LA CHANSON DU SEMEUR
A Vialla.
Landéri Ion la !
Je sème du blé, qui le mangera?...
Est-ce encor le corbeau vorace, Celui qui revient tous les ans Se faire la panse bien grasse Avec le blé des pauvres gens? Ah! si c'est ça, mauvaise troupe, J'en mettrai plus d'un dans ma soupe.
Landéri Ion la!
Je sème du blé, qui le mangera?...
Est-ce encor, comme de coutume.
Les bien-portants et fins matois.
Oiseaux à gros becs et sans plume Qui ne font rien de leurs dix doigts?
Alors que ce blé que je touche N'ait pas d'épi sans sa cartouche!
Landéri Ion la!
Je sème du blé, qui le mangera?...
— ;uo —
Si c'est vous, les in.'alig-ables, Si c'est vous, les francs du collier, Les afTamés et les minables De la terre et de l'atelier?
Alors pousse comme de l'herbe !
0 crain de blé, fais une gerbe!
Landéri Ion la!
Je sème du blé, qui le mangera?...
Est-ce les bandes alTamées
Dont l'appel it nous guette encor?
Est-ce les nombreuses armées
De tous les despotes du nord?
Ah! pour le coup, dans leurs entrailles,
0 grain de blé, fais-toi mitrailles!
Landéri Ion la!
Je sème du blé. qui le mangera?...
Londres, 1S70.
Masiqiio d^ Marcel Legay. — Éditeur : M. Bassereau, 2i0, me Saiiit-Martir), Paris.
Mon semeur est un brave homme : 11 voudrait aussi que les peuples ne fussent plus di>isés pour des questions de frontière».
Mais pour que les peuples soient pour nous des frères, comme l'a clianté Pierre Dupont, il faut qu'ils cessent d'être les esclaves des rois et des empereurs et qu'ils renoncent à les suivre dans leurs guerres de conquêtes et d'extermination.
Si je suis do ccu\ qui réclament l'armement du peuple, c'est que je veux que nous soyons à même dedcfonirc nos libertés, taiit que nous aurons des ennemis à l'intérieur et à l'extérieur.
Il faut désarmer tous ensemble ou pas du tout.