LE DÉGEL
Air : ■C'est aussi comm’ ça que pense.
(Club des bonnes gens.)
Tout le monde z’est à la glace, .
Amans et maris ,
L’homm’sus l’pavé, l’homme en place, Les plus chauds amis.
A la prom’nade, au spectacle,
C’est lin froid mortel ;
Ah ! jarnigoi queu débâcle,
Quand viendra l’ dégel?
Tous tant que j’somm’ z’en ménage, J’avons des frissons;
Nos femm’ z’ont beau s’mettre eq nage , J’sommes d’vrais glaçons.
N’ pas répondre à d’ si bell’ flammes , C’est par trop cruel ;
Pour le bonheur de nos dames, Qiiand viendra l’dégel ?
G’nia plus d’chaleur en affaire, Tout est engourdi ;
C’est l’usur’ seul’ qui prospère Du nord au midi.
Qu’un bon vent brûle et renverse Ces fils d’Israël !
. Pour -rend’ la vie au commerce , , Quand viendra 1’ dégel ?
C’ maudit froid qui nous irrite Sert ben les coquins : .
Afin d’ fair’ leux ch’min plus vite; Ils prenn’ des patins.
S’ils bâtissent sur la glace Plus d’un bel hôtel,
Pour les remettre à leux place, Quand viendra 1’ dégel ?
L’ zacteurs, dans leç comédies,
Ont beau r’muer leux bras,
Les vers de nos grands génies
C’^g: comme du verglas;
Aussi T froid s’ répand sans peine Du parterre au ciel.
Pour fond* les frimas de la scène , Quand viendra l* dégel ?
J’ savons ben qu’ l’un après l’autre II faut tous dég’ler;
J’f’rons mon paquet comm’ vous 1’ vôti Et ça sans trembler.
Là bas s’il gnia pour nous cuire Un feu z’éternel,
J’y pourrons chanter et dire :
V’ià z’enfln l’dégel.