire de tempérament.

EUe possède son grand homme ; Vous savez comment il se nomme :

Monsieur le comte de Bismark :

Cela rime avec Danemark.

Il a vu dans cette assonance Un décret de la Providence Qui rendait son règne certain Dans le Sleswig et le Holstein .

G*est lui qui mène le royaume ; Il mène aussi le roi Guillaume , Le même qui fut libéral Quand il était prince royal .

C'est le plus hardi des ministres ;, Il tient lui-même ses registres , Et prend de son autorité Un budget qui n'est pas voté.

Il se disait que l'Italie , Grâce à Cavour, s'est accomplie , Et qu'il pourrait... Mais des Cavour»

Il ne s'en fait pas un par jour.

Certe , il a de vastes idées ; ^

Mais pour qu'elles soient fécondées , C'est peu de g^ouverner son roi ^ Il faut avoir un peuple à soi.

Avant de se mettre en campagne , Il a convoqué T Allemagne , Jugeant que pour faire un bon coup Il est prudent d*étre beaucoup.

Achille appelle Diomède :

L'Autriche est venue à son aide.

Étant deux grands contre un petit, Ils se sont mis en appétit.

Avec nombreuse infanterie , Cavalerie, artillerie, Ils ont pris Dttppel et Rensbourg, Soi-disant pour Augustenbourg.

Puis ils se spnt dit : Pour les rendre , Autant valait ne pas les prendre ; Et, se partageant le |jàteau , Chacun a choisi son morceau.

On était d'accord pour la guerre ; Mais pour la paix on ne l'est guère : Quand on arrive au résultat , Nul n'est content de son état.

Bismark a dit : « Je suis prophète ; Donc que ma volonté soit faite.

J'aurai pour moi le droit canon. »

L'Autriche a répondu : « Mais, non. »

Là-dessus on lève des troupes ;

f^e feu va se mettre aux étoupes.

tt C'est vous ! dit Bismark en courroux.

— Mais non, répond Mensdorff, c'est vous ! »

Le public, qui voit bien les choses « Commence à rire de leurs gloses :

Pourquoi lever tant de soldats , J^uisque vous ne vous battrez pas ?

Rédigez force protocoles ; Vous pouvez agir en paroles Et vous traiter du haut en bas , Puisque vous ne vous battrez pas.

Tout finit par des chansonnettes ; Rengainez donc vos baïonnettes , Monsieur le comte de Bismark , Vous n'aurez pas le Danemark.

Celui qui fit cette complainte Croyait que la justice est sainte , Que le cri de l'humanité A quelque droit d'être écouté.

Le droit nouveau , c'est la conquête Peuples germains , baissez la tête !

Meunier, on t'a pris ton moulin.

Où sont les juges de Berlin?

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