RONDE
A la petiie Jeanne.
...Pimperline et Pimperliu Sonfallys au bois voisin...
...Pourtanl la bise est ben dure
Et siffelle dans les bois ;
Il y fait tant de froidure,
Que ça cingle au bout des doigts.
Les feuilles n'y sont plus vertes, Les oiseaux sont envolys, Les routes y sont désertes, Et les buissons désolys.
L'arbre a si fret à ses branches, Qu'il en pleurin dans les airs.
On a coupé les pervenches, Moissonné les lauriers verts.
On dit même qu'on y trouve Des grands loups et des petits, Et que la vipère y couve Dans le tronc des saules gris.
Aussi, ne s'en doutant guère, Pimperline et Pimperlin, Font l'école buissonnière Et se tiennent par la main.
Pimperline et Pimperlin Sont allys au bois voisin.
La petite Pimperline,
Entendant le cri d'un loup,
Se sauve par la ravine
Et tombe au fond d'un grand trou.
Pimperlin court après elle.
Pleure et la veut rattraper ; Mais la frayeur l'ensorcelle Et les loups vont bien souper!
Ils virent tomber la brune Et passer l'ombre d'un loup, Qui cherchait au clair de lune A descendre dans le trou!
Sans assiette ni fourchette, Le loup allait les manger, S'il ne fût venu Trompette Le gros chien du vieux berger.
Nos deux petits l'embrassèrent Et Trompette en fit autant ; Loin du bois, ils se quittèrent, Et dirent en se quittant :
Pimperline et Pimperlin N'iront plus au bois voisin.
Ile du Moulin-Joly, 1869.
Musique de Paul Honrion. — Éditeur : M. Labbc, 20, rue du Croissant, Paris.