‹ Chansons inéditsChapitre 48 sur 61 · LE JOUR DU DEPART · texte numérisé non relu

LE JOUR DU DEPART

Kous subissions notre martyre ,

Près de nous séparer.

Elle me dit dans un sourire :

« Pourquoi pleurer?

)! Xotre roman fut sans alarmes

Jusqu'au dernier moment.

Paut-il en gâter par des larmes Le dénoûment?

T Amour, passion ou poëme ,

Tout fut de bon aloi , Et j'étais sûre de moi-même Comme de toi.

7> Plus tard serait venu le doute ,

Peut-être le souci :

Aujourd'hui , je suis à toi toute ; Je pars ainsi.

172 GUSTAVE NADAUD

;i Suppose mon indifférence , Mes remords , tes regrets ; Jocelyn retrouvant Laurence :

Et puis, après?...

» Suppose Werther et Charlotte

A la fin s'unissant; Lui raisonnable, elle , dévote , Et vieillissant!

» Évitons l'heure douloureuse

Des pénibles aveux.

Regarde-moi : je suis heureuse.

Sois donc heureux.

» — Oui, tu dis vrai, ma bien-aimée ;

Tu le veux , demeurons Sur la page à demi fermée ; Nous relirons.

» Xous tenons la tige fleurie , Parfum, forme et couleur.

La sève se serait tarie :

Cueillons la fleur.

j) Nous avons bu la poésie

D'une lune de miel.

Nous avons vidé l'ambroisie :

Laissons le fiel.

CHANSONS INEDITES.

» Nous avons eu la nuit sereine

Et la splendeur du jour.

Séparons-nous en lune pleine, En plein amour!... »

GUSTAVE NADAUD

Page 1